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23 décembre 2016

Vincent Van Gogh jusqu’à l’absolu...(part.2) : «...L'éjecté du Louvre...»

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       ...(suite)Et pourtant,il s’agit bien d’une histoire de fratrie décidée d’en finir avec le sort morbide de l’Art,ou pas plus tard qu’hier,aujourd’hui,demain,on remplissait le Grand Palais de vêtements,de cris,de battements de cœur,par peur d’oublier la «shoah»,cette autre expression de la connerie d’une poignée de nazi(e)s,tous morts et re-morts,tout autant que l’Art et ceux qui nous le perpétuent au balcon «granguignolesque» de la toute-puissance imbécile,écrasante,sur une déshumanisation préférant insister sur les «horreurs» d’Haïti,de 44,plutôt que l’essence retrouvée du moteur de l’esthétique,et encore moins d’analyser notre chute imminente d’occidentaux éclairé(e)s – je me suis sciemment déprogrammé de l’Educ-Nat. pour savoir quoi penser de la propagande marxiste-léniniste d’après-guerre...Puisons à la source de ce nouveau Golem pour étriper les plus vils cauchemars que nous préparent nos petits maîtres...Pour deux Haïtiens adoptés,le troisième est gratuit. La «Roue du Malheur» exhale le bonheur des uns...le malheur des autres est de se répandre,de se commettre,...dans l’Art plus qu’ailleurs,parce que légitime,alors que l’étiquette convulse sa forme la plus basse : la politique...Ce Grand Palais,ayant vu défiler les hologrammes prestigieux de Toulouse-Lautrec,voit d’un œil bien morne la grue de Boltanski agrippant sa poignée de fringues avant de la relâcher comme pets de velours symbolisant la Faucheuse...Il n’y a que les Mitterrand et consort pour nous gratifier de tel spectacle subventionné. Le prédicateur «fou» du Brabant,dans sa course au Temps,aura échappé à cela.

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      Donc,les anciens clones de la famille Van gogh n’eurent point à trop souffrir de l’Art «contemporain»,si ce n’est la naissance d’un Puvi-de-Chavannes ayant les faveurs des Ors de la République et de louanges...Le «peintre d’algues» MATISSE étant alors à l’état conceptuel,leurs jugements furent sans failles.C’est dans les chaumes - et non dans le chômage... - que Van Gogh regarda ses soleils droit dans les yeux,par défit et par bonté à leur rendre hommage. Nul autre artiste du XIXème ne s’étant engagé autant,pas même le symboliste GAUGUIN,qui lui,perdu des contrées lointaines jusqu’à l’inconscient du mythe du «bon sauvage»,des Nabis,des théories... Point de rhétoriques chez celui qui peint la nature avec une candeur hallucinante.Le prêchi-prêcha,Vincent avait déjà donné jusqu’à la caricature et l’écoeurement de soi...Quelques références,pas plus... Mais une continuité dans l’acte de peindre,un «moulin à peintures»,et pas des moindres.Et quand le «cacatoès du Pouldu» parlait de «synthétisme»,Van Gogh devait certainement rêver à son propre syncrétisme interne,plus riche que celui de l’oiseau migrateur...le clash final était inévitable.Les apprentissages à la surréalité furent éphémères,caduques pour le moins et l’éclectisme de Vincent avait des limites,justement,hors de la voie qu’il se frayait dans d’insondables questionnements.Et si l’enthousiasme n’avait répondu présent à chaque toile peut-être que la tentation «exotique» l’eusse séduit...

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«...partout où j’ai touché la terre

        – un malheureux vêtu de noir,

           Auprès de nous venait s’asseoir...»,le18 Novembre 1888 comme date-anniversaire à la terminologie du quadruple anneau de Moebius,(que de huit !...)symbole de l’éternité et de l’infini,Vincent accompagné de Gauguin visitent la collection Brias (Montpellier). Et c’est devant le portrait roux du bienfaiteur des arts(peint par Courbet), que lui se reconnaît en un authentique «autre lui-même»... Après les vers de Musset,la posture prend un ton orageux, la conversation va vite «se charger d’électricité» et ressortir comme «batteries sèches et vides»... Du voyage-retour de Montpellier,cette scène marque le souffre,et puis le gouffre à nouveau de l’éloignement à «l’élite éclairée» de Gauguin. Un mois plus tard,et ce sera le drame...A noter également dans la correspondance,la quasi absence de Courbet qui était le peintre le plus «socialisant» de l’époque. De la part de van Gogh,peu où proue d’enthousiasme. Ce qui relève,avec Baudelaire chef de file de la modernité,de la curiosité bien partagée. Au lieu de cela,il y eut Breton,Millet,toute «l’école de Barbizon»...Des naturalistes ancrés dans le terroir. «Seule,la terre ne ment pas..»,de nos jours,serait un véritable camouflet à nos progressistes redondants!

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Inutile de passer les tableaux de Van Gogh au spectromètre de masse pour ne pas voir l’outrage séculaire et roboratif à un authentique contemplatif d’éléments,que lui seul détermine de leur exécution où pas... Un cheval fou qui n’obéit pas aux ordres,à «l’air du temps». Un gaz,un liquide,un poison que notre époque déteste et que la sienne a bien rendue lettres mortes. Jusqu’aux regrets éternels de la forme-dite «contemporaine»...Un essayiste (David SWEETMAN, «Une vie de Vincent van Gogh».),et après la psychanalyse de FORRESTER,l’adoration de PERRUCHOT et tant d’autres,pour ne citer que les biographes,affirme que Van Gogh se voulait de l’héritage «classique».Et,en cela,ses souhaits ne furent exaucés...L’ordre «bourgeois» veille.Et si le Louvre posséda quelques tableaux de Vincent,ce fut pour mieux s’en débarrasser sur Orsay («le musée de gauche »).

      Malgré le bon million de visiteurs/an du musée VVG d’Amsterdam,la France encroûtée,(et c’est le moins qu’on puisse en dire...)a systématiquement dénigré les valeurs des impressionnistes. Et ce qui est étonnant pour une république démocratique,c’est que la soudure n’a toujours pas pris. L’obsession encyclopédiste perdure. On préfère «sauter» la période fauve...Comme si la faute esthétique incombait aux royalistes ! Désolé pour tout le monde,VVG est exclu de l’art officiel et, accessoirement, de l’identité nationale. Même si plus de 400 chefs d’œuvre furent exécutés sur l’hexagone, l’Etat Français ne sut les garder, même quand les «ministères de la Culture» n’existaient pas.

(Michel REYES,4 février - an 09  après Ground Zéro)

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