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04 mai 2016

"La nuit,je mens,je prends des trains à travers la plaine..."

phantom of the paradise.jpg

« DRING !...DRONG !...peng !...shiiii ! whii-haaan !»...c’est drôle ce silence qui suit les massacres de masses. Toutes les équipes de secours vous le diront : on entend des sonneries venant de corps dont certains fument encore et que personne ne décroche...La journée, elles pensent encore qu’on s’intéresse à elles, qu’on les racroche, qu’on les renvoie, compile, interroge...ouais, comme quoi, de toutes ces anicroches, c'est toute la vie de nos petites prothèses; elles « rêvent de moutons mécaniques »... elles n’ont pas choisi d’habiter des hôtes refroidis intempestivement. Maintenant qu'elles ne sont plus rien. Juste des machines célibataires...« le téléphone pleure », disait Claude François, pharaon en son temps et dernier diable bondissant dans les matins d'optimisme béat.

Vous êtes resté à l’écart du tempo.

Vous avez eu de la chance.

Une veine de cocus.

Vous aurez pu y « rester ».

Et quand le conte pop vire au cauchemar, ce sont les dernières images du « Phantom of the Paradise » qui se jouent en vous. Brian de Palma en 1974,c'était pas de la p'tite bière. Swan Song. Death records...pfouh ! on ne dira jamais assez comme ce Faust à la sauce Black Sabbath fut prémonitoire. Même le héro romantique en « John Lennon » (forte ressemblance...) y stagne vers la décomposition, et poussant son chemin de Croix en glissant tragiquement sa face sous une presse-à-disques. Ce symbolisme retentissant, c'était d'une violence inouïe.

A l’époque, j’étais scotché.

A l’époque, je n’étais pas surpris du futur. Quand les films sont bons, ils ne peuvent mentir. « L’art, c’est l’homme ajouté à la nature », disait Van Gogh... Nos portables qui êtes aux Cieux, faites que leurs propriétaires soient sanctifiés. Faites le nécessaire. Joignons nos mains. Ces petites boites de bakélite communicantes abandonnées comme des chats de fourrières, au gré de l’instabilité du marché. "Allo ! Allo !"...ouais, voilà bien le cri du cosmos en vente partout.

Mais foin de cynisme, ce n’est pas comme si on ne le savait pas, tout ce tintouin ....comme si on ne l’avait pas prévu, dorloté, choyé dans des univers mentaux, prémonitoires, avec sa côte suffisante d’alerte, psychédélique pour les uns, incongrue pour les autres. Les Eagles Of Death Metal, hors du charnier natal, donnaient un concert au Bataclan ce soir-là. Pour la suite, je ne vous apprends rien... Le death  métal est devenue le matériau du réel, mort et froid, avec quelques glouglous cybernétiques. Et non, ceci n’était pas une pipe!...Les aigles n’ont pas tournoyé dans un zénith pop et glorieux, glam. Les sonneries ont tinté toute la nuit jusqu’au bout de leur batterie. La débâcle. La Bérézina. Stalingrad. Guernica. La Nuit des Longs Couteaux. Massacre de saints innocents... c'est fou ce que l’équarrissage permanent augure en vous des poussées de violence, des crises urticantes, régulières, à ces descendants de l’immigration à CNI (Carte Nationale d’Identité Française). Ils se sont faits sauter, ils ont fait feu, mutiler, estropier, entamer une Saint Barthélémy solitaire, une danse de Saint Guy sur l’autel de l’immigration saupoudré de sacs de riz, nos aides. Gonflés aux zodiacs des sauvetages en mer, le temple de la mise à mort a bien mis les voiles, aboli les transfuges. Le trop plein de services rendu en sévices...d'ailleurs,services secrets algériens, libyens, irakiens, FIS, GIA, OLP, IRIS, DAESH, Frères Musulmans...et si c'était un peu de tout ça à la fois?... Le clavecin est bien tempéré, la France est haïe, poussée en boutes par la Gauche, excusée par la Droite...Foin également des discours de pleutres, de bisounours, plein de poutous à l'univers entier, areuh!areuh!le cœur ouvert et gros comme ça, à prendre une craie en réflexe pour dessiner des p'tits cœurs sur le goudron, cramer  de la bougie, du réchauffe-plat, chanter du Lennon sur des pianos à queue et à roulettes (épatant...).

Nos colons, ils ont pour mission de descendre les populations autochtones?

 
Il n’y aurait que la Gauche, fâchée avec les mathématiques qui ne comprendrait pas le remplacement en cours...
Il n’y aurait que la Gauche qui a encouragé cette lutte incessante contre le «racisme», «l’esclavage», et le plus beau de tous les ectoplasmes: la «colonisation»...

Il n’y aurait que la Gauche ?...

Non...il y a les copains de la Droite, les lapins apeurés qui rentrent les oreilles quand les discours de la gauche se font menaçants, rédhibitoires, prêts à dégainer le 11-49 : ces fameuses « valeurs de la république », celles qui nous ont amené à sceller les cercueils de dessinateurs, de flâneurs, d’écouteurs de Rock, d'incertains (et même de gauchistes!). 

Selon une simple déduction euclidienne, les anciens « colonisés » seraient devenus les bourreaux de la France, «Mère-de-tous-les-vices»?...pour vous dire à quel point il n’y a plus de pilote dans l’Eurocoptère!...

Et Brian De Palma ? qu’a t-il fait mon bon, ce monstre voyant new-yorkais abreuvé de Nouvelle Vague et d’Hitchcock?... Sagouin anamorphique. Trucideur d’optimisme. En abandonnant le navire de la médiation intellectuelle, les gargouillis pénibles des raisonneurs, il a gardé la logique et les inquiétudes de l’oncle Alfred : « filmer un innocent qui se débat dans un monde coupable... »D’un pessimisme noir, la peloche du "fantôme".

La vie,c'est moche et d’une violence inouïe...Oui, mais d’une lucidité totale, morbidenzen! Il faut garder les pinceaux sur terre. Quand les moments s'emballent, les bouddhistes ont conclu un accord : le Nirvana, instinct de mort. Irréfutable, en 1974, le ton cinématographique était aux grincements de dents. Mais on voyait comme d’autres ont su entendre ce futur spectaculaire... Vol au Dessus d'un Nid de Coucous. Délivrance. Les Chiens de Paille, Apocalypse Now, Voyage vers l'Enfer, Rosemary Babie, The Rose, Soldat Bleu,le bilan s'alourdissait...Et combien de gens ont su voir réellement ?...Et à quel prix ?...
Nous sommes embarqués sur le manège du psy-show et des lois de Murphy : le plus terrible finit par nous arriver. En rentrant dans le tunnel, c’est le clown armé qui va foutre la trouille. Les filles vont hurler, les gars vont tomber. Théâtre inquiétant. Après le silence et la poudre, ce fut la Nuit des Sonneries Sans Maîtres.
Swann est revenu.

 coolcoolcool.

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