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31 juillet 2008

...RAVAGES,SACCAGES,LAVAGES... : "... de cerveaux..."

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« MERIDIENNE FIXE :… le JT D’FR3 National vomissait une rare violence politique et sociale …Ségolène ROYAL accusait Nicholas SARKOZY d’avoir saccager, pour la deuxième fois, son appartement…Et ce dernier ferait le voyage à Pékin, tournant le dos définitivement à la cause Tibétaine… Dans les deux cas, le journalisme officiel ACCUSE ! …Bien, bien, bien … Il serait évidemment trop long d’expliquer de façon exhaustive les raisons de cette débâcle intellectuelle et morale. Toutefois, puisqu’il faut bien désigner des responsables, j’en pointerai plusieurs qui me semblent indissociables… Et si je me réfère ,encore une fois, à Loïc LORENT, c’est que j’avoue ne pas posséder son sens de la formule, dont acte … » Michel Reyes,le 9/07/08
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Loïc LORENT : Tout d’abord, l’égalitarisme béat, doctrine officielle du régime, véritable ivresse française, dont les résultats, à l’école notamment, viennent rappeler que sans sélection, sans compétition, sans mérite (autant de mots obscènes !), il n’est pas d’éducation. L’égalité est une chose, le nivellement par le bas, ce à quoi nous assistons, une autre. Le résultat ? Une belle illusion, des millions de bacheliers qui se retrouvent tous à l’université et qui sont alors confrontés au fameux ‘’principe de réalité’’. Le résultat ? Un gouffre encore plus grand entre ceux qui savent, les filles et fils de, les bourgeois, qui atterrissent tous dans les grandes écoles et les autres que l’on condamne, après les avoir leurrés, à la débrouille. L’égalitarisme, c’est la fin de l’égalité.
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Mais bourgeois diplômés d’HEC, de Normal ou ‘’galériens’’ des facultés de province, tous se retrouvent pour célébrer ce que Renaud Camus a fort justement appelé «l’idéologie du sympa »’. Cette expression est selon moi d’une grande justesse. Sur fond de sous-culture télévisuelle et d’angélisme adolescent, les héritiers de mai 68, premières générations à être assurées de ne jamais avoir à se battre (cela n’est pas anodin), affichent un mépris manifeste pour tout ce qui peut, de près ou de loin, être vue comme ‘’complexe’’. Tout est sympa ! Passer quatre ans à l’université ? C’est sympa ! Les Palestiniens ? C’est sympa ! Notez au passage que pour moi les Palestiniens ne sont plus un peuple mais une véritable marque, avec toute une mythologie et les accessoires qui l’accompagnent. Apprendre le français, ce n’est pas sympa ! Aussi, les SMS, c’est tout de même plus sympa… Voyez !, celui qui se risque à formuler une phrase correcte, ou du moins qui essaie d’en faire une, qu’il habite à Sarcelles, à Besançon ou qu’il erre sur un plateau de télévision sera immédiatement accusé de «se prendre la tête», de «s’y croire», etc. Ce mépris revendiqué envers la langue n’est pas qu’une question de vocabulaire. C’est aussi et surtout une façon de voir le monde qui ne s’accommode pas de la recherche du beau, de l’effort, qui substitue à ces valeurs un conformisme «pioupiesque» préfabriqué, un confort intellectuel d’autant plus confortable qu’il est facilement accessible et que c’est celui dont les générations actuelles ont hérité. Pourquoi aller chercher plus loin ? La facilité, toujours.
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Je parle d’héritage. C’est là la troisième raison qui me vient naturellement à l’esprit. Vous utilisez le mot «déculturée». La méconnaissance de l’histoire, qui n’a rien à voir avec la soupe mémorielle (l’inepte «devoir de mémoire»), le rejet de toute filiation, puisqu’il est entendu que nous sommes les meilleurs, les plus justes, que nous allons changer le monde à grand renfort de PACS et de taxe Tobin, ce rejet, donc, fait de la société contemporaine un éternel immédiat qu’il convient de célébrer sous peine d’être accusé de passéisme. Concrètement, cela revient à adopter une posture relativiste en tout et pour toute chose, et, pire encore, à ne jamais s’inscrire dans une continuité historique. Or, sans continuité, sans conscience d’un héritage que l’on doit, même en le critiquant, recevoir, il n’y a qu’hédonisme de pissotière, que consommation.
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Plaisirs faciles, haine de la Culture dès lors qu’elle se veut élitiste (ce qu’elle doit être), vanité du progressisme. On pourrait y ajouter bien des causes (tiers-mondisme, révolutionette markétée, haine de la nation, etc.), mais mieux vaut s’interroger sur le quand. Assurément, cela n’est pas né un beau jour, même un jour de mai 68. Le déclin se conjugue au pluriel, et c’est bel et bien une conjonction de phénomènes intellectuels, politiques et moraux, du suicide de la civilisation européenne en 1914 au triomphe de la social-démocratie à la fin du XXe siècle, qui pourrait être pointée du doigt. Après, la fatalité n’existe pas, et, sur les racines d’un Occident dévasté, rien n’empêchait les Européens de se révolter. Ils ont préféré dormir. La dictature médiatique les berce dans leurs certitudes. Tout le monde, des entrepreneurs aux petits bourgeois guévaristes, y trouve son compte. Nous appartenons à une société sans Culture véritable dans le marigot libéral….,même si je ne suis pas convaincu que l’adjectif « libérale » soit le plus juste pour qualifier la droite gouvernementale française. Ce qui est certain, c’est qu’elle n’est pas conservatrice, qu’elle ne l’a sans doute jamais été depuis 1969. Une droite honteuse, une droite longtemps dirigée par un radical-socialiste, une droite opportuniste, ça, nous ne connaissons que trop. Qu’a t-elle fait jusqu’à présent ? Exactement la même chose que les gouvernements de gauche. Qu’il s’agisse de l’éducation ou des mœurs, de la sécurité ou de l’immigration, de la grande machinerie bureaucratique européenne ou de la politique étrangère, rien ne me semble différencier les deux camps que vous citez. Pour tout vous dire, le spectacle de la scène politique française, des crypto-trotskistes aux soi-disant patriotes du Front National, en passant par les partis ayant dirigé ce pays depuis 1969, me laisse parfaitement indifférent. La phase terminale est déjà amorcée. Un peuple qui se donne à un Mitterrand ou à un Chirac ne mérite pas mieux que de se noyer. Le peuple français est une idée morte. Tant mieux !, dira t-on à Bruxelles.
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Rappel : …«UNE SCENE-JEUNESSE» et son créateur Brice COUTURIER(photo), collaborateur d’Actuel, et dés les années 80, nous avait interpellé dans un silence tout aussi relatif…Comme par exemple roboratif, la description du blocage de l’université prend souvent l’aspect d’une mauvaise farce tant la situation, au-delà de son caractère scandaleux, est surréaliste, grotesque, les motivations et l’attitude des bloqueurs caricaturales et ridicules. Chez nos apprentis-révolutionnaires, la révolution est un immense charivari, une fête tapageuse, en fait une singerie de révolution. Le «festivisme» n’est-il pas la seule vraie idéologie de cette jeunesse ?...Entre autres.
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infos spéciales:Le dernier recueil de Lionel Mazari parait ce mois-ci aux éditions Gros Textes. Il est disponible à l'adresse de l'éditeur:  Editions Gros Textes, à Fontfourane, 05380 Chateauroux-les-Alpes. Son prix public est de 10 euros.medium_img492.2.jpg Vous y trouverez: des textes en prose écrits dans les années 90 et rassemblés sous le titre Journal d'un ange, ainsi que ses derniers écrits sous le titre: J-C Cédille. Un tableau de Michel Reyes représentant Venise orne la couverture. Sont toujours disponibles chez ce même éditeur: les deux précédents recueils: Clam et Cohobe, au prix de 6 euros chacun.

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