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01 décembre 2007

IL Y A DEUX ANS... : "...troubles..."

France- METEO- CASSE
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...En 2000, Jacky & Ben-J des Nèg'Marrons interprétaient le titre "ça dégénère". Les paroles à l'époque reflétaient déjà très bien la situation alarmante que que nous traversons depuis quelques jours en France!

Ça dégénère pour un oui on pour un non
La routine quotidienne met les jeunes sous pression
Y a-t-il une solution pour calmer l'attention
Avant l'hémorragie interne, avant l'autodestruction

 

Le phénomène des cités qui se soulèvent et mettent tout à feu et à sang n'a rien de nouveau. Beaucoup de films ont traités de manière objective de la violence et le mal de vivre dans les banlieues françaises!

On retiendra par mis eux:

- La Haine de Mathieu Kassovitz en 1995

- Raï en 1996

- Ma cité va craquer de Jean-François Richet (1997)

 

Voilà donc 10 ans que tout le monde sait pertinemment que nous somme assis sur une poudrière prête à exploser à tout moment. Certains de nos chers politiciens ont bien tenté quelques petites actions: déblocage de fonds pour constructions d'infrastructures sociales, mise en place d'associations pour accueillir les jeunes des quartiers......mais visiblement tout ça vainement puisque un petit fait divers à mis le feu au poudre il y a quelques jours. Voici une petite rétrospective des émeutes survenu il y a quelques jours,et...

Chronologie:

27 octobre: Alors qu'ils se croyaient poursuivis par la police qui avait cherché à les interpeller pour un contrôle d'identité de routine, trois jeunes enjambent les grilles d'un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois . Deux d'entre eux, Ziad, 17 ans, d'origine tunisienne, et Banou, 15 ans, d'origine malienne, trouvent la mort en s'électrocutant. Le troisième, âgé de 21 ans et d'origine turque, est grièvement blessé. La mort des deux mineurs électrocutés déclenche de violents affrontements en Seine-Saint-Denis, puis dans d'autres départements de la banlieue parisienne.
- Nuit du 27 au 28 octobre: plusieurs dizaines de jeunes s'en prennent aux pompiers, aux policiers, à des bâtiments publics et 23 voitures sont incendiées à Clichy-sous-Bois.


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28 octobre: le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy affirme que "la police ne poursuivait pas physiquement" les deux jeunes.

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Nuit du 28 au 29 octobre
: 400 jeunes affrontent pendant deux heures les policiers à Clichy-sous-Bois et dans la ville voisine de Montfermeil. Une balle réelle est tirée sur un fourgon de CRS, 29 véhicules sont incendiés.

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29 octobre
: 500 personnes défilent en silence dans Clichy-sous-Bois, en mémoire des deux mineurs. Le procureur de la République de Bobigny, François Molins, affirme que, selon l'audition du troisième jeune, "les trois adolescents ont pris la fuite à la vue d'un contrôle d'identité à Livry-Gargan. Ils se sont crus poursuivis alors qu'ils ne l'étaient pas".

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Nuit du 29 au 30 octobre
: 20 véhicules incendiés à Clichy.

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Nuit du 30 au 31 octobre
: affrontements à la limite entre Clichy-sous-Bois et Montfermeil, 8 voitures incendiées, une grenade lacrymogène utilisée par les CRS atteint une mosquée de Clichy.

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31 octobre
: trois jeunes condamnés à 8 mois de prison, dont deux ferme, pour avoir lancé des projectiles contre des policiers.

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Nuit du 31 octobre au 1er novembre: échauffourées à Clichy-sous-Bois et dans six autres villes de Seine-Saint-Denis, ainsi qu'à Chelles (Seine-et-Marne), ville limitrophe de Montfermeil, 68 véhicules incendiés.



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1er novembre: Dominique de Villepin reçoit à Matignon les familles des deux jeunes, en compagnie de Nicolas Sarkozy. Le Premier ministre assure que "toute la lumière sera faite sur les circonstances de cet accident".
Le ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances Azouz Begag dénonce la "sémantique guerrière, imprécise" du ministre de l'Intérieur.

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Nuit du 1er au 2 novembre
: nouveaux affrontements en Seine-Saint-Denis, mais aussi en Seine-et-Marne, dans les Yvelines (Les Mureaux, Achères) et le Val-d'Oise, 228 voitures incendiées.


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2 novembre: Nicolas Sarkozy annule un voyage au Pakistan et en Afghanistan. Jacques Chirac appelle à l'apaisement des "esprits". Dominique de Villepin reporte une visite au Canada et annonce "un plan d'action" avant la fin novembre, tout en affirmant qu'il n'y a "pas de solution miracle face à la situation des quartiers". Deux jeunes condamnés à 10 mois de prison dont 3 ferme et 6 mois de prison dont un ferme.

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Nuit du 2 au 3 novembre: septième nuit de violence, quatre tirs à balles réelles visent policiers et pompiers, un poste de police est "investi" à Aulnay-sous-Bois, plusieurs bâtiments sont incendiés, 177 véhicules brûlés en Seine-Saint-Denis.



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3 novembre: le ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo estime que "la fermeté doit rester de mise" mais "la main tendue aussi".
Les familles des mineurs électrocutés portent plainte contre X pour non assistance à personne en danger, une information judiciaire est ouverte. Nicolas Sarkozy les reçoit pour leur présenter l'avancement de l'enquête de l'Inspection générale des services (IGS).

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Nuit du 3 au 4 novembre: 420 voitures sont brûlées au cours de la nuit, alors que 1.300 policiers étaient déployés en Seine-Saint-Denis.

1h00 - Cergy Une quarantaine de véhicules ont été incendiés dans le Val d'Oise, où deux policiers ont été blessés, indique la préfecture qui précise que les forces de l'ordre ont procédé à trois interpellations.



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Nuit du 4 au 5 novembre: près de 900 véhicules incendiés dans toute la France, des écoles et bâtiments publics attaqués, 250 interpellations.

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5 novembre
: Jacques Chirac fait savoir par son entourage qu'il s'exprimera sur les violences urbaines "le moment venu, s'il l'estime nécessaire".

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Nuit du 5 au 6 novembre: dixième nuit de violences, 1.295 véhicules brûlés, 312 interpellations et seulement 9 condamnations.

Des voitures ont brûlé dans les 3e, 13e, 19e et 20e arrondissements de Paris

Des pompiers interviennent dans le 3ème arrondissement. A 3h30, 22 véhicules avaient été incendiées à Paris

 

Un supermarché caillassé la nuit de samedi à Evreux


Les évènements de ces derniers jours font du bruit jusqu'aux États Unis qui souligne l'incapacité du gouvernement Français à contrôler la situation, ici la une du New York Times.

Après 10 jours de nuit incendiaires et d'affrontement avec les forces de l'ordre, le conflit ne semble pas se régler bien au contraire: Incendie de véhicules, de centre commerciaux, d'écoles et aujourd'hui même d'habitations personnelles, tout cela semblait très inquiétants! Les villes devennaient le théâtre de petites guérilla ! Nous étions au bord de la véritable guerre civile, car un raz le bol général commençait à ce faire sentir...depuis,silence-radio,et commentaires pudiques,noyés : "il ne s'est rien passé,rentrez chez vous!..."...,bien,bien,bien...

Commentaires

Partage, solidarite ou chaos social.


A la lumiere des recents evennements qui se sont produits en France de maniere recurrente ces derniers mois, on ne peut que s'interroger sur la nature plus profonde qu'un simple signe de tension entre les jeunes de minorites visibles des banlieues et les forces de l'ordre; ces dernieres doivent egalement s'interroger s'il veulent vraiment a toute fin pratique se retrouver en premiere ligne d'un conflit qu'elles n'ont pas voulu et qui releve essentiellement d'un manque de courage politique face aux inegalites et au fosse qui se creuse sans cesse entre la classe des nantis et de ceux qui vivent sans issues de travail honorable.
Les forces de l'ordre et leurs dirigeants savent tres bien qu'il n'existe pas de clotures assez hautes et de cadenas assez forts pour arreter un groupe importants d'individus mus par l'injustice sociale; et le fait de se retrouver en premiere ligne pour les policiers ne peut etre considere comme partie normale de leur travail; le fosse qu'a cree l'avidite des nantis et les politiciens qui les protegent, met en danger induement les forces de l'ordre et produit des experiences malheureuses qui cristalisent les memoires.
Aucune declaration d'aucun ministre de l'interieur ne peut aider en la matiere, la direction a suivre doit venir du chef de l'etat, doit etre prise avec coeur, sans calcul et intervention de l'intellect...une decision intellectuelle en l'occurence pourrait devenir funeste pour l'issue des affrontements.

Écrit par : Louis de Montreal | 28 novembre 2007

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