Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

17 janvier 2017

"Jimi Hendrix:Electric Ladyland/1"...prophéties électriques...

Jimi Hendrix,Electric Ladyland,musique,blues,rock,prophéties

 

avant- propos :...au commencement, il n’y avait rien, ou si peu... 1968, les pavés, le féminisme, le rock, l’écologie, les drogues, les communautés, les départs pour l’Indes, l’alternative et tout le bric-à-brac d’où je me sentais exclu, bienheureux comme Alexandre, sauf pour la musique rock, « pop-music » à ces moments perdus (assez larges), ou les damnés de la Terre préféraient tirer un boulet gros comme une baraque plutôt que de profiter de la Vie, en égoïste, et de le payer salement en retour, ce que je fis de mon mieux... Les détracteurs de cet « égarement » furent nombreux et aujourd’hui morts enterrés sous des tonnes de banalités, certains se leurrent encore suffisamment pour se donner une image responsable et des clones de leur pathétique reflet, mais ça ne marche pas comme ça... D’autres bouffent le terreau  de notre bon vieux caillou arrosé de flotte...les plus originaux claquent du bec à l’asile du coin...bref, vous aurez compris qu’en plein marasme, ils ont disparu corps-z’et-âmes...fallait pas...Mais il y avait cette foutue musique qui me tirait par l’oreille d’ou l’intérêt de votre serviteur d’y avoir consacré pas mal de temps, de nerfs et d’argent sans grand espoir d'un retour possible, les clapets furent nombreux à concilier la vraie vie contre l’utopie...On ne choisit pas les uns et les autres au hasard, allez savoir... Jusqu’à la résurgence de la technique-monde, le Net, l’art s’était arrêté d’intéresser le plus grand nombre au mépris des créateurs bien seuls, avec leurs œuvres géniales qu’ils tiraient en enclume derrière eux...un gros trou implicitement lié aux flatulences des élites, la propagation de la facilité, à la « crise » (comme ils se nomment entre eux...) et toutes les fanfreluches de nos samaritains de services, la Musique n’a pas failli au système, ni survivre qu’en petits comités restreints, très restreints, pensant que l’orage finirait bien par passer et les rédempteurs par vaincre. Certes, à la surface du néant, il y eut bien quelques clapotis engloutis illico-presto sous des tonnes de bavardages...Que se passe-t'il ? Pourquoi n'avance-t'on plus ?... Ce barrage de Sisyphe étant fait pour durer, il y eut quand même un phénomène qui plana très fort au dessus de la mêlée : Jimi Hendrix, le guitar-héro le plus costaud de la planète...Comment a-t'on transformé cet authentique génie de la guitare en VRP pour "génération perdue"?...et par quel poudre de perlimpinpin a-t'on anesthésié les 600 000 personnes qui se se massaient à ses derniers concerts (l’Île de Wight-1970)  ?...ce qui nous amène naturellement à la genèse d'un des objets les plus significatifs ramené à cette époque antérieure sous la forme d'une double galette de plastique noire débarquée en pleine montée du psychédélisme: « Electric Ladyland : Jimi Hendrix/2 ».

Lire la suite

(suite) "Jimi Hendrix:Electric Ladyland/2"...« ils voulaient changer le monde, mais c’est le monde qui les a changés... »...

electric-ladyland2-e1414170954705.jpg

 ...pas facile de concilier les séances d'enregistrements avec la tournée américaine hautement inflammable ainsi que les desiderata des co-producteurs qui veulent des chansons "commerciales", courtes, calibrées pour la radio et l'amusement (l’Entertainment) ... Les Beatles, véritables empereurs sur le marché de la pop, se permettent le "double album" deux mois après - et on oublie de le préciser - l'excellentissime "Blonde on Blonde" de Bob Dylan (1966)...le double album des Beatles sort en 1968 (Novembre) sous le nom de "double blanc" tout simplement, il regorge de beaucoup de titres accrocheurs et programmables en radio, le succès des Beatles n'est même plus discutable, ils ont « tué le match », leur seul nom fait vendre des millions de disques avant même toute critique pondérable...Les Beatles, Hendrix, Bob Dylan sont de redoutables artisans. L’intellect, le labo, la cohésion, ils représentent la triangulation parfaite de l’industrie moderne du disque. Les personnages sont attachants, sensibles et extrêmement populaires. Le double album est donc un défit à l’excellence et à la popularité ; l’Ummaguma des Pink Floyd (1969), immense et talentueux double album des Pink finira 10ème dans les ventes françaises, comme quoi l’affaire semble prise TRÈS au sérieux...bien plus tard, le cultissime « 666 » des Aphrodite’s Child (1971) se proposera de relire les tortures mentales de l’Apocalypse selon St-Jean, ainsi que les Génésis, Who, Yes avec de nombreux albums, simples ou multiples revisitent d’autres thèmes classiques ou-non ; la tubulure du tremplin pop-psyché semble définitivement ancrée à la fin des sixties dans des compétitions de plus en plus redoutables au mépris du monde, qui lui, ne change pas, que fera radoter un hâbleur publicitaire - ancien vendeur de yaourts reconverti dans la refourgue de « présidents » adaptables : « ils voulaient changer le monde, mais c’est le monde qui les a changés!... ».

Lire la suite