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17 janvier 2017

"Jimi Hendrix:Electric Ladyland/1"...prophéties électriques...

Jimi Hendrix,Electric Ladyland,musique,blues,rock,prophéties

 

avant- propos :...au commencement, il n’y avait rien, ou si peu... 1968, les pavés, le féminisme, le rock, l’écologie, les drogues, les communautés, les départs pour l’Indes, l’alternative et tout le bric-à-brac d’où je me sentais exclu, bienheureux comme Alexandre, sauf pour la musique rock, « pop-music » à ces moments perdus (assez larges), ou les damnés de la Terre préféraient tirer un boulet gros comme une baraque plutôt que de profiter de la Vie, en égoïste, et de le payer salement en retour, ce que je fis de mon mieux... Les détracteurs de cet « égarement » furent nombreux et aujourd’hui morts enterrés sous des tonnes de banalités, certains se leurrent encore suffisamment pour se donner une image responsable et des clones de leur pathétique reflet, mais ça ne marche pas comme ça... D’autres bouffent le terreau  de notre bon vieux caillou arrosé de flotte...les plus originaux claquent du bec à l’asile du coin...bref, vous aurez compris qu’en plein marasme, ils ont disparu corps-z’et-âmes...fallait pas...Mais il y avait cette foutue musique qui me tirait par l’oreille d’ou l’intérêt de votre serviteur d’y avoir consacré pas mal de temps, de nerfs et d’argent sans grand espoir d'un retour possible, les clapets furent nombreux à concilier la vraie vie contre l’utopie...On ne choisit pas les uns et les autres au hasard, allez savoir... Jusqu’à la résurgence de la technique-monde, le Net, l’art s’était arrêté d’intéresser le plus grand nombre au mépris des créateurs bien seuls, avec leurs œuvres géniales qu’ils tiraient en enclume derrière eux...un gros trou implicitement lié aux flatulences des élites, la propagation de la facilité, à la « crise » (comme ils se nomment entre eux...) et toutes les fanfreluches de nos samaritains de services, la Musique n’a pas failli au système, ni survivre qu’en petits comités restreints, très restreints, pensant que l’orage finirait bien par passer et les rédempteurs par vaincre. Certes, à la surface du néant, il y eut bien quelques clapotis engloutis illico-presto sous des tonnes de bavardages...Que se passe-t'il ? Pourquoi n'avance-t'on plus ?... Ce barrage de Sisyphe étant fait pour durer, il y eut quand même un phénomène qui plana très fort au dessus de la mêlée : Jimi Hendrix, le guitar-héro le plus costaud de la planète...Comment a-t'on transformé cet authentique génie de la guitare en VRP pour "génération perdue"?...et par quel poudre de perlimpinpin a-t'on anesthésié les 600 000 personnes qui se se massaient à ses derniers concerts (l’Île de Wight-1970)  ?...ce qui nous amène naturellement à la genèse d'un des objets les plus significatifs ramené à cette époque antérieure sous la forme d'une double galette de plastique noire débarquée en pleine montée du psychédélisme: « Electric Ladyland : Jimi Hendrix/2 ».

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(suite) "Jimi Hendrix:Electric Ladyland/2"...« ils voulaient changer le monde, mais c’est le monde qui les a changés... »...

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 ...pas facile de concilier les séances d'enregistrements avec la tournée américaine hautement inflammable ainsi que les desiderata des co-producteurs qui veulent des chansons "commerciales", courtes, calibrées pour la radio et l'amusement (l’Entertainment) ... Les Beatles, véritables empereurs sur le marché de la pop, se permettent le "double album" deux mois après - et on oublie de le préciser - l'excellentissime "Blonde on Blonde" de Bob Dylan (1966)...le double album des Beatles sort en 1968 (Novembre) sous le nom de "double blanc" tout simplement, il regorge de beaucoup de titres accrocheurs et programmables en radio, le succès des Beatles n'est même plus discutable, ils ont « tué le match », leur seul nom fait vendre des millions de disques avant même toute critique pondérable...Les Beatles, Hendrix, Bob Dylan sont de redoutables artisans. L’intellect, le labo, la cohésion, ils représentent la triangulation parfaite de l’industrie moderne du disque. Les personnages sont attachants, sensibles et extrêmement populaires. Le double album est donc un défit à l’excellence et à la popularité ; l’Ummaguma des Pink Floyd (1969), immense et talentueux double album des Pink finira 10ème dans les ventes françaises, comme quoi l’affaire semble prise TRÈS au sérieux...bien plus tard, le cultissime « 666 » des Aphrodite’s Child (1971) se proposera de relire les tortures mentales de l’Apocalypse selon St-Jean, ainsi que les Génésis, Who, Yes avec de nombreux albums, simples ou multiples revisitent d’autres thèmes classiques ou-non ; la tubulure du tremplin pop-psyché semble définitivement ancrée à la fin des sixties dans des compétitions de plus en plus redoutables au mépris du monde, qui lui, ne change pas, que fera radoter un hâbleur publicitaire - ancien vendeur de yaourts reconverti dans la refourgue de « présidents » adaptables : « ils voulaient changer le monde, mais c’est le monde qui les a changés!... ».

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23 décembre 2016

Vincent Van Gogh,jusqu’à l’absolu... : "...Haro avec la psychanalyse..."

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                     Trois Vincent pour en fabriquer un...La persistance de l’Art jusqu’au-boutiste perdue dans les champs de blés sous la forme d’un bagnard suicidé en cette soirée particulière de juillet 1890.Toutes les formes acceptables,civilisationnelles,d’une mésentente totale,quasi définitive et perpétuelle prennent fin sous une mansarde misérable d’un village du Nord parisien,Auvers/S/Oise...Encore une fois,le génie fracassé donne tout son  sens à ce que préfigurera la broyeuse de chairs et de sang de 1914 des équarrissages de la Somme...

          Pratiquement percé de part en part d’une arme que l’on ne retrouvera pas, la mort du peintre Van Gogh qui préférait signer «Vincent» avant de ne plus rien signer du tout,fut cette chute dans le néant; ce qui,paradoxalement pouvait paraître bien dérisoire aux 5 000 corps journaliers tombés dans la glaise  et la tourbe de l’enfer permanent de la Grande Guerre.Et pourtant... 

         Tous les obstacles nihilistes franchis,la gloire de ce van gogh-là n’émergea qu’un siècle plus tard aux contours d’un «modernisme» naissant,avant que de l’occire à nouveau,l’Art visible,contemporain,ne fasse les tapages d’une cour d’un Palais Royal d’une œuvre anthropométrique,médico-légale et «non-entretenue» à son corps défendant d'un artiste (Buren) et le caprice d’un retrait (sous chantage de la menace comique d’un enlèvement de son oeuvre...),et qui ira de son «caca nerveux» sans souffrir de la balle fatale,lui. 

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                  Nous sommes bien loin,aux antipodes des exigences de la beauté,de l’étrangeté, de la définition de l’«oeuvre».Et on ne peut que saluer bien bas ce recadrage exceptionnel...Malgré les milliers de signes agiographiques,picturaux,épistolaires laissés par l’artiste franco-hollandais et quelques révélateurs abonnés,le pillage ne s’est jamais autant opéré du cadavre d’opérette de la Cour du Palais Royal,mais il en est d’autres,hélas,tout aussi blêmes que les commentaires flatulent de l’infini narcissisme...Notre ère désinhibée se veut obsessionnelle jusqu’à l’extravagance,dont acte. Passons...

       Mais de nos trois Van Gogh,(d’après l’essai de Viviane FORRESTERVan Gogh ou l’enterrement dans les blés»),un seul a peint six semaines avant sa mort cette «maison blanche de nuit »(vers huit heures du soir, le 16 Juin 1890, selon la position de Venus constatée par les astronomes dans le tableau exposé à l' Ermitage (déf.wikipédia)...).

       Nous sommes bien d’accord,et il ne s’agit pas là d’une «explication freudienne» de plus,ou de méthodes psychologiques chères à madame FORRESTER,dont l’œuvre bien souvent talentueuse,permet aussi de déceler quelques pistes supplémentaires.Tout le système de cette toile à l’aspect diurne «contrarié»,indéfinissable,entre chiens et loups me fait penser au MAGRITTE de «l’Empire Des Lumières»* de 1954.

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       On ne sait,malgré l’éclairage allumée de la masure fuyante ainsi que son ciel de traîne dans l’espace droit de la toile,si c’est bien du jour ou de la nuit que notre trio féminin exprime une scène pour le moins étrange.Est-ce bien l’astre solaire ou Vénus qui plastronnent en haut de la toile ?...Les rougeurs incandescentes du premier étage infirment l’acte nocturne d’un crime de sang,passionnel,comme cette femme de premier plan – svelte silhouette hellénique portant curieux cabas rappelant la tête d’un supplicié agrippé par les cheveux.Et d’une autre main,que l’on pourrait prendre pour un poignard,une fuite avenante vers la sortie de la toile...Et si le poids de toutes ces charges courbe cette Persée vers l'avant,d'un pas que l'on devine aletier,féminin,....d'une allure de spectre et "Commandeur" restant insensible à toutes remontrances morales.Queques spasmes à la psychanalyse empruntés,ce croisement des chemins rappellent aussi "l'église d'auvers" et "le champ de blés aux corbeaux"... Des fourches caudines,de la dualité,du double-sens. En clair,de l'art jumeau d'être semblable sans vraiment l'être.

        Les jours du peintre étaient comptés,son moral au plus bas,une femme lui donnait le coup de gràce.La transposition symbolique et l’arrivée de sa belle sœur,Jo Bonger enceinte du «frère» Théo,couperont les maigres subsides restants émiettés par un frère marchand de tableaux d’une longue lignée d’autres marchands de tableaux émérites.Incompréhensible alors est cette situation d’indigence absolue ...Il n'y a rien à faire,ce ne sont pas ces tableaux-là qui font marcher le commerce.

         De l’ex voto peint en 1890,le  funeste conciliabule du duo à l’arrière marque l’entrée du jardin,du théâtre tel un temple...

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Jugement dernier mortifère,on pourrait palabrer à l’infini sur les «peintures gardant leur calme malgré la débâcle»,dixit le Vincent marquant la fin des haricots... «mais que veux-tu...» aussi,en cette simple phrase laconique d’ultime missive dans les poches du suicidé et la sortie de Vincent II succédant au premier Vincent I,mort un an - jour pour jour -,avant la naissance du second...

         «Vincent premier», ce spectre aux hallucinations de peintre jamais rassasié du sort qu’on lui a réservé,l'impromptu irruptionne la vie du second.Toute l’enfance de Vincent II fut de croiser cette tombe enfouie derrière le presbytère familial,marquée de son nom,prénom et date changeant si peu de la sienne...Curieuse question pour un enfant....,jusqu’au troisième Vincent,dit l’ingénieur,qui construira ce supermarché aux lettres flamboyantes "VAN GOGH,RIEJKSMUSEUM" siégeant à Amsterdam sous les signes de l'Apocalypse,de la révélation-rareté tant attendue...

       Mission accomplie comme un acte à la Génèse,le mort-né croupissant de la tourbe du Brabant fut vengé par la ribambelle de Van Gogh s’appelant à tours de bras "Vincent" ou "Théo"...Hasard féroce du destin,le dernier Théo tombera sous la lame d’un islamiste aux alentours du XXIème siècle naissant.Des préceptes qui ne collent pas...Un autre drame,une autre filliation.Encore un malentendu.

       N’oublions pas que le peintre Van Gogh,parmi la multitude de portraits d’anonymes et d’amis proches,n’effectuera aucune toiles,croquis, représentant son frère ou la belle sœur enceinte déjà de l’ingénieur...comme s’ils n’étaient pas au même monde.

      Michel REYES,29 janvier - an 09  après Ground Zéro

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( * illust.L'Empire des Lumières.R.Magritte )

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Vincent Van Gogh jusqu’à l’absolu...(part.2) : «...L'éjecté du Louvre...»

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       ...(suite)Et pourtant,il s’agit bien d’une histoire de fratrie décidée d’en finir avec le sort morbide de l’Art,ou pas plus tard qu’hier,aujourd’hui,demain,on remplissait le Grand Palais de vêtements,de cris,de battements de cœur,par peur d’oublier la «shoah»,cette autre expression de la connerie d’une poignée de nazi(e)s,tous morts et re-morts,tout autant que l’Art et ceux qui nous le perpétuent au balcon «granguignolesque» de la toute-puissance imbécile,écrasante,sur une déshumanisation préférant insister sur les «horreurs» d’Haïti,de 44,plutôt que l’essence retrouvée du moteur de l’esthétique,et encore moins d’analyser notre chute imminente d’occidentaux éclairé(e)s – je me suis sciemment déprogrammé de l’Educ-Nat. pour savoir quoi penser de la propagande marxiste-léniniste d’après-guerre...Puisons à la source de ce nouveau Golem pour étriper les plus vils cauchemars que nous préparent nos petits maîtres...Pour deux Haïtiens adoptés,le troisième est gratuit. La «Roue du Malheur» exhale le bonheur des uns...le malheur des autres est de se répandre,de se commettre,...dans l’Art plus qu’ailleurs,parce que légitime,alors que l’étiquette convulse sa forme la plus basse : la politique...Ce Grand Palais,ayant vu défiler les hologrammes prestigieux de Toulouse-Lautrec,voit d’un œil bien morne la grue de Boltanski agrippant sa poignée de fringues avant de la relâcher comme pets de velours symbolisant la Faucheuse...Il n’y a que les Mitterrand et consort pour nous gratifier de tel spectacle subventionné. Le prédicateur «fou» du Brabant,dans sa course au Temps,aura échappé à cela.

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      Donc,les anciens clones de la famille Van gogh n’eurent point à trop souffrir de l’Art «contemporain»,si ce n’est la naissance d’un Puvi-de-Chavannes ayant les faveurs des Ors de la République et de louanges...Le «peintre d’algues» MATISSE étant alors à l’état conceptuel,leurs jugements furent sans failles.C’est dans les chaumes - et non dans le chômage... - que Van Gogh regarda ses soleils droit dans les yeux,par défit et par bonté à leur rendre hommage. Nul autre artiste du XIXème ne s’étant engagé autant,pas même le symboliste GAUGUIN,qui lui,perdu des contrées lointaines jusqu’à l’inconscient du mythe du «bon sauvage»,des Nabis,des théories... Point de rhétoriques chez celui qui peint la nature avec une candeur hallucinante.Le prêchi-prêcha,Vincent avait déjà donné jusqu’à la caricature et l’écoeurement de soi...Quelques références,pas plus... Mais une continuité dans l’acte de peindre,un «moulin à peintures»,et pas des moindres.Et quand le «cacatoès du Pouldu» parlait de «synthétisme»,Van Gogh devait certainement rêver à son propre syncrétisme interne,plus riche que celui de l’oiseau migrateur...le clash final était inévitable.Les apprentissages à la surréalité furent éphémères,caduques pour le moins et l’éclectisme de Vincent avait des limites,justement,hors de la voie qu’il se frayait dans d’insondables questionnements.Et si l’enthousiasme n’avait répondu présent à chaque toile peut-être que la tentation «exotique» l’eusse séduit...

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«...partout où j’ai touché la terre

        – un malheureux vêtu de noir,

           Auprès de nous venait s’asseoir...»,le18 Novembre 1888 comme date-anniversaire à la terminologie du quadruple anneau de Moebius,(que de huit !...)symbole de l’éternité et de l’infini,Vincent accompagné de Gauguin visitent la collection Brias (Montpellier). Et c’est devant le portrait roux du bienfaiteur des arts(peint par Courbet), que lui se reconnaît en un authentique «autre lui-même»... Après les vers de Musset,la posture prend un ton orageux, la conversation va vite «se charger d’électricité» et ressortir comme «batteries sèches et vides»... Du voyage-retour de Montpellier,cette scène marque le souffre,et puis le gouffre à nouveau de l’éloignement à «l’élite éclairée» de Gauguin. Un mois plus tard,et ce sera le drame...A noter également dans la correspondance,la quasi absence de Courbet qui était le peintre le plus «socialisant» de l’époque. De la part de van Gogh,peu où proue d’enthousiasme. Ce qui relève,avec Baudelaire chef de file de la modernité,de la curiosité bien partagée. Au lieu de cela,il y eut Breton,Millet,toute «l’école de Barbizon»...Des naturalistes ancrés dans le terroir. «Seule,la terre ne ment pas..»,de nos jours,serait un véritable camouflet à nos progressistes redondants!

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Inutile de passer les tableaux de Van Gogh au spectromètre de masse pour ne pas voir l’outrage séculaire et roboratif à un authentique contemplatif d’éléments,que lui seul détermine de leur exécution où pas... Un cheval fou qui n’obéit pas aux ordres,à «l’air du temps». Un gaz,un liquide,un poison que notre époque déteste et que la sienne a bien rendue lettres mortes. Jusqu’aux regrets éternels de la forme-dite «contemporaine»...Un essayiste (David SWEETMAN, «Une vie de Vincent van Gogh».),et après la psychanalyse de FORRESTER,l’adoration de PERRUCHOT et tant d’autres,pour ne citer que les biographes,affirme que Van Gogh se voulait de l’héritage «classique».Et,en cela,ses souhaits ne furent exaucés...L’ordre «bourgeois» veille.Et si le Louvre posséda quelques tableaux de Vincent,ce fut pour mieux s’en débarrasser sur Orsay («le musée de gauche »).

      Malgré le bon million de visiteurs/an du musée VVG d’Amsterdam,la France encroûtée,(et c’est le moins qu’on puisse en dire...)a systématiquement dénigré les valeurs des impressionnistes. Et ce qui est étonnant pour une république démocratique,c’est que la soudure n’a toujours pas pris. L’obsession encyclopédiste perdure. On préfère «sauter» la période fauve...Comme si la faute esthétique incombait aux royalistes ! Désolé pour tout le monde,VVG est exclu de l’art officiel et, accessoirement, de l’identité nationale. Même si plus de 400 chefs d’œuvre furent exécutés sur l’hexagone, l’Etat Français ne sut les garder, même quand les «ministères de la Culture» n’existaient pas.

(Michel REYES,4 février - an 09  après Ground Zéro)

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Vincent Van Gogh jusqu’à l’absolu...part.3 : "le corps défendant."

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(fig.1)

...Sur les deux parties antèrieures,nous avons vu les accommodations de sciences parallèles naissantes à l’Art,comme la parapsychologie (incantatoire), la géopolitique (territoires du sacré), comme d’une source «para physiologique» de cellules souche au XXème siècle naissant...

De l’effervescence du XIXème,qui du peintre VAN GOGH ait le mieux illustré le bouillonnement culturel de l’hagiographie artistique,l’étude comportementale et la croisée des chemins,des carrefours d’influences mondiaux,et tout ceci avec un aplomb de certitudes que démentent les célébrissimes anecdotes?...L’éclectisme...L’éclectisme absolu sans se tromper,étais-ce donc possible ?... c’est toute la science du génie de VAN-GOGH qu’il faut interroger pour que chaque solutions apparaissent devant les problèmes comme d’une évidente simplicité – oui,seuls quelques talents solitaires ont pu dégager ce coin de ciel assombri de la permanence des sots...J’ai relevé cette phrase sur le web (art gallery.com) : «Il y a dans la peinture quelque chose de plus qui ne s'explique pas»...De cette merveilleuse phrase pose l’assise enracinée de «l’église d’Auvers/S/Oise» (fig.1) (1890 – dim : 74X94,5cm- musée d’Orsay-Paris) jusqu’aux bombardements ioniques de «marguerite Gachet au piano» (fig.2) (1890 - dim : 50,5X100cm- kunstmuseum basel-Suisse) ,deux toiles faisant partie des 100 dernières peintes à la vitesse de l’éclair, sur 100 jours – comme ceux de Napoléon pour reconquérir le cœur des Français,l’axe de la révolution 89 ... et si j’ose l’anecdote comparative,c’est bien pour «la volonté de puissance» (projet de NIETZSCHE abandonné en 1888...) que deux destins hors pairs empilent de véritables tours de force,avancer,peindre,tenir...C’est bien ici-bas que des milliardièmes de particules retombent sur ce «commun» des mortels et non un nihilisme de post-modernisme qui n’exploite que les rebus de la société de consommations de 2011...Au bout de questionnements qu’engendrent sans fin les pamphlets et les polémistes (Jean CLAIR, « l’hiver de la culture »*),le néant séduit. Mais pour les créateurs, il reste inexplicable.

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 *«  ... Ennui sans fin de ces musées. Absurdité de ces tableaux alignés, par époques ou par lieux, les uns contre les autres, que personne à peu près ne sait plus lire, dont on ne sait pas pour la plupart déchiffrer le sens, moins encore trouver en eux une réponse à la souffrance et à la mort. Morosité des sculptures qui n'offrent plus, comme autrefois la statue d'un dieu ou d'un saint, la promesse d'une intercession. Dérision des formules et prétention des audaces esthétiques. Entrepôts des civilisations mortes. A quoi bon tant d'efforts, tant de science, tant d'ingéniosité pour les montrer? Et puis désormais, la question, obsédante : pour qui et pour quoi ?... »

 

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(fig.3)

 

Sur les deux toiles citées plus haut,l’enfoncement du japonisme s’est tellement accentué que le format de « Marguerite  Gachet» atteint la taille d’un double carré (100cmX50,5cm),paravent nippon - ce qui contredit ses détracteurs de l’argumentaire impasse artistique péremptoire... Il semblerait même que ces pans allongés,sous l’influence sociale et montante de Puvi-de-Chavannes, puissent servir de décos à de possibles paravents et autres mobiliers fixes...Vincent prêt à changer de fusil d’épaules.Vincent fabrique à tours de bras,comme un «moulins à peintures»(correspondance à Théo,dixit) jusque dans la mansarde étriquée d’Auvers. Le fumeux docteur Gachet, faute de le soigner,le lui conseille vivement...Ce dernier ne lui prescrira aucun traitement,ni médicaments,ce qui, pour tout médecin qui se respecte, peut paraître «douteux»...Le travail,le travail et le travail!...alors que le peintre,au bout d’un surmenage excessif pêchait par un repos bien mérité...Paradoxe des paradoxes,Gachet,artiste à ses heures,estampillé homéopathe,naturologue, venait d’inventer la charlatanerie moderne sous couvert de médecines douces. Sur le cas «van gogh»,et à plusieurs reprises,Antonin ARTAUD va remettre les pendules à l'heure en s’identifiant au personnage **...malgré celà,un classement psychiatrique comme prolongement à la critique : saturnisme du à la peinture au plomb,schizophrénie,troubles bipolaires,épilepsie du lobe temporal,intoxication à la térébenthine,tumeur cérébrale,etc,...De nos jours,l'obscénité demande aux experts supposés pas plus de rigueur qu'hier, plus de 30 psychiatres ont diagnostiqué des avis différents et pas moins de 60 carences - toutes mentales, virent le jour...et si le malheur en a enrichi quelques uns, aux apprentis aliénistes,le concours reste ouvert; ils leur restent Venise,Versailles,Florence à abattre et encore beaucoup de vrais artistes à cracher à la gueule. De Vinci,Rubens,Watteau,Fragonard,leur présences tiennent encore du miracle... Les torchons publics continuent d'annoncer les étrons de biénales d'art contemporain avec fierté. D'ailleurs,on y évacue la notion de "plaisir",cet ennemi ancien. Quand la transmission de l'Art est cassée,les monstres ressurgissent et posent leurs cacas nerveux sur les supports modernes,bien sur...Arte-la-téloche,nouvelle moraline oeucuménique "sans frontières". Berlusconi et F.Ribeiry,leurs relations avec des prostitués sont l'exemple de sévères mises en demeures,d'ex-communications de masse... D'un autre côté,Laure ADLER,célèbrissime prêtresse d'un "art-növö",encense un autiste qui recouvre des monuments célèbres de draps écrus - quand ce n'est pas une "mise en rayures" tonitruante...De la pudeur chez les  jean-foutres,du tapage,la société qui fait le spectacle n'est pas aussi innocente qu'elle le parait. 

** «suppôts et suppliciations», éd.GALLIMARD

 

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(fig.2)

Pourtant,à son corps défendant,quelques brindilles enflamment la tautologie complexe,littéraire,poétique de VVG ...« Je préfère m'absorber dans la nature que dans le calcul des prix.»*... D’une âme aussi entière,on en vient pas si facilement à bout. L’âtre de la connaissance y brille d’une flamme vive et intemporelle. Une épistographie donne du sens,ô combien intime des voix intérieures du peintre sur l’accordage à son temps,et de son rejet particulier à la chose nouvelle,qui par bien des points,ressemblent à nos œillères contemporaines...Parce que phare du modernisme naissant,les portes que Vincent abat les unes après les autres,la Peinture semble projetée au cryptage d’un conscient visuel,inique et clairvoyant. Toute une maçonnerie picturale suit  ces aventures au plus prés sans que quelques convenances puissent déranger le scanner hollandais sur sa conception philosophique de l’espèce.

Sur la partie carré de «mam’selle Gachet au piano» (fig.2) inférieure,le malaise s’installe sous les traits d’une langue de veau suspendu au croc vert d’un fond d’abattoir rougi de sang frais. Les plis de la robe ainsi que le plancher fuyant donne l’exact contrepoint de cette charmante scénette particulière,...rehaussée d’un port de tête gracile féminin cherchant quelques crispations névrotiques sur un autel de bois brut planté d’un bougeoir de cierge maigre éteint,quelques griffures martèlent l’engin de musique ...Le vert lugubre du fond printanier tranche avec le rouge sous les lois complémentaires de la couleur chères à  DELACROIX... Une plâtrée de petites mouches rosâtres rappelle d’autres lois,le cloisonnisme,le pointillisme. Mais sans la doctrine de base (Seurat,Signac) l’exercice général tombe à l’eau,restent les quelques éléments comiques d’une séance d’hypnose qui va mal tourner... Grâce à la correspondance,nous savons que Vincent «payait» les pseudos-soins du docteur Gachet en cédant des toiles,et pas des moindres ...A la disparition du peintre,et le corps encore chaud,le praticien «collectionneur»,les yeux trempés de larmes,emporta rapidement une vingtaine de toiles. Il les rangea auprès des Cézanne, Bougereau,Renoir, Pissarro, Caillebotte...un véritable petit trésor de guerre qui fit la fortune de ses descendants directs.

Nous voyons nettement que l’été 1890 fut bien loin des transes méditatives d’Arles 1889 où fut peint «les lilas»,mai 1889 (fig.3) sous un soleil de plomb,à la méridienne,dans la nonchalance du Midi ...72cmX93cm,les vraies toiles «carrées»,disait-il non sans une quelconque fierté... Auvert/S/Oise est encore loin,L’Art est cet «homme rajouté à la nature»*,Vincent signe encore ses oeuvres...L’identité lui est chevillée au corps;hôpital psychiatrique,enfermement,cloître,ascétisme,l’«anti-dandy» ne veut pas voir la maladie en face. Alors ce sont des peintures vigoureuses,minutieuses,qu’il stocke dans le vaisseau mystique,métaphysique de "la maison jaune",en prévision d’un phalanstère d’artistes «s’entraidant dans la panade»*; la correspondance fourmille d’utopies de ce genre et moins d’angoisses appropriées...Il y a un approvisionnement régulier de matériels venant de Paris,de son frère Théo,du soutien et du moral au beau fixe,de la «haute note jaune». Le jaune est cette calandre solaire qui gère la vie,un nerf optique suffisant permettant la mise en lumières,l’éclairage en peintures,le grouillement sous sa destinée...Même la famille VAN GOGH,engoncée dans le Nord,se surprend à aller bien !... «les enfants vont bien,ils font de la peinture...»,écrit la mère à sa fille,insouciante du drame ourdi et infantilisant le combat de l’ombre que mènent les deux frères,tour à tour alliers,puis ennemis,avant d’être alliers à nouveau ...Une folie qui fait de Vincent VAN GOGH un monstre le four grand ouvert ou disparaissent tubes,toiles,cadres,peintures,argent,titres en un gouffre financier exotique... Au bout de la chaîne démoniaque,mensongère,se soustrait une bien triste réalité: l‘appartement de Théo croule sous les envois massifs de dessins,tableaux et autres entoilages roulés que l’on cache dans les armoires,sous le lit,et que l’on montre «à la sauvette»,à la maison GOUPIL & GOUPIL,derrière une bâche comme de vulgaires pornographies,ou l'oeuvre d'un fou...La honte,la saleté,s’installe au cœur de l’Art sur les équations ignares propres à la demande,l’argent afflue dans les caisses en d’autres sens,classiques,pompeux,manichéens,virent le jour sous la plume de quelques toqués de l'époque: «la Peinture est cette grande affaire esthétique du XIXème siècle ! »,clame l’Aurore,quotidien populaire.On s'y rue,on s'y jette.A corps perdus...Mais dans quoi,exactement ?...

Loin de la fournaise des affaires,la machine arlésienne est lancée,rodée,à sa puissance maximume,loin des flashback nauséeux des derniers jours d’Auvers où l’inertie créatrice n’est pas encore tout à fait retombée...Eruptif d'escarbilles violacées,l’«Autoportrait sur fond de flammes bleues de l’Enfer» (fig.4) montre un homme au regard aigü,de glace,qui vous transperce devant toutes les épreuves qu’il a traversé et abattu,une après l’autre,les cloisons au grand Mystère et ses peintures en deviendront les portes,du profane au sacré... Un regard de vainqueur. Une peinture de triomphe. L’empreinte de l’Homme dominant la Nature et ses éléments. (...perso,je soupçonne cette fixité appartenir à l’époque ST-Rémy...)

«...sous la distorsion du réel,je suis encore là...

Derrière moi,tout peut bien convulsionner,je n’en ai pas fini avec vous...»

 

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(fig.4)

Les jours,les nuits,l’axe médian des lunes noires ou mauvaises,le livre devait se refermer...

Et maintenant,les actes. Ils furent aussi fluides qu’un sablier emportant les grains,un par un,vers l’obscurité... et on pourrait tergiverser à l’infini les capacités de VAN GOGH,de cette ultime langue de veau tirée aux Gachet,et bien Vincent VAN GOGH s’en échappa comme il avait vécu,dans le bruit et la fureur... Avec toute une famille de marchands d’arts,de négociants de tableaux,il fut même très étonnant qu’aucun n’ait pu l’aider... avec 2000 dessins,tableaux et lettres,ce digne héritier des grands génies du patrimoine humain (De Vinci,Rembrandt,Rubens...) buta essentiellement sur des problèmes énigmatiques de santé, d’incompréhensions sociales, comme si «voir loin ne signifiait pas voir juste»*... 

Cet après-midi du 24 juillet 1890, la colossale somme de travail engagée par un homme décédé seulement à l’âge de 38 ans semblait bien dérisoire. On retrouva juste ces quelques mots à l’intention de son frère : «mais que veux-tu...»,coincés dans les poches de sa blouse encore maculée de peintures.

Selon les rites bouddhistes auxquels il semblait attacher,et en parfait honnête homme,je suppose qu’en 49 jours l’âme de Vincent libérée des contingences matérielles atteignit enfin son Paradis.

(Michel REYES,1er avril,1ere décade après GROUND ZERO) 

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11 septembre 2016

Instant karma 911: Echos du Frankistan…(il y avait tout juste 15 ans...)

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(...nous brillons tous, comme la lune le soleil et les étoiles (sic)... - John Lennon)

              Et si personne n’avait vu le soleil se lever avec cette belle intensité dans ce début d’automne, le 11 septembre 2001 n’aurait été qu’une superbe journée qui commençait bien…Bob était de bonne humeur. Bob venait de se lever à l’aide de son radio-réveil «NBC-Fox-News», les infos l’emmerdaient mais il adorait la voix de la météo-girl:  «…HELLO GUYS?...You stay in newwwww-yooooeuu-cillllyyyyyeuh?...All right,mooon,you’re THE BEST!...Cooom’on,GET-UUUUP and moove yer hasssss!...»,et ainsi de suite avant d’envoyer un plan «seventies», une dénicherie  sound-up. Et toujours sur cette belle matinée, ce fut «Instant Karma» de LENNON qui le réveilla sous la douche…Au poil, on en faisait plus des mégas-tubes comme ça....fumier de l’assassin CHAPMAN, on venait de le relâcher. Ce con avait tué un Beatles, présage sordide des temps à venir. 

- « When we all SHIIIINE ON!...»,se mit-il à gueuler Bob en enfilant son antique 501. This morning, il avait une course du côté de chez Charlie, deux autres vers les «twins» et bricoler sa Norton «commando» 1972. Bob encaissait son âge et ses goûts sans trop y penser – dans l’autocritique, il avait déjà donné comme d’un autre temps, pfff, s’en foutait, le capital santé s’émietterait, trois petits tours et puis s’en vont. Chacun son tour de manège, grinçait-il à qui veut l’entendre.

              Et les femmes ?

              Les femmes. Elles étaient passées comme elles étaient venues. En douleur, en profondeur, et en évacuation…En ce moment, Bob était amoureux de la météo-girl. Parce qu’il savait que la rencontrer était tout au plus fantaisiste et inopportun : de l’irrationnel pur …Et du moment que cette bluette lui occupait l’esprit, ça suffisait LARGEMENT, comme quand on regarde la télé en coupant le son.

              Merde, l’ascenseur en panne – 15 étages à dévaler au pas-de-charges…Et puis la rue de 7H30, fraîche, limpide où ne tarderont pas à cingler les gaz d’échapp’,le populo et les mille métiers de l’asphalte. Des millions de kilomètres pour ne pas comprendre d’où il était parti, longtemps ,d’un continent en ruines, pensait-il…En ruines pour son métier, en ruines pour ses illusions, en ruines pour son avenir qui n’était plus devant, mais derrière…Une passion à un moment, la peinture…Il s’était jurer de NE PLUS retoucher à un pinceau, une toile…Conflit permanent avec le «milieu»,la représentation et tout le tintouin… Qu’ils de démerdent. Ce n’était plus son problo. Le suicide l’avait nargué un petit moment. Mais «si la vie ne vaut rien, rien ne vaut la vie », proverbe arabe.

              Arabe....Vous avez dit « arabe » ?...

              Dans quelques instants, lui et le Monde ne croiront pas si bien dire.

              Difficile de tout revendre, là-bas, mettre un terme à une relation épuisée, convaincre l’immigration, visa, boulot neuf et le bateau, quelques dollars en poche.

              Le bateau parce qu’il voulait prendre son temps. Partir, renaître…  «…Le karma instantané!», rigolait-il aux quelques mouettes de l’Hudson fouillant les restes du marché aux poissons. Ouais, tout brillait jusque derrière le pont de Brooklyn dans un univers qu’il se complaisait à détailler, le soir, assis sur le devant de l’immeuble, puis plus tard dans la soirée en regardant la réverbération au plafond de sa chambre comme un écran de ciné.

              La pétoire anglicane pétarada, direction les entrepôts, prendre les colis, livraisons et on rentre fixer ce bon-dieu de réservoir avec les sillent-blocs achetés la semaine dernière chez Denis-Skin’s Bicycles. Charlie n’était pas au bureau, mais Yang-lo, son commis Viet accusa la réception. Discuter le bout d’gras, cinq minutes. Ils étaient migrants tous-deux…5ème avenue, Yellow-cabs, circulation fluide, on était pas loin de 9H…Quartier de Manhattan, attacher la Norton, filer à pieds vers le centre.

              La vie était belle, douloureuse et ses Converse impeccables. La première détonation frappa le sol en soulevant une bouche d’incendie. Une ombre rapide, bizarre, l’avait précédée, un nuage, puis BLAM!...Ce dernier résonna longtemps à l’intérieur de Bob. Ceux qui y étaient connaitront le phénomène pendant un bail…Une onde de choc. Un écho…Toute la rue s’arrêta regarder le ciel, les buildings et puis rien. Nada. Une légère fumée, tout la haut- perchée. «Wouaôh,my God …», grommela un agent du gaz à quelques mètres de lui. C’était QUOI, ce bordel?... « Une explosion dans la tour-Nord », se disait-il...La vache!...Ou dix fois rien, allez savoir, on est à NY-City. Et la perception du quotidien, amplifiée, peut donner des hallus à ceux qui n’en ont pas l’habitude.Ca paraissait incroyable, surréel. Oui, toute la terre avait tremblé. Et puis non, personne ne comprendrait, là-bas, sur l’ancien continent, ce qui s’était passé. Non, non et re-non, comme une bique butée et bornée, il faudra prouver, filmer, supplier, etc.…Bah, cette foutue buse d’Europe n’aura que ce qu’elle mérite, se disait-il souvent, sans intérêt aucun .Le bavardage incessant noiera les faits. Vieux, vieille, ce langage devenant monnaie courante, Bob avait décidé de s’en séparer. Et c’est pour cela qu’il y avait tout à changer dans un monde, ou même comprendre, expliquer, deviendrait hostile et déviant. Mais pour l’instant, les rares passants échangeaient quelques infos, à contresens. 

- « God’s hell!…je crois qu’un avion de ligne a percuté la tour-Nord!...», haletait la petite marchande de beignets à l’angle de la 15ème…

- « …no miss, c’tte une METEORITE qu’est tombée pas loin d’ici… », extrudait un trader en bras de chemise et visiblement trempé, quelques dossiers collés sous le bras, lunettes de travers. Nous étions à deux pas du quartier des affaires.

              D’autres, à l’arrêt scrutant la fumée toujours fluide et montante, gesticulants peu, téléphonaient. Presque tous téléphoneront à quelqu’un, quelqu’une…Cherchant dans le flegme, un refuge à la peur-panique. Bob imaginera, sans jugement, que ces scènes extrêmes dans les pays dits-latins tiendraient de l’apoplexie à l’hystérie, question de latitude, mais pas seulement…Lui-même avait eu une brève pensée pour sa bécane qu’il venait de quitter. Réflexe induit, il ne se doutait pas encore que le plus sinistre était devant lui.

    Des bouts de verre éparses, mais rien de plus. Bob pensait qu’il n’y avait pas de blessés. La rue semblait sonner. Quelques sirènes de police, pompiers. Il venait d’y avoir un drôle de problème dans la tour-nord. Des exercices incendies ?...Les géants de verre et d’acier se dressaient au dessus de sa tête. Bob venait de mettre la main en visières et vit nettement sur fond de bruit sourd, un avion arrivait par l’arrière, au ras du sol, anormalement gros dans le ciel de NY et percutait la tour jumelle sur un côté. Tellement énorme qu’il n’y crut pas de suite. Mais des débris divers et  variés venaient de pleuvoir à quelques centaines de mètres de lui. Alors il se mit à courir droit-devant. Il y eut rapidement des corps au sol et d’autres masses beaucoup moins identifiables. Ferrailles, aluminium calcinés, verres et blocs d’acier .Un homme avait le bras sectionné à la hauteur du coude. Il s’était assis sur le sol et regardait autour de lui sans comprendre, en état de choc. D’autres gens criaient. Certains pleuraient, sanglotaient. Les débris continuaient de pleuvoir. Il était 9H15 et le ciel était bleu…Deux hommes corpulents en costumes de cops lui intimèrent de dégager, le secteur était dangereux; trop d’objets continuaient de dégringoler... L’Apocalypse suivait Bob à la trace, songeait-il.

               Comme beaucoup d’autres new-yorkais, il n’eut pas le temps de jouer au héro. La solidarité, l’urgence aussi, de son nouveau monde n’était pas une légende. Des initiatives se mirent en place. La consigne était de ne pas gêner les forces d’interventions et de sécurité. De ne pas céder à la panique... Hors contrôle et dans un calcul de probabilité, comment ces quelques éléments étaient-ils gérables?...Machine arrière pour récupérer la Commando, il acheta 3 bouteilles d’eau sans trop savoir pourquoi. Maintenant les bomberas rouges filaient en tout-sens. Avant de grimper sur la moto et de la détacher, il refila rapidement les bouteilles à un couple inondé de poussières. Leurs visages croûteux avaient l’allure de masques Pompéiens, comme les daubes du théâtre contemporain allemand…Un silence bourdonnant alternait aux sirènes. Prendre de la distance, les buildings gémissaient leur existence statique. Question de temps avant que le sol ne les accueille. Foutre le camp, et vite. La moto se faufilant, il n’eut aucune peine à rentrer chez lui. Chez station to station, un groupe de personnes hétéroclites suivait une image fixe sur des téléviseurs en vitrines de tours en flammes, vues du ciel. Il se joignit à eux.  « …je viens de là-bas, j’ai vu un Boeing défoncé le world Trade… », dit-il à une vielle dame serrant un chihuahua sous le bras.  «Ce n’est pas possible, lui répondit-elle, la télé parle d’une explosion au gaz…».La télé, la télé…Il n’y aura plus de vérité possible. Le doute s’immiscera aux témoignages. Le doute, comme (et avec) la forme la plus abjecte de militantisme s’incrustera dans le monde occidental. Toujours en commentant cette image fixe de Manhattan. Une suspicion d’attentats - au nombre de quatre – commanditée par une organisation répondant au visage interchangeable de l’archétype lisse et immortel (virtuel, dirait-on de nos jours …) – du logo-type de la mouvance radicale muslims, salafiste, wouahabite, etc... Et oui, comme disait la pop-song de Lennon,«nous brillons tous comme la lune, le soleil et les étoiles»,…alors TOUT brillera sauf cette putain de vérité pyrotechnique empruntée aux cieux Etats-Uniens. Les francoboches, la nouvelle bochie, grâce – entre autres - à son pansyncrétisme universitaire intégré (bloqueurs de fac et sanspapiéristes-sans-frontières.Les « sans-sans »...) s’accrocheront à l’idée putassière que les States sont contre eux (la France,la bouffe et le cul, imputrescibles valeurs sanicoles et tricolaires !…). 

 

              - « Mort aux juifs !»,qu’ils gueuleront sans complexe,au cours des épiques manifs contre «Tsahal» (armée israélienne) de 2009… Employer «Tsahal» était plus avantageux, infantile (comme le «Golem») de contes politiques modernes et de toucher l’inconscient collectif que le platement «armée israélienne»…Loïc LORENT, étudiant le milieu contemporain universitaire,ne pardonnera pas les complaisances diverses de cette gauche,et en fit ses larges plages d’un hommage à PEGUY ( «Votre jeunesse» -2006 )… « Les Français ont les enfants qu'ils méritent et ils cueillent les traits pourris de leur stupide ambition égalitariste. », concluera-t’il parmi la meute des énervés... Surtout le PEGUY-Dreyfusard dans, « l’abdication, c’est quand on ne fait plus qu’expliquer, au lieu d’agir », et que toute cette affaire,en point d’orgue paradoxal, exploitera la face antisémite de l’immortel dans le lumineux  « Mécontemporain »,d’Alain FINKIELKRAUT(éditions folio-3191).

 Fatras Morgana…

      «…le militantisme, amen…», grinça Bob entre ses dents. D’ailleurs, beaucoup de new-yorkais sont rentrés chez eux pour suivre l’évènement en direct sur la télé, alors qu’ils n’avaient qu’à ouvrir leur fenêtre. Nous étions passés dans un autre monde. Un outremonde où ce qui n’apparaissait pas à la télé n’existait pas. Le «buzz», dirait-on aujourd’hui…Et bien ce dernier fusionnera avec tous les idéologues politiques qui diffusaient de la com’ à outrances, à démences. Pour ne laisser que leur part de gâteau en élections tronquées. Le marxisme-lénifiant ne dérogera pas à la règle. Bob était parti, de cette incontinence que méprisait autant les artistes, penseurs, gens ordinaires, qu’elle glorifiait légalement  les réseaux d’extrême gauche et gauche traditionnelle de cette formidable « prise de conscience des peuples zoo-primés, etc ».

              L’extrême droite était relativement crevée, inexistante, plus confinée à des gens exacerbé (e)s qu’à un éventuel revival de la Grande Vadrouille (style claquements de talons et levées de bras tendu). Elle n’était brandie que pour diaboliser un problème interurbain, de racisme, du «vivre ensemble» et de ses recettes ou d’un calendrier électoral avenant, d’un débat sur la dernière…Le spectre du «néo-nazi» terrassier de pelles et pioches en de quelconques cimetières profanés alimentait une forme d’esthétique télégénique de svastikas et de slogans haineux peintes aux heures de grande écoute qui confirmait le «retour de la bête»,et surtout de la bêtise de cas isolés sans grands fondements mais suffisants à la démonstration pangermanique : les fachos…Les journalistes paranoïaques étaient passés aussi par le formatage schizo des facs et lycées – 20 ans de djembés et de cracheurs de feu ne s’oublient pas aussi facilement,diabolos compris…Un écran de fumée au crin-crin pandémique. Des collabos prendront d’autres acquis avec une forme d’autant plus dangereuse que le nazisme. Bob en avait eu la démonstration, ce matin, sous le nez. Curieusement, cette Foire du Trône ne lui manquait pas. Il passa un coup-de-fil pour savoir ce qu’il allait faire des deux colis de la matinée…Les lignes étaient saturées. La Palestine avait fait la une de tout le mois d’août. Il pensait que c’était un coup des palestiniens ou d’une fraction salafiste du Sud Liban, mais les «bloggers»  s’époumoneraient à une provocation des services secrets israéliens(Mossad). Une provocation à qui, et à quoi ?...Au vue de l’alliance et de la logistique US-Israël, théorie boiteuse,mais théorie quand même,on ne s’embarrassera plus de préjugés sur le formalisme. La doxa  connaissait son affaire…   Bob mit la Commando dans le monte-charges. L’appareil couinait sous l’effort.  «…faut que je prenne des nouvelles du frankistan… »,soupira-t’il en poussant la porte rivetée de l’ex-immense atelier de confection défraîchi qu’il occupait pour une pincée de dollars. 10H30, le bigophone fixe répondit mieux que le portable. Il eut Pierre, de l’autre côté de l’Atlantique:

- « …Hello man, tu devineras jamais quoi… »

- « …OUAIS,PUTAIN ! C’EST TOI?...T’es vivant?...T’as VU?... »

-« …ouais, putain,…j’y étais. J’ai failli tout prendre sur la tronche. L’était moins une…Et là-bas, comment ça s’passe?...»

- « …oh merde Bob, je sors du tabac, j’ai fait fissa…Des types parlaient de sabrer le champagne…Avec d’autres clients, il y a eu des accrochages. Je me suis cassé. Je me suis cassé…Ch’uis content de t’avoir.Je vais chercher Charlotte à la crèche. Merde, je FLIPPE!...»

- «….Ecoutes man, tout le bazar est en train de se ramasser (dans le loft, les fenêtres s’assombrirent.).Va y avoir du barouf…et (clic, la communication coupa net)….»

       Les fumées noires chargées de poussières masquaient un halo solaire devenu TRES pâle. Bob était seul, il venait de ressentir la peur comme un immense dégoût. Les vents de l’East river, autrefois si paisibles, ramenaient toutes sortes de brouillards inhabituels. Le plancher, les murs grondèrent d’une vibration sourde. « …merde, merde.MERDE!... », marmonna-t’il avant de se plaquer contre la paroi du combi. Celui-ci bipa une saute d’électricité, quelque chose venait de percuter le sol, là-bas, au loin. La première tour venait de s’effondrer au son de mille pétards chinois.Trembles, trembles… Un plâtre grisâtre et volatile lui succéda en envahissant les rues, les voitures en stationnement, les êtres et les animaux. Les mouettes s’étaient tues. Le ciel n’existait plus. Bob, comme d’autres locataires, sortirent sur le palier. Max, son voisin le plus proche, en peignoir, regardait dans la cage d’escalier… «…N’ouvres pas les fenêtres, tu vas faire rentrer des microparticules… », lui dit-il. Par l’entrebâillement de la porte de son appart’, il pouvait voir une télé qui diffusait ce qui venait de se passer…Moria, la femme de Max, invita Bob à entrer ; les américains sont ainsi. Les séquences repassaient en boucles, inlassablement, impossible d’y échapper. Nous étions au début du XXIème siècle, sans aucun doute. «…J’descends. On a peut-être besoin de nous...».

              Après avoir bu du thé, du café et de la bière, ils empruntèrent l‘escalier externe de secours. Munis de serviettes mouillées, ils prirent le chemin de l’East-side. Beaucoup de monde affluait dans l’autre sens. Toute la sacro-sainte journée, ils aidèrent à déblayer les corps, à les recouvrir aussi. Récolter des objets, même le plus infime, permettra l’identification de 3684 personnes mâles et femelles. Une montre, une carcasse de portable, une dent, bague, mâchoires – tout fut analysé systématiquement par des urgentistes bénévoles mêlés aux pros. L’Amérique aura soudé ses liens sur le sang d’innocents éparpillés. Il n’y eut que de putrides parasites universitaires intercontinentaux pour commenter cette attaque comme «normale», depuis le temps que l’empire fustigeait les paranoïas diverses !…Un bruitiste allemand célèbre pour  sa culture de psychanalyste, établit un comparatif des deux tours à des phallus dressés que la liberté d’«esclaves nouvellement affranchis» venait de castrer. Il eut un beau succès dans le monde-critique - celui qui se gargarise de théories anti-américaines branché(e)s et autres hypocrisies dominantes. Les «keffiehs», foulards à carreaux, fleurissaient  autour de la nouvelle génération de la franco-bochie. La Palestine faisait s’envoler de lyrisme le moindre illettré neurasthénique, devenant à son tour une aura de révélations futures au chaos et soulèvement des damnés de la terre. De l’écroulement new-yorkais, les choux gras de trotskos,néo-maos et de leur collaboration  bâtirent le socle de légendes urbaines inoxydables (Carlos, Baader, Rouillan, Che, etc). A ce nouvel ordre de désenchantement chronique, ils décrétèrent l’«instinct-de-mort» du Coran, le nouveau «Mein Kampf», bible verte des opprimés, mettant sur la touche leurs gouvernements respectifs (eux aussi opprimés par le Grand Capital, gag…). De mémoires vives, Jacques MESRINES, bandit célèbre, avait déclaré des QHS «que s’il le fallait, pour révéler leur existence et les combattre, il irait s’entrainer dans les camps palestiniens…»,alors le prophète-tueur fut incrusté à l’autel rouge comme «un-qui-sait»…Les fouilles se poursuivirent jusqu’au petit matin et ils ne manquèrent de rien, sinon d’une compréhension internationale qui ne viendra pas. La putasserie des franco-européens préférait bouffer dans une gamelle stalinoïde bornée plutôt que d’éprouver la moindre reconnaissance, déjà au D-Day 44. Alors, Manhattan...Pour l’instant, debout sur les ruines, le XXIème siècle écrivait sa page de garde.

                   De part le monde, la résistance dut se taire et se terrer – parce que les attaques, l’agression idoine, ne se figèrent sur la fatidique date du11/09/01 comme d’une balise. Ils étaient là bien avant, et le seront encore bien après. Le ragoût des extrémistes prenait autant sa racine chez les narcotrafiquants de banlieue que chez les étudiants de base. Cerveaux malléables autant que psycho-dépendants, nous étions ces «êtres de lumières» telle une passoire pourrie. Les maquereaux de l’Université, comme d’authentiques pédopsychiatres, connaissaient les ustensiles de l’asservissement au jeunisme, «L’art d’avoir toujours raison (en 37 leçons)» de Schopenhauer bien calé sous l’bras… Le Grand Capital, le Grand Méchant Loup. Ceux qui ne connaitront pas la délivrance aux formes de luttes sociales se trouveront banni(e)s à jamais quelques parts sur la banquise fondante de leurs cogitations stériles. Les pauvres en esprit s’y noieront, les autres s’enrichiront à l’ «éco-communisme» (contraction de la carence communiste, peu fréquentable, en écologie et nouveau courant de pensée, fréquentable…). «Grenelles, grenelles !»,fit le grelin-grelot des néo-libéraux mouillés jusqu’aux fesses.

              Tout aurait pu entrer en une analyse stable si les ennemis de l’homme (ainsi que de l’animal), en leur désert sec, ne s’étaient illustrer à de nombreuses reprises. Au travers de porte-voix occidentaux, ce qui avait le plus grand des effets comiques pour trahison verbale: la charia, la douma, l’oumma et tout le saint frusquin...Une instance maniaque à couvrir la gente féminine de la tête aux pieds et de ne jamais lever les yeux vers leurs mentors cerbères della cità. Ces ombres coulaient le long des rues de l’Europe sans être inquiéter, au final, d’un message permanent à l’hyper-tolérance, vrai syndrome de Stockholm. L’après MLF, sans doute…Sur les décombres du Grand Satan, notre trio avait laissé place à une équipe de jour. Les bougies allumées, les messages au mur sur le chemin du retour dans la (désormais) crayeuse Grosse Pomme donnaient à l’Apocalypse une flamme aux rescapé(e)s. Des groupes de discussion s’implantèrent au hasard de besoins grandissants et constamment alimentés. Pas l’ombre d’un pillage, n’en déplaise à l’ODY «Chomskyste»(Observatoire à la Décadence Yankee)et Super-Gaucho (Michaël MOORE)… «Babylon-attack» amusera la nouvelle gauloiserie des francaouis jusqu’à un premier ministre se disant «gaulliste» et refuser l’aide à une riposte collégiale. Couvert de honte à l’ONU comme d’autres dimmits et lèches-babouches qui ne trouveront qu’à museler les warning de détresse sous forme d’«islamophobie» et autres crottins dialectiques. Nous eûmes droit à toute servilité politique aux magnats enturbannés du pétrole. Grotesque comme ceci demanderont une extension de leurs territoires arides en véritables terrains de conquête de l’Europe. Reconquista offerte sur un plateau. Satellites de leurs émirats dictatoriaux, les prises en charges seraient le fait de «roumis blancs», religion comprise…Internet fut le théâtre de cette abjection particulière ou des «anonymes» venaient dégueuler leur haine d’Israël et de l’Amérique. Une nouvelle attitude aussi de jeunes bourgeois itinérants en posture comique d’amendements antiracistes : bobos, ethnocentristes en amalgames compact de ceux qui tenaient l’Afrique comme berceau de toutes civilisations et de toutes démarches à venir, présentes ou passées. Un verrouillage mental ou de sombres créationnistes plus virulents que le christianisme erratique du XIème siècle faisaient offices de  références. De ce galimatias somatique dépendaient des décisions, des élections, des directives. Toujours plus prudentes en Eurasie de l’Ouest…

          Comme un autre Munich, leurs suppôts d’autodafistes  se firent remarquer au cours d’émeutes mémorables que l’on avait coutume d’appeler «incidents».Terme affligeant et raffiné désignant des milliers de voitures parties en fumées, des bâtiments publics, privés. Des blessés puis des morts firent leurs apparitions que l’on couva d’une indulgence particulière. Plus de 250 000 000 d’euro de dégâts pour l’exercice-comptable 2005-2006 que les joyeux drilles de la 5ème internationale commentaient comme une «insurrection-qui-vient» à l’aune de lendemains qui chantent. Les prisons bondées regorgeaient de tueurs nés, de psychopathes, prêts à occire pour l’islam, pour Mahomet, pour Allah à la sauce-martyre…  «Incidents» comme ces jeunes filles brûlées vives dans un local à poubelles, bus, parce qu’elles étaient femmes et parce qu’elles ne voulaient se plier à la charia des «grands frères».Nous étions devant Sainte Intégration et ses litanies-rap en appels au meurtre et à la délation de tout ce qui n’était pas robeuh ou renoi en une attaque systématique de cette France, qu’«on nique sous une tendance de musique populaire»(dixit le groupe de rap SNIPER)… Pratiques issues de maffieux théocratiques venus  «dealer» leurs lots de chichon-prophète, coupé au henné-prière, qui crameront les cervelles des lycées, facs et quartiers…  «incident»,comme cette autre jeune femme lapidée, massacrée, à coups de pierres, de parpaings, sur les hauteurs de Marseille. Les muftis, les imams, les muzz, toujours sur le langage codé de la disparition avantageuse du «roumi» à leurs profits, une bande de débiles mentaux écoutés comme messies de plâtre et d’orgueil d’un délire exaltant un machisme archaïque…D’où ces régressions à venir d’apartheid de piscines offertes,par dame Aubry, en régimes spécieux pour hommes et femmes séparés, d’écoles coraniques aussi pour éviter la perversion, la contamination des pays hôtes – Ce qui fut particulièrement nouveau - dans le Grand Bazar des politologues -,ce sont les emprunts à la dialectique (lutte des classes, colons, exploitées, etc… ) toujours plus ingénieux à justifier des crimes de droit commun comme les meurtres rituels, tribaux et mutilations diverses constatées. De tribunaux -  comme dans la série «X-files» - la vérité était ailleurs, exotique. Qu’avec l’islam, il se passerait quelque chose d’inexorable, et que nous irions droit au carton en somnambule prévenu.

Delenda est cartago…

     Chacun, chacune, amenait sa pierre à l’édifice d’un Kominterm ,revigoré pour l’occase, en de longs plaidoyers à l’immigration et aux chances qu’elle nous dispensait, comme les deux pieds que plantait notre trio sur cet amas de ferrailles tordues et de cadavres que constituait le paysage lunaire du plus grand attentat meurtrier jamais commis au monde. Dans une Europe de carton-pâte, les francaouis avaient de l’humour, l’exégèse goguenarde de la presse fut sans limites aucune.  «Qu’est-ce que 3500 morts comparé aux milliers de morts des famines africaines?...», titra un torchon progressiste bien connu. Puis un autre : «ILS l’ont bien cherché!»,  « L’Amérique paye pour ses crimes », etc...La surenchère parut encore plus longue qu’une nuit polaire…Bob comprit d’où Pétain, Laval, avaient tiré l’abdication de ces oiseaux-là ; d’une politique crasse et paresseuse, franchouillarde jusqu’au bout  en trahisons successives. Un pacifisme incurable sortant des écoles primaires passait les caboches blondes ou brunes de la sempiternelle abnégation, que tuer était mal – même si c’était pour sauver sa famille, ses ami(e)s, ses proches. Drapeau blanc en toutes saisons et en toute opportunité. Ce dernier, l’opportunisme, avait failli les achever dans la pluie de boue et d’acier de deux guerres mondiales, qu’ils croyaient  terminées, bâclées, en de l’histoire ancienne. Les nombreux villages hérissés de monuments aux morts inscrivaient le souvenir de quoi déjà?...D’une victoire ? D’une défense future ? D’un pare-feu possible ?...Les geignardises reprirent le dessus et son lot d’insanité prit la forme d’une amibe encore plus douteuse et incohérente qui soit : une Europe de paix, du foutu piaf de la colombe et de son rameau d’olivier ranci dans le derche – comme si le «bien», par l’opération du Saint- Esprit, était devenu le propre de l’Homme!...Alors que la Vie était une longue déclaration de guerre à la Mort, à la maladie et la survie. Des hordes de victimes de guerres économiques – quand ce n’était pas le fait de boucheries sans nom, de massacres infâmes,passaient les barrières d’autres pays qui leur promettaient un avenir radieux SANS toucher au fond de base de leurs propres ethnies – même belliqueuses, arriérées et incultes - ,ce fut du pain béni et de l’appel d’air. Le pot-pourri de ces landes «culturelles» - que l’on était toujours pas foutu de distinguer – était octroyé généreusement sous le dévoiement d’une hospitalité permanente. Les bateleurs politiques tirèrent des épingles grosses comme les ficelles de leurs futals à la croyance universaliste d’avoir vaincu le mal par le bien. De plein fouet, comme de face, les affrontements sanguinaires furent balayés en balivernes anciennes de quelques poignées d’années à peine...Ceux qui prétendaient que les forces du mal avaient quitté l’Homme s’abritaient derrière la  «négociation» fébrile, anxiogène. Malgré cela, les guerres persistaient, lointaines, en cercles concentriques que la vue d’un bon vieux drapeau tricolore suffirait, sûrement, à éradiquer. La foutaise des foutaises prenait le bon chemin d’autres guerres imparables en un point d’impact rapproché. Question de temps pour qu’elles ne nous arrivent au sein d’un total dénuement. L’ «Instant karma», le karma instantané… Les vieux singes feront la même grimace en tendant leur cul rose à l’ennemi pendant que les bombardements anéantiront leurs cases. On ne reconstruisait BIEN que pour détruire MIEUX.

              «Si vis pacem, parabellum » n’était pour Rome qu’un simple trivial pursuit  que les bobos alignaient autour de leurs bols de cacao éthique. La guerre est  SI  loin!...On tendait de l’humain comme de la nourriture d’une cuillère percée, sans honte et sans gêne. Une escroquerie humaniste ne spécule que sur la base de bons sentiments et n’empêche le pire…Bob, depuis  quelques heures, avec ses ami(e)s en fouillaient le résultat…Ils venaient de quitter l’univers d’arches fumantes dressées en souvenirs d’une civilisation ancienne. Cathédrale aux décombres noircies, Ground-Zéro…Un autre idiot culturiste aux synapses pas plus évoluées qu’un  concombre baptisa la funeste entreprise de «chef d’œuvre parfait... ».Parlait-il de son QI déficient ?...De son marigot végétatif ?...Des félicitations acclamèrent son «courage».Sur la brèche béante, d’autres idiots atteignirent des sommets. Le culturalisme débridée, à contrario, lança des carrières de révisionnistes sur le tard…Soucoupes volantes, théories de complots, négationnismes, jamais l’édition ne mit autant de rapidité à réagir en la personne d’un spécialistes de «petits hommes verts».Tout le fatras insipide collera aux basques de l’internet deuxième génération. Cette nouvelle «conjuration des imbéciles» revendiquait haut et fort le devant de la scène médiatique. Scoops et parjures annoncèrent gaiement la fin de l’Europe des Lumières. On marchait sur les piles. Beaucoup d’intellectuels insurgés, suite aux fatwas diverses, prirent la poudre d’escampette. Nul ne saurait les blâmer ou -  parait-il - il n’y avait d’éloges flatteurs. Connaissant le pouvoir exceptionnel des mass-médias sur des esprits de moins en moins formés à la critique, l’effet ne fut pas négligeable ; les exils volontaires, dont Bob faisait parti, s’enchainèrent à une cadence accentuée et confidentielle. Caton l’Ancien concluait tous ses discours, devant le Sénat de Rome, par cette formule : « Delenda est Cartago », Carthage doit être détruite (pour que Rome vive). Oui, les hordes de barbaresques parachevaient la démocratie, Carthage devait être détruite .De petits maires, soucieux de leur mise place perpétuelle, construisirent les casernes officielles nécessaires à cette destruction : les mosquées. En espérant que devant les stèles encore fumantes -  comme Ground-Zéro -  les survivants se souviendront de ces collabos peu scrupuleux. De beaucoup comprendront comment nous en étions arrivés là sans en justifier les actes. Nous étions en voie du même chemin que prendra la France pétainiste signant des armistices à l’intérieur de wagons en bois, prémices aux sinistres déportations hitlériennes. Les mises en garde ne suffiront pas aux petits maires, leur zèle inculte en langage de signes prosélytes, n’eut aucune limite. La terre des mosquées n’appartient plus à la nation, ni  à la république qui les abrite, c’est une ambassade prête à fonctionner pour d’autres gains de territoires. Doux euphémisme que de prétendre que les démocrates modernes jouaient avec le feu. Mais n’oublions pas que nous étions en pleine vapeur de la cocotte-minute «mixité».C’est fou ce que l’Orient, en combats incessants, avait amené comme partage aux «croisés».Il brillerait comme la lune, le soleil et les étoiles par une indisposition de faits…La branche la plus extrême de ces organes illuminés s’était déjà illustrée à plusieurs reprises sans que de véritables dispositions soient mises en place. Avec les politique à l’assimilation, ce fut tout et son contraire, et comme la fable de La Fontaine : « ils n’en mouraient pas, mais tous étaient frappés… ».Certes, du monothéisme autocratique, on en avait déjà connu la musique dans le passé – lois 1905, séparation de l’Eglise et de l’Etat. Même laïcardes, les manquements au droit prouveront que les vigilances battaient de l’aile.

        Maintenant, Max, Bob et  Moria discutaient avec un couple de retraités irlandais migrants, fiers d’être américain et fous d’inquiétude pour leur fille bossant au WTC, elle n’avait donné AUCUN signe de vie… « il faut attendre, dit Max, les lignes sont coupées… ».Tous espéraient un tuyau, un message. Personne n’avait le cœur à une réelle brutalité. Ils les rassurèrent comme ils purent. Gros fumeur, Bob donna son paquet de cigarettes au couple pendant que Moria entourait les frêles épaules de la femme. L’homme sortant de sa torpeur, parlait de Saint Patrick et de l’attachement qu’il avait pour sa terre natale, l’Irlande. Les minutes, les heures, du milieu de la lente procession humaine, paraissaient longues, interminables. Cris, hurlements, chuchotements, voix fortes, sirènes crissaient les nerfs. Un vent frais balaya la baie de l’Hudson, ô miracle, le portable de la vielle dame se mit à sonner…Leur fille était au bout du fil ; l’autre matin panne d’oreiller chez un petit ami. Le groupe sauta de joie et de bonne humeur. L’irlandais ressuscité hurla : «…béni soit ce fils de pute !Béni soit ce FILS DE PUTE!...». At home,il y aurait quelques  explications…

          Non sans avoir échangé quelques adresses et numéros de bigos, nos amis laissèrent le couple savourer leur excitation. Parmi le désastre, une histoire qui finissait bien. Mais pour combien d’autres glisseraient vers un drame perso ?...Prérogatives avancées : les avait-on informé d’opérations d’une telle envergure ?... Questions sans réponse, le réveil d’une Amérique de petites gens qui ne se connaissait pas d’ennemis aussi acharnés ( au point de les détruire) secouait le continent neuf pendant de longues semaines. Bop prit congé de Moria et Max. Une bonne douche. D’un profond néant de fatigue, le sommeil s’empara de sa conscience amiantée. La journée l’engloutit. Et ce ne fut que pour réapparaître tard dans la soirée. Muscles fourbus, haleine sèche…Comme une gueule de bois, la journée lui revint en mémoires. Café amer et plusieurs coups de fils. Au patron ,Wenders, «OK, pas de boulot pour l’instant, je comprends,…on se revoit plus tard ,bye .»… A ses potes de France ,«oui, tout va bien». La famille, un vieil oncle viticulteur dans le Roussillon s’inquiéta également. Puis nous étions à nouveau à NY-City, dans le soir mordoré à écouter le radioréveil …le plus marquant était cette neige de paperasses épaisse, dense, surréaliste. Un ciel de papelards et de papelards ; des gens étaient morts pour de la paperasse et les macérations d’un chromo cavernicole… Les rêves de Bob n’étaient pas de changer le monde, mais une Commando Spéciale, une Cosworth 916S et une cabane sur le Pacifique – rien que du banal…Ce qu’il venait de vivre dépassait tout entendement. Les Converse coagulées de la veille ne le contrediraient pas. Sur les ruines du monde moderne, des canalisations de flotte éventrées mélangées à des tombereaux de microparticules fibreuses de toutes sortes, isolants, plâtre, béton, ciment, cartons, plastiques, s’étaient figés à ses baskets. « …L’annexe WTC3 (bâtiment 8),par( …)mesure de sécurité, fut plastiquée,(…) dans la matinée sous la houlette du maire Giordano…bzzz,blip… »,crachota la radio entre flash spéciaux et intervenants concernés – ce qui fit déblatérer un peu plus en Europe sur le Grand Satan, G.W Bush, et qu’il aurait dynamité lui-même les twin towers...La pute francaoui de l’info se mettait à quatre pattes .Des tickets de rationnements jusqu’à l’assassinat de J.Moulin, on ne se refaisait pas. On assistait à cette montée de  soutien à l’intégrisme sous prétexte qu’elle était le jugement dernier des «peuples trop longtemps opprimés». Un des nombreux points de transformation du communisme – après la chute du mur -  était qu’il ne manquait pas de ressources à l’emboucanement général. Sous diverses entités, la sape de l’humanité, par interventions diverses et stériles frappait les esprits sains sous un concoctage d’avertissements plus ou moins abrutissants. La montée d’internet se fit également sur des ragots – de là à constater que le web n’était qu’une source ordonnée de la bien-pensance il n’y avait qu’un  pas… « ils ne mouraient pas tous »,mais tous étaient désinformés, intoxiqués par ce qu’il fallait penser au moment ou il fallait le penser. Grotesque, mille fois grotesques… Une déliquescence, une pulvérisation – à l’instar du WTC - , s’emparerait des institutions, du politique, pour un engloutissement du monde tel que nous le connaissions. Quels esprits pouvaient  être aussi malades et malsains pour souhaiter une destruction totale de l’Humanité ?... La réponse aurait tout aussi bien pu se trouver dans la caboche de cuir d’un vieux con barbu des montagnes carburant à la psylosibine que de sinistres crétins ratant leurs œcuménistes vœux d’une fraternité interraciale, communautaire, sans connaître ne serais-ce qu’une infime partie des rapports de forces qui ont érigé l’espèce en un conglomérat belliciste, redoutable, imparable, qu’anéantirait l’assouvissement et l’avènement de «cerveaux reptiliens» géants greffés sur tubes digestifs à deux pattes. Bush - même sans passer par la case théologique -  avait raison en stigmatisant les «forces du mal ».Il n’y eut que ricanements de la part des envappé(e)s. Nous étions coincés dans la ventre de la baleine, régurgitant des litanies de délivrance sous le harnais des masques à gaz d’  «humanisses » engagés dans la destruction de leur propre espèce… Les hululements de la route à suivre sous concerts de protestations amusaient la galerie-fantôme d’une intelligentsia vendue, prostituée aux biens terrestres de consommations…Consuméristes jusqu’au bout du consommable. Des ordres à la vampirisation de l’espèce partaient de cavernes à l’ultra-technologie. Les envoûtements successifs aux ondes courtes crevaient le document «littéraire» avant sa parution. Toute une Messmérisation était en marche, un Oudinisme de pensée, un hold-up du bon sens. A signaler également,l’usage abusif de l’oxymore « métissage multicolore » (le «métissage», dont l’action est de tendre vers une uniformisation de couleur,quant à «muticolore», je vous explique pas…). Cette foutue merde satisfaisait autant les ordonnateurs concernés que les récepteurs dont l’avenir avançait en aveugle… «No Voices In The Sky» avait hurlé le groupe Motorhead sous la voix éraillé d’un leader bourré au speed…Le fracas des amplis de leurs grands messes touchait des stades où, comme Attila, la pelouse ne repoussait plus… Pour être vivant mentalement, il fallait se rendre hostile à la couche d’ozone des révisos. Comme dans «1984», résister...Alors seulement, on pouvait percevoir l’islam comme une «dianétique» bourrue de cette Scientologie de début de XXIème siècle. Une Renaissance, aïe ! au forceps…

          Quand la burqa, capote-grillage cadenassée sur la femme, fit son apparition dans l’hexagone, comme une immense provocation à la féminité, et pour tout dire à l’intelligence, les appariteurs firent leur laïus de commodité aux formes d’obédiences de ce qui leur conviendrait (sûrement !) le mieux…Comme toute bonne usurpation intellectuelle qui se respecte, l’hyper-tolérance avait fait la peau à la tolérance, comme si plus d’égalité élevait cette dernière à un stade de conscience supérieure. En cette circonstance, le philosophe Philippe MURAY nous avait prévenu de l’ «encore plus de droits aux droits…».Tel «Úhlava-berger-de-l’étable» s’enfuyant du bord du Styx, l’Europe perdait la partie une fois de plus. Ce continent – sous les avertissements répétés de son imminente balkanisation  –  se détruisait de l’intérieur abandonnée aux hordes de bêtes sauvages qui déjà s’illustraient en bricolant des geôles, des enlèvements dans les caves d’HLM, avant d’exécuter sommairement leurs victimes (Ilan HALIMI en 2006) …De même qu’une soixantaine de parlementaires feignirent de s'inquiéter du port de la burqa en France et réclamèrent la création d'une énième commission parlementaire consacrée à ce sujet – c’était pourtant les partis politiques de ces mêmes parlementaires qui avaient encouragé depuis 40 ans une immigration planétaire en continu. A l’évidence, ayant ouvert la boite de Pandore du méta-monde, ils n’en maitrisaient plus le couvercle, et accessoirement, les flux migratoires.

In fine…

       Ce sont également les gouvernements de gauche comme de droite qui ont fait l'apologie d'une illusoire intégration de communautés étrangères en rejetant toute idée d'assimilation nationale. Derrière le mythe de l'intégration républicaine, la réalité omniprésente est celle d’une désintégration ontologique des pays-hôtes. Dans le procès du meurtre d'Ilan Halimi, son bourreau Youssouf  Fofana ne s'était pas fait supplier pour vanter ses qualités d’es-gestapiste. La cour a commencé par lire les dépositions des témoins qui n'ont pas répondu, ou n'ont pas pu honorer leur convocation par peur des représailles. Il y avait les déclarations du père de Fofana. Il a raconté aux enquêteurs qu'il était arrivé en France en 1973, seul, alors qu'il avait déjà trois enfants. Bizarrerie familiale, sa femme l'a rejoint quatre ans plus tard, les enfants des années après… A l'époque, il avait dit qu'il venait pour une «aventure», puis un travail comme vitrier succéda à cette dernière. Quand sa femme est arrivée, ils se sont installés dans le 12ème arrondissement de la capitale. C'est là que Fofana a grandi. Son père a raconté aux policiers se souvenir que lorsque son fils était petit, il avait un problème au cœur, qu'ils ont fait des examens, que ce n'était pas si grave. « Nous n'étions pas riche, mais avec le peu d'argent qu'on gagnait, on arrivait à s'en sortir ». Le père de Youssouf Fofana a confié que son fils avait eu « une enfance sans problème », il « travaillait bien »,etc.… Alors que, manifestement, on nous baladait en dehors du  sujet, Fofana avait mis les pieds dans le plat en éructant son cri de guerre : «derrière chaque problème, il y a un juif !... ». » Quand on lui a demandé en quoi Ilan Halimi pouvait être responsable des problèmes en Afrique, Fofana a persisté,   « c'est un juif ».Puis, se rétractant, il a répété qu'il avait décidé de tuer Ilan Halimi parce que sa famille n'avait pas payé son enlèvement. Il a ensuite dit qu'il comprenait la douleur de la famille de ses codétenus !(sic). Mais voilà, « j'ai fait ce que j'avais à faire », a-t-il indiqué. A la barre, le waffen-SS Fofana avait un petit papier (et un petit sourire, en permanence…) sur lui pour citer quelques sourates du Coran – qu’il connaissait à peine, pas besoin…  -  pour justifier son antisémitisme. Ce qui fut également révélateur d’une situation plus répandue que prévue était que FOFANA voulait devenir un «grand chef de guerre» en Afrique. Un codétenu confirma le vœu pieux de ce dernier…Alors que le chant du bourreau montait dans les contre-ut et le huit clos, l’hexagone était incapable de tenir les comptes de ces meurtres rituels, tribalisés, voulus en réponse exacte à la spoliation et les pleurnicheries – toujours les mêmes… - au droit et à la culture des migrants de l’Afrique du Nord et centrale, sans cerner toutefois les pourtours de la dite-culture, fluctuante selon les humeurs du moment. Ne serait épisodique que la rareté de leurs faits, mais depuis cette bonne quarantaine d’années, les prisons bondées, regorgeront d’une population où la simple suspicion d’appartenance ethnique pouvait être passible des tribunaux… Combien d’autres procès à la qualité médiocre où d’assassins minables se succèderont, justifiant la folie et l’envie avant de se fourvoyer dans le combat international que ceci était bel et bien une guerre mondiale et qu’il n’y avait pas de second degré à interpréter, ainsi que des mesures d’urgences seraient à prendre avant le clash final…Paul VALERY avait annoncé que les civilisations «étaient mortelles»,mais nous ne savions pas trop comment, alors que le spectacle de leur liquéfaction se déroulait sous nos yeux. Un paradoxe que l’opposition ne relevait même plus, trop affairée à leur hyper-carriérisme… Si les commentaires sur «l’axe du mal» leur paraissaient obsolètes, les désaxés-critiques attendaient toujours quelques définitions sur celui du bien, qui, comme un culbuto, reprenait son discours sur le «pacifisme», les bienfaits de l’immigration submèd. et le grand mix de la «diversité métissée ». Donc, à l’Ouest, rien de nouveau, et depuis des lustres… « Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. » ,nous avait prévenu l’inénarrable président algérien Houari Boumediene. Quel farceur!...Puis un autre message, plus près de nous, glanée à la sortie d’un lycée de banlieue «difficile» «Les Blancs sont plus faciles à choper, ce sont des bourgeois, qui ont peur. Dès qu’on leur dit: “Donnez votre portable”, ils le donnent sans se défendre. Ces Blancs, ils ont peut-être galéré pour avoir leur argent, mais, par rapport à nous, ils sont plus éduqués, c’est pas comme les Arabes. Si on les attaque, eux vont se défendre. Mais on ne se vole pas entre Arabes et Noirs. On se tient entre nous, peut-être parce qu’on est tous des immigrants.»…Et sans complexe, le passé aussi nourrit la colère d’Awa, une Sénégalaise de 19 ans : «Les Blancs ont trop fait souffrir les Noirs. Nous, on pourra pas oublier l’esclavage. Peut-être que c’est à cause de ça que tout ce qui est blanc, c’est notre ennemi.» «S’ils ne nous avaient pas vendus(…), l’Afrique serait riche aujourd’hui. Ils ont volé notre richesse, on va foutre la merde ici jusqu’à ce qu’ils soient fatigués », pouffe sa copine, une Malienne née en France mais qui se sent «africaine». «On est ici pour faire de l’argent, et on repartira après.» .Ces quelques facétieux  messages à l’intégration, typique d’une jeunesse à double nationalité ne donneront aucune matière à réfléchir sur ce qu’il serait convenu d’appeler un voile pudique jeté sur le débat public - du moment qu’il restait le sport, le cinéma et d’autres paradigmes de réussites sociales sans préciser qu’ils ne constituaient à peine 0,001% de la population d’origine immigré, le replâtrage consensuel était sauvé…Le 93,département de la Seine St Denis vit disparaître en une espèce protégée le FDS français de souche») et revitalisé les combats interethniques de gangs, de bandes, aux issues mortelles. L’œil narquois télévisuel annoncerait les scores grandissants un peu plus chaque jour. L’empire moral et toute une batterie de lois ne permettraient pas de mettre en doute cette «chance» inespérée d’aborder l’avenir sans se tromper; l’antiracisme au plus haut de ses tromperies sur la marchandise… Sans distinguo entre «races» et «religions», les polémiques iraient des unes vers les autres en une rhétorique élastique. Point d’orgue de ces égalitaristes sécessionnistes : un Noir qui vote pour un Noir parce qu’il est Noir était le bienvenu. A l’encontre d’ un Blanc qui voterait pour un Blanc parce qu’il est Blanc serait passible d’un procès en «hitlérisme».Puis dans la formule du non-sens, un âne braillard en costume croisé trouverait que c’était de la «discrimination» même avant qu’un de ses apôtres-nains ne rajoutasse  «positive» - comme si un handicap majeur ne pouvait se constituait en déficit, mais en atout!

      En de futures spéculations d’où les pays abandonneraient leur souveraineté au profit d’une dilution mondialiste ,Fofana était donc cette fameuse «pépite» désignée par « MARTINE ET SÉGOLÈNE VONT A LA PLAGE »,  pour refondre les valeurs morales de l’Occident. Vocabulaire excessif, l’autre lieu d’impact de ces deux hémisphères se situera manifestement aux plus hautes instances des directives politiques(ONU) sous la forme d’un néologisme inventé pour la peine, l’«islamophobie» comme pour les «germanophobes» et autres phobies du genre sonnant véritablement le creux. Mais comment ne pas avoir quelques inquiétudes devant le sermon diffusé par la chaîne de télévision officielle de l’Autorité palestinienne en 2000, par Ahmad Abu Halabiya, un membre du Conseil de la Fatwa (dont les membres sont nommés par l’Autorité palestinienne), déclarait ceci :«Allah le Tout-puissant nous a ordonné de ne pas nous allier aux Juifs ou aux Chrétiens, de ne pas les apprécier, de ne pas devenir leurs associés, de ne pas les soutenir, et de ne pas signer d’accords avec eux. Celui qui fait une de ces choses est l’un d’entre eux, comme Allah le dit : « Ô vous qui croyez, ne prenez point les Juifs et les Chrétiens pour alliés, parce qu’ils sont alliés les uns avec les autres. Quiconque parmi vous les prend pour alliés sera en effet l’un d’entre eux (…) N’ayez aucune pitié sur les Juifs, n’importe où ils sont, dans n’importe quel pays. Combattez-les, partout où vous êtes. Partout où vous les rencontrez, tuez-les.». A n’en point douter, les tartuffes de la farce à l’islamophobie avaient déjà la tête sur le billot… De la même cuvée, en décembre 2004, Kofi Annan présida un séminaire onusien consacré à l’ «islamophobie», expliquant avec la plus grande gravité et la plus grande rectitude morale : « (…) lorsque l’on est contraint de forger un néologisme pour décrire la généralisation constante d’un préjugé, c’est d’une évolution bien troublante, bien attristante, qu’il s’agit de rendre compte. C’est ce qui se passe avec l’islamophobie. Le mot est apparu semble-t-il à la fin des années 1980 et au début des années 1990, mais le phénomène lui-même existait depuis des siècles (…) Le poids de l’histoire et les répercussions des événements récents font qu’aujourd’hui beaucoup de musulmans se sentent blessés et incompris, qu’ils s’inquiètent de voir rogner leurs droits et qu’ils craignent même pour leur personne (…) ».Bigre, ce mec ne devait pas habiter les mêmes quartiers que ceux qui interceptaient les balles perdues…Quant aux parangons «droitsdelhommesques»,l’islam ne les avait pas oublié : « Tout homme a le droit d’exprimer librement son opinion pourvu qu’elle ne soit pas en contradiction avec les principes de la Charia ; Tout homme a le droit d’ordonner le bien et de proscrire le mal, conformément aux préceptes de la Charia (…)».De quoi se retourner dans le panthéon des Lumières…Le bel extrémisme de la gauche prolétarienne a aussi donné l’exemple de l’antisémitisme  moderne sous couvert (une fois de plus) d’un autre néologisme, l’ «antisionisme». Ils ne badigeonneront pas les portes des commerces juifs de l’étoile jaune, mais presque…Les «indignés» permanents de la bande de Gaza qui ne savent pas ce que prendre des obus, tirés du Liban, sur le coin de la tronche veut dire pourraient retirer leurs cartes du Hezbollah, Hamas et de toutes ces charmantes organisations humanitaires sans coup férir. Une pierre d’angle non négligeable à l’adoption de l’islamisation en Europe. L’importation des conflits du Moyen-Orient sur le territoire national n’était pas du à la loterie, mais bel et bien au zèle  du militantisme de gauche…Entre nous, ce dernier aurait tout aussi bien pu s’abstenir sur cette dernière option et s’attribuer une reconnaissance populaire,mais le feuilleton à rebondissements israélo-palestiniens était trop bien parti pour s’arrêter en si bon chemin. Les crimes de l’islam noyautant ces organisations ne furent jamais commentés par la faucille et le marteau. Question d’héritage de pensées, ils valaient bien ceux que Staline avait commandités par dizaines de millions dans les fins fonds de la Sibérie. Et c’est aussi en bonne compagnie que nous allions vers de la haute trahison, à la sortie d’une longue léthargie nationale, peut-être…De l’ONU, disais-je, un VEDRINE du déshonneur de la France, haut fonctionnaire des ventes d’armes «franco-Afrique» sous la Mittérandie, qui laissera un bon MILLION de rwandais se faire tailler en pièces (à la machette, par économie), se rappellera à notre bon souvenir en vendu au pétrole des mollahs également, et qu’il s’entendrait à faire respecter la loi islamique en Europe! En tous les cas, après l’acceptation du voile, de la burqa, des régimes spéciaux alimentaires dans les cantines, et d’autres provocations diverses, nous devrions aller - d’après les rogatons de la presse ET de la politique - incessamment sous peu, vers la charia et son application... - Oh, si quelques lecteurs perdus entre ses quelques lignes «néo-nazies»,  «fascisantes» fleurant bon le souffre, et à vrai dire caricaturales, se refuseront à se poser les bonnes questions sur ces nouvelles organisations communautaristes (CRAN, LICRA,MRAP et les «Indigènes de la République») qui ont baptisé les FDS (français de souche) en «souchiens» et considérèrent que ce sobriquet est une distinction fondamentale avant élimination totale (où soumission), alors là, oui, «aléa jacta est !» – notre sort en est jeté!...  -  Pour la critique de toutes ces avancés spéciales, «un anticommuniste est un chien !», s’écriera encore Jean-Paul Sartre en 1961…Faudrait-il se pincer, mais étais-ce bien cette même intelligentsia qui publiait ARTAUD,en 1947 ?...

          Matérialisme et superstitions : Angleterre, Danemark, Pays-Bas, Suède, Belgique, Espagne, Portugal, Etats Unis, Philippines, Somalie, pas un seul coin de globe ne regorgeait de la main basse de l’islam sur les autochtones. Pas une seule province ou un seul jour ne passe sans que de troubles importants furent  liés à la population subméd’. Rackets, insultes, vols, violences, les jeunes (et moins jeunes) blancs se verront humiliés jusqu’au moment ou quelques révoltes éclateront, indubitablement… «jeune»,mot frelaté à l’usurpation tranquille assurant un paternalisme bienveillant comme le constat, en 2009, de 10% d’une population autochtone avec une prédilection de «minorité visible» (l’urgence serait de réformer le vocable, en priorité!) de plus en plus visible et de moins en moins minoritaire – voire 65% d’allogènes autour de 2050 – et une disparition totale de l’autochtone en 2080 … D’incivilités qu’amèneraient poliment une redoutable guerre civile (d’où les immanquables abandons de l’Europe-ONU en Bosnie-Herzégovine, Srebrenica de 1995) … Le sang frais s’étalerait en retournements  que l’Histoire ne saurait prédire. La sensibilisation aux massacres de musulmans d’hier pourrait tout aussi bien changer de braquet. Evidemment, personne n’était attendu pour en ajuster le fonctionnement, voire le déclenchement -  à considérer que les crises économiques mondiales possèdent un terreau suffisant et que les graines se mettent à germer en déclarations de guerre plutôt qu’en Déclarations Universelles. Quant à nos ami(e)s «bloqueurs» mandatés des sciences infuses de la géopoilitique, atteints d’obamania aigüe de toute une filiation - du 11/09 jusqu’à l’avènement du Président Noir Borat OBAMA, élevant les symboles encore plus hauts de leurs macérations revanchardes (loi TAUBIRA sur les morts-de-faim du néo-colonialisme…), il serait de discrétion notoire d’en quémander la suite des opérations.

     …(check-point off,commentaire d’internaute…« .. C’est marrant, chez nous au frankistan, c’est l’inverse, il nous faut des crèmes pour ressembler à des «renois».Oh putain les «renois», ils sont trop intelligents depuis qu’Obama a été élu président, ils sont trop musclés, ils ont des grosses bites, ils courent vite et jouent trop bien au foot…Mais c’est des extra-terrestres ou quoi ?On se demande juste pourquoi ils vivent encore à l’age de pierre en Afrique…Ah ben oui, c’est des philosophes aussi, j’avais oublié… »).

        Les étrons encore frais étalés sur les murs des facs bloquées nous poussent encore à quelques réserves. Ces messieurs-dames trouvaient «révolutionnaires» l’élégance de chier à même le sol des classes et bureaux occupés…Mais leurs braillardes niaiseries valent bien le silence tacite des Français,Françaises,concernées sur le devenir de leur nation paupérisée,vendue,bradée au constat de ce qu’il faut bien appeler une profonde décadence-pépère d’où les infiltrations de ces pseudo-révos ont atteints les hautes stances d’un pouvoir politique corrompu. Et oui,fautes de grives,on bouffe les merles…Même si demain, Hamadinedjad pourrait se payer le luxe de nous cracher à la gueule – comme Mohamed KHADAFI, rappeur déchu,mais bien branché sur la fréquence «islamabad.com ».Que le bourgeois hexagonal de sa gentilhommière normande puisse se retrouver,un jour, avec une kalach collée sur l’occiput, c’était tout le bien que Bob pensait de cette incurie politique minéralisée typique de l’Europe de l’Ouest. Avant qu’elle n’atteigne les States et sa destruction imminente?... Anti-capitaliste, commerce équitable, euromondialiste, énergie renouvelable, écosystème, discrimination positive, toute la panoplie-novlangue de ceux qui décryptent les «signes» du présent à notre place, les voyants-contribuables inscrits sur les tablatures maçonniques (un pouvoir qui ne dirait pas son nom ?Impossible!...). Et sur quelle bienveillance,une voiture brûlée était un «signe d’amour de celui qui tentait d’entrer en communication avec vous…»?... Les bassesses de l’interprétation socialo-compulsive iront jusque dans les retranchements ridicules de l’escroquerie intellectuelle la plus vile. Le «propagandastaeffel» sanpapiériste et tiers-mondiste CALI, au Stade de France, franchira le Rubicon avec ce texte mémorable tiré d’une de ses «chansons» ; «… Est-ce que tu te souviens de l’enfant africain qui vivait en dessous De ses parents raflés  Des fusils de la honte qui encerclaient nos écoles, je n’oublierai jamais Nous sommes des milliers, un fleuve extraordinaire Notre force est sublime, elle emportera tout Et s’ils essaient encore ils se frotteront,blablabla… »….Fusils, rafles…Oui, outre le narcissisme appuyé,admirons la syntaxe subtile et laissons le mot de la fin à un de ces fans (Nicolas) les plus respectueux : «Quelle voix horrible… et quelles paroles affligeantes et dégoulinantes de «bons sentiments»  tiers-mondistes. Une raclure pareille mérite toutes les tomates et tous les oeufs pourris de la planète. On devrait lui déverser les égouts de la Courneuve, remplis de harissa, sur la tête. Il faut être bien bas pour aimer ce genre d’ «artistes»…».

           « …le processus, alors, serait en MARCHE !», nous dit TERGUIEFF(CNRS)... Par ailleurs, de leurs poubelles publicitaires «mixolâtres», les antiracistes qui s’étaient convertis à la religion du «métissage culturel» se trouveront sans voix devant certaines formes caractérisées de rebrousse-poil épidermique de «refus à l’hybridité culturelle», par exemple (encore) chez les femmes musulmanes dans nombre de pays européens,dont la France et la Grande-Bretagne. Comment interpréter la pauvreté conceptuelle des sociopathes en ce rejet du projet normatif supposé séduisant, sinon un souhait des élites mais une redoutable crainte des masses ?... Eugénisme plurielle, les bons mots issus de l’ivraie eurent grand train («La France, c’est comme une mobylette. Pour avancer, il lui faut du mélange», «Super, la France marche au mélange !», «nous sommes tous des métis (CHIRAC)»,etc.). De quoi alimenter la persécution du dictionnaire pour un bon bout d’temps !…En dépit de ses propres enivrements (sur le mix), ce qui fut foutrement déconcertant,c’est l’absence totale d’éventualités négatives,choses rarissimes dans un programme d’ensemble où tout irait vers le mieux …Pour ceussent  qui sont censés propager prospérité et sécurité,un projet-bulle aussi bien hasardeux. Il suffit d’admirer le sourire béat du célèbre mondialiste J.ATTALI  pour s’en convaincre. En tant que MC de la «pensée-nomade» post-bobo et «consultant» de gouvernements successifs, ses pitreries mégalomanes de Grand Ordonnateur eurent de quoi amuser la galerie, et accessoirement vider les caisses de l’Etat Français (en 2050, de quelle province fédérale parlera-t’on?...). Frère Jacques,dés fois que les voies d’extinction naturelles du toubab tarderaient trop,militera également pour l’euthanasie industrielle au travers de ses crises épistolaires …«L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figure.(…) Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c’est la liberté, et la liberté fondamentale c’est le suicide ; en conséquence, le droit au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société(…) L’euthanasie deviendra un instrument essentiel de gouvernement. ». Extraits de "L’homme nomade", Ed. Le Livre de Poche, 2005…

         Ce bouffonnant Nostradamus des temps veules et anémiés préfigureront en anathèmes ceux de la période festive et des récompenses à une échelle encore plus grande – comme le festival de Cannes 2008 ou le palmipède nominé d’une crétinerie soumise,«ENTRE LES MURS», film de Laurent CANTET, tiré de l’«œuvre» de BEGODEAU,nous narre par le menu comment un abdicard professeur de l’éducation nationale tombe sous les coups de cette formidable diversité de couleurs,qui secrètement,rêve de le voir crever… Toute l’astuce,la substance,la strychnine du film repose sur le redressement «pédagogique» du «vivre ensemble»,du «il est interdit d’interdire» ou l’on conjugue Ben Laden avec le Rimbault scolaire. Gonflée comme une outre,la morale post soixante-huitarde se pavane d’une légitimité internationale...Et c’est un Sean PENN nouvellement désintoxiqué,en personne,loin de tout et le regard vide de sens qui remet la distinction à l’ahuri de la classe.Le cinéma zéropéen a les diafoirus qu’il mérite…Mais, à quelques coups de winchester de là, ADJANI prof dans la bobine : «LA JOURNEE DE LA JUPPE» ( …anti-Bégodeau, commandité par Arte) fait cas d’un état de détresse et d’impuissance à exercer son métier de prof sous les menaces diverses et variées avant de finir sous les balles d’un GIGN rédempteur ; on ne touche pas impunément à nos «pépites»... Nettement plus intéressant sur le discours, sa notoriété et ses échos furent beaucoup plus confidentiels,comme un cheveu dans le potage, juste avant que ne s’embrasent d’autres regrettables «incidents» en banlieues à l’aide la novlangue ( «Cocktails Molotov» subit le transformisme subtil de «bouteilles incendiaires» comme pour un coca qui tournerait mal…).Donc l’autorité bafouée et remise à l’ordre du jour terminera sa course,sous l’œil mouillé de normaliens en bernes, dans une mare d’hémoglobine. Il l’avait bien cherché. Les Huns en ricanent encore.

          …In fine, il serait totalement partial (et revendiqué comme tel) d’affirmer que, sans avoir jamais eu à tirer un seul coup de feu, et rien que sous une menace démographique montante, sous les tropes de substitution au communisme défunt ( l’ «antiracisme » ), l’Homme Blanc risque de disparaître avec pas plus de bruit qu’un pet-de-lapin sur une nappe de velours…Un contresens historique. Et sans consensus visible, l’opération serait presque parfaite…Bien. Maintenant, il semblerait qu’après les guérillas urbaines, l’anthrax, les armes de destruction massive et le métissage à pas cadencés, la situation ne reste en l’état…Une attention plus générale ne saurait se satisfaire de résultats médiocres que procurent ainsi les politiques, zélotes toutes plus arrogantes les unes aux autres. Une défense, une absence de compassion peu commune ni dissertée aux droits des survivants. Et quand même les mots seraient-ils vides de sens, détournés de leur contenu initial, une « invasion » devient une « catastrophe humanitaire ». Et depuis quand ? 

          Les yeux perdus vers le pont de Brooklyn, Bob regardait les vagues lécher les pontils de bois. 

                                                                  …Michel REYES (an 08, après Ground-Zéro)

25 août 2016

Soumission : quand Lodève se donne des airs de Marrakech...

Les petits amis du festival "Résurgences" vous offraient ce moment délicieux où toute une ville tombait dans un orientalisme excessif. Vu les derniers évènements dramatiques de Nice, il semble le moment mal choisi... Était-ce un vilain rêve ou la méchante réalité?... en tous les cas, Lodève est une ville qui se détourne de la France...pour aller où ?...nul ne le sait...

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04 mai 2016

"La nuit,je mens,je prends des trains à travers la plaine..."

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« DRING !...DRONG !...peng !...shiiii ! whii-haaan !»...c’est drôle ce silence qui suit les massacres de masses. Toutes les équipes de secours vous le diront : on entend des sonneries venant de corps dont certains fument encore et que personne ne décroche...La journée, elles pensent encore qu’on s’intéresse à elles, qu’on les racroche, qu’on les renvoie, compile, interroge...ouais, comme quoi, de toutes ces anicroches, c'est toute la vie de nos petites prothèses; elles « rêvent de moutons mécaniques »... elles n’ont pas choisi d’habiter des hôtes refroidis intempestivement. Maintenant qu'elles ne sont plus rien. Juste des machines célibataires...« le téléphone pleure », disait Claude François, pharaon en son temps et dernier diable bondissant dans les matins d'optimisme béat.

Vous êtes resté à l’écart du tempo.

Vous avez eu de la chance.

Une veine de cocus.

Vous aurez pu y « rester ».

Et quand le conte pop vire au cauchemar, ce sont les dernières images du « Phantom of the Paradise » qui se jouent en vous. Brian de Palma en 1974,c'était pas de la p'tite bière. Swan Song. Death records...pfouh ! on ne dira jamais assez comme ce Faust à la sauce Black Sabbath fut prémonitoire. Même le héro romantique en « John Lennon » (forte ressemblance...) y stagne vers la décomposition, et poussant son chemin de Croix en glissant tragiquement sa face sous une presse-à-disques. Ce symbolisme retentissant, c'était d'une violence inouïe.

A l’époque, j’étais scotché.

A l’époque, je n’étais pas surpris du futur. Quand les films sont bons, ils ne peuvent mentir. « L’art, c’est l’homme ajouté à la nature », disait Van Gogh... Nos portables qui êtes aux Cieux, faites que leurs propriétaires soient sanctifiés. Faites le nécessaire. Joignons nos mains. Ces petites boites de bakélite communicantes abandonnées comme des chats de fourrières, au gré de l’instabilité du marché. "Allo ! Allo !"...ouais, voilà bien le cri du cosmos en vente partout.

Mais foin de cynisme, ce n’est pas comme si on ne le savait pas, tout ce tintouin ....comme si on ne l’avait pas prévu, dorloté, choyé dans des univers mentaux, prémonitoires, avec sa côte suffisante d’alerte, psychédélique pour les uns, incongrue pour les autres. Les Eagles Of Death Metal, hors du charnier natal, donnaient un concert au Bataclan ce soir-là. Pour la suite, je ne vous apprends rien... Le death  métal est devenue le matériau du réel, mort et froid, avec quelques glouglous cybernétiques. Et non, ceci n’était pas une pipe!...Les aigles n’ont pas tournoyé dans un zénith pop et glorieux, glam. Les sonneries ont tinté toute la nuit jusqu’au bout de leur batterie. La débâcle. La Bérézina. Stalingrad. Guernica. La Nuit des Longs Couteaux. Massacre de saints innocents... c'est fou ce que l’équarrissage permanent augure en vous des poussées de violence, des crises urticantes, régulières, à ces descendants de l’immigration à CNI (Carte Nationale d’Identité Française). Ils se sont faits sauter, ils ont fait feu, mutiler, estropier, entamer une Saint Barthélémy solitaire, une danse de Saint Guy sur l’autel de l’immigration saupoudré de sacs de riz, nos aides. Gonflés aux zodiacs des sauvetages en mer, le temple de la mise à mort a bien mis les voiles, aboli les transfuges. Le trop plein de services rendu en sévices...d'ailleurs,services secrets algériens, libyens, irakiens, FIS, GIA, OLP, IRIS, DAESH, Frères Musulmans...et si c'était un peu de tout ça à la fois?... Le clavecin est bien tempéré, la France est haïe, poussée en boutes par la Gauche, excusée par la Droite...Foin également des discours de pleutres, de bisounours, plein de poutous à l'univers entier, areuh!areuh!le cœur ouvert et gros comme ça, à prendre une craie en réflexe pour dessiner des p'tits cœurs sur le goudron, cramer  de la bougie, du réchauffe-plat, chanter du Lennon sur des pianos à queue et à roulettes (épatant...).

Nos colons, ils ont pour mission de descendre les populations autochtones?

 
Il n’y aurait que la Gauche, fâchée avec les mathématiques qui ne comprendrait pas le remplacement en cours...
Il n’y aurait que la Gauche qui a encouragé cette lutte incessante contre le «racisme», «l’esclavage», et le plus beau de tous les ectoplasmes: la «colonisation»...

Il n’y aurait que la Gauche ?...

Non...il y a les copains de la Droite, les lapins apeurés qui rentrent les oreilles quand les discours de la gauche se font menaçants, rédhibitoires, prêts à dégainer le 11-49 : ces fameuses « valeurs de la république », celles qui nous ont amené à sceller les cercueils de dessinateurs, de flâneurs, d’écouteurs de Rock, d'incertains (et même de gauchistes!). 

Selon une simple déduction euclidienne, les anciens « colonisés » seraient devenus les bourreaux de la France, «Mère-de-tous-les-vices»?...pour vous dire à quel point il n’y a plus de pilote dans l’Eurocoptère!...

Et Brian De Palma ? qu’a t-il fait mon bon, ce monstre voyant new-yorkais abreuvé de Nouvelle Vague et d’Hitchcock?... Sagouin anamorphique. Trucideur d’optimisme. En abandonnant le navire de la médiation intellectuelle, les gargouillis pénibles des raisonneurs, il a gardé la logique et les inquiétudes de l’oncle Alfred : « filmer un innocent qui se débat dans un monde coupable... »D’un pessimisme noir, la peloche du "fantôme".

La vie,c'est moche et d’une violence inouïe...Oui, mais d’une lucidité totale, morbidenzen! Il faut garder les pinceaux sur terre. Quand les moments s'emballent, les bouddhistes ont conclu un accord : le Nirvana, instinct de mort. Irréfutable, en 1974, le ton cinématographique était aux grincements de dents. Mais on voyait comme d’autres ont su entendre ce futur spectaculaire... Vol au Dessus d'un Nid de Coucous. Délivrance. Les Chiens de Paille, Apocalypse Now, Voyage vers l'Enfer, Rosemary Babie, The Rose, Soldat Bleu,le bilan s'alourdissait...Et combien de gens ont su voir réellement ?...Et à quel prix ?...
Nous sommes embarqués sur le manège du psy-show et des lois de Murphy : le plus terrible finit par nous arriver. En rentrant dans le tunnel, c’est le clown armé qui va foutre la trouille. Les filles vont hurler, les gars vont tomber. Théâtre inquiétant. Après le silence et la poudre, ce fut la Nuit des Sonneries Sans Maîtres.
Swann est revenu.

 coolcoolcool.

17 avril 2015

Comment j’ai sauvé la France le 20 Septembre 1970 à l’Olympia…

concert-discotheque-il-faut-baisser-le-volume.jpg« …il pleut sur Paris, il pleut sur la Boisserie. Il pleut sur l’Arc de triomphe, il pleut sur Notre Dame, il pleut sur le minuscule cimetière de Colombey-les-deux-Eglises. Il pleut sur le char qui porte le cercueil ceint d’un drapeau tricolore. Il pleut sur les grands de ce monde ainsi que les petits anonymes qui se pressent. Il pleut sur les capelines des flics ruisselant au milieu des automobiles embouteillées. Il pleut sur les jeunes qui s’agrippent aux branches des lampadaires. Il pleut sur les Légions d’Honneur, sur les héros de la Résistance. Il pleut, il pleut. C’était le 11 Novembre 1970, on enterrait le Général De Gaulle… »

Wouaoh!…qui a dit qu’Eric Zemmour n’avait pas la fibre littéraire, l’épanchement de texte et le bon angle d’attaques ?... et comment qu’il l’enlève, le morceau, circonspect, coriace, concis. Le Zem en a marre, en mode de combat, capable de réagir...que ça me retourne la tripe dans tous les sens, la vache! On l’avait sous les yeux, dans le temps, et on ne le savait pas, oubliée comme jamais, la grande France est de retour : FRANCE IS BACK!...l’ode au général De Gaulle, trier le bon Général de l’ivraie. Du Général à la générale, c’est du grand Eric Zemmour... On le voulait criblé de balles pour la postérité, mais il balance grave dans « Le Suicide Français » à la page 19 de son méga-livre. On le reniflait comme un garde-barrières d'une civilisation à peu près disparue, et il se fout à l'écrire! ...tant mieux, il faut laisser les sacs se vider, le fiel se répandre, annoncer la fin, ne pas en perdre une miette, laisser les moralistes vider la baignoire... Zemmour le calligraphe, on dirait Chateaubriand, Grand Meaulnes, Maurice Genevoix sur fond d'étangs, Proust à l’heure du thé, Bernanos à Majorque et le quidam qui croit encore naïvement aux coutures sur les pantalons de suivre... Foutraque que ce merdier, l'égout de la télévision et son suivisme, là ou les étrons communient dans le même collecteur comme l'aube, en forme de fer-à-cheval... Tout un tombereau de questions vient à l’esprit, même que je me suis dit, et toi modestement : « …kess tu foutais le 11 Novembre 1970 ?... »…naan…souviens pas…ou plutôt SI... j’étais cloué sur une machine grasse et arachnide, elle-même rivée au sol.Dix heures par jour à tourner des pièces de métal, en faisant gaffe qu’elle ne me bouffe un bras, ou une main… Et si ça avait été le cas, on m'aurait collé des prothèses de fer avant de passer à autres choses. La folie sociale est un suivi complet ou chaque "incident" de parcours est scrupuleusement annoté d'une épingle de couleur par membre déchiré, de la perte d'un organe, sur une grande carte sensée représenter la babouinerie qui vous emploie... De s'y laisser prendre était grossier,mais on avait fini par dompter ce qui restait en moi de vivant, d'unique et d'obscène socialement.Coller au troupeau humain,des milliards d'esclaves en méditaient le sens à 20.000 lieux sous la terre, entre quatre planches bon-marchés, voyages merveilleux. On a beau danser sur le bord de l'assiette, on se fait avoir. On se fait tous avoir. Dans le trompe-couillons, on ne peut pas toujours gagner,ils sont trop nombreux et arrivent de tous-côtés à la fois. Notre faiblesse sont les aspérités que leur monde a fini par graver sur nos rêves comme pollutions notoires, et par tranches de 90 minutes en sommeil paradoxal...Paradoxales tranches de fou !... on ne croit pas si bien dire...perché, vous l'êtes. Rangé,ils veulent...mais je me rappelle ce 20 Septembre 1970, ah çà oui !des vilains Brits étaient venus à l’Olympia nous asséner un méchant coup de goumiers derrière les oreilles. Ou plutôt DANS les oreilles…Ses Majestés de l’Empire du Mal, The Black Sabbath en personne daignait de leur visite nous affranchir d’une missive importante : le Diablôte est dans nos murs,merde alors!… Black Sabbath, quatre lascars dans le vent mauvais, des anti-Beatles, une confrérie de vampires précédant la chute d’Albion du suçon monarchique, le sinistre thatchérisme à venir. On pouvait ne pas aimer les britons, mais pas à ce point...Ils ont dérouillé nos bons Brits avec la "dame de fer"... ils ont "pris chers"...Paix à leurs âmes!... Si Lacan était encore de ce monde,il aurait qualifié la dondon d’outre-Manche  de "tâte-cher". Mais "Là-quand", n'était-il pas toujours "là",de ce monde, "quand" dans l'interstice de l'humour par des résonances particulières, filiales, du peu de crédit que l'on prête au hasard?...spéculations sur l'imaginaire, le chien a pété sa laisse, il gambade comme un cinglé dans la campagne atomique. La mère "tas-de-chairs",personnage avarié,substrat & composite de l’effarement d'une monarchie en décomposition préférant sacrifier les mineurs du Nord de l'Angleterre,le sujet avait été lourdement banalisé comme on détourne la tête devant un accident de la route. Depuis toujours,au pied de l'industrie,de la science,de l'urbanisme, sous le masque de Dickens-Kipling and other, la littérature des grands bretons montre des relents insupportables de tyrans domestiques, de pedo-sadiques publics, mais personne ne vous le dira clairement, comme de nier que les océans parcourent les deux-tiers du globe, le monde grand breton domine les deux-tiers de la race humaine. Celui-là n'aura jamais honte de la "colonisation", il n'est pas logé à la même enseigne qu'une pauvre bille encartée au Parti Socialiste fondant des twingos pour exiger des monuments de repentir à l'"esclavage"...entre autres.  

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Bref, revenons à nos moutons de travioles... je me suis pointé à l’Olympia à 21 heures tapantes. La salle était déjà remplie de bipèdes en tout genres, employés de bureaux, situationnistes, Krishnas, maos, spontex, anars, ainsi qu’aficionados de blues, jazz, et les éternels prolos du rock (dont je tenais la chandelle...) et de filles mystérieuses dans le noir, glissantes comme des limousines rousses. Patchouli et odeurs de foins cramés, l’ambiance habituelle. Comme à leur habitude, les gauchos-situ avaient déjà foutus pas mal de concerts en l’air: Led Zeppelin à l’Essec, Deep Purple à Normale Sup ; le summum fut le concert de Franck Zappa à Montpellier à (l’ancien) Palais des Sports, Août 70 : toute l’entrée de verre ainsi que les guichets furent dévastés par une pluie de galets puisée à même l'entrée par cette gente différentiable dont on ne comprenait les raisons d’une telle fureur, sinon que les concerts de rocks devaient être « gratuits », sa messe se devait "libre", ses curés muets et obligatoires, sa majesté les thésards d'abord ... Vous voyez,on était gâté, les génies du blues fuyaient la France comme la peste, ils allaient porter leurs pénates électriques ailleurs, nous le devons à nos propres forces "progressistes"...Montpellier se marqua du sceau de l'infamie. La France était une maladie rare, curative de sa violence politique. En fait, après 68, j'ai rarement vu un pays aussi malade de lui-même!... La cité languedocienne s'est muée en une nouvelle RDA ayant pieds dans la méditerranée, au grand dam de la musique qui elle fut interdite « live » pendant pas mal d’années. Mais les mini-soviets ont toujours un train de retard, du retard à l’allumage, et de l'allumage dans le plafonnier. Insupportables petits flicards idéologiques, les concerts et la jeunesse étaient leur terrain de prédilection. Un pandémonium d'acariâtres bévues, ils s’y donnaient rencards. La société les rejetait ? Non,pas tant que çà... et avant elle, la Nation. Cette Nation, orfèvre de leur désarroi, les considérait comme un chapelet d’hémorroïdes qu’il fallait « tolérer » en attendant la pommade, la solution " H". La grande ère de la Société de Tolérance était ouverte, comme feu-les bordels de Marthe Richard... Et quand les succubes électriques, mal arrimés dans le concept de « Messe Noire » - faire rendre gorge au Diable -, ont avoiné la salle avec un « Paranoïd » survitaminé, il y eut un instant de stupeur, quelques hurluberlus reculèrent vers le fond de la salle. Hé! Hé ! ...et c'était la première fois que j'entendais un son de cloche aussi PUISSANT,Dracula sortait du domaine public,il venait d'être privatisé...à l’époque épique de détente et d’ouverture (Nixon en Chine), la façade ravalée, un quelconque dictateur bolcho de l’Est crut bon d'ironiser sur l'identification du "socialisme", la même que celle de Lénine. Aux émissaires envoyés par delà le Mur (et notre défaite à Stalingrad sur les troupes mongoles...) et du "Non à la guerre au Vietnam" n'en crurent leurs oreilles ; «Le socialisme, c’était les soviets plus l’électricité !». L’électricité, peuchère!...En l’occurrence, sous la perspective d'un Olympia moderniste, le communisme, c’étaient plutôt les chevelus de la Nouvelle Deutsch Gramophone!... Mais pour l’instant, les monolithes Marshall grillaient plein-pot l’air opaque de la Taverne de ce foutu Mont d'Olympe. La caverne où on donnait cette musique de "manège désenchanté", d’abord rejetée, puis assimilée, fut exploitée comme autrefois les mines de sel par les intellectuels de l'Est. Elle fut servie en plat de résistance à la fête de l’Huma. Au PCF, malgré sa descente vertigineuse aux Enfers électoraux, on attrapait pas les mouches avec du vinaigre. D'ailleurs,c'est à force de reculer devant les grands maux de notre société que nous nous "adaptons" à une certaine incohérence civile, et que dans le chaos, toutes les "idées" se valent. Par la force de sa multitude, il ne finit plus par y en avoir une seule de valable.

1502446479_2.jpgMais alors, QUI étaient ces fameux "réactionnaires" ?...

J'en avais entendu parler abondamment,la littérature de gauche en était truffés...Ce soir-là, j'avais beau écarquillé les mirettes, cherché les "forces de la réaction" qui entravaient la marche du progrès, de l'Art, du genrumain, toussa. Et de toutes ces putains de jérémiades, je ne voyais rien d'autres que ceux qui écrivaient les mêmes craques ; ils étaient prêts à foutre le bordel, empêcher le Sabbath de jouer,alors que personne ne les connaissait en dehors de la galette de vinyle intitulé sobrement "Black Sabbath"...le LP, côté face, plutôt victorien et "bella lugosi"... quand une jeune rouquine en capeline noire pose devant un manoir sur fond fushia perdu dans les branchages automnaux...sacrée galette pour train-fantôme et nostalgiques!...côté verso, on découvrait 4 portraits serrés de pithécanthropes velus et tassés au carré, puis la Croix jetée dans un coin ; un négligé de la famille Adams de ce que l'on a appelé pudiquement le "Hard rock"....l'époque était terrible de genres, elle en pondait un toutes les semaines ; il fallait donc suivre le train à cadences infernales. En l’occurrence, ce soir-là, à l'Olympia, rien de tout ceci, mais plutôt une lumière crue sur la scène enveloppant une musique brutale donnée sans ménagement. Ça sentait le souffre in vivo et les hippies présents n’avaient pas prévu l’coup. Personnellement, ni rien ni personne ne pouvait être aussi terrible que la bécane qui pouvait me bouffer un bras ou la main à n'importe quelle heure du jour. Donc, impatience formulée, j’attendais de voir la suite. Ce ne fut pas dégueu du tout, Satan tenait une forme splendide ; trois loubards sur quatre semblaient y croire et les Ho-Chi-Min, à peine une dizaine entassée au fond de la salle... et quand ils virent que le plafond ne leur était pas tombé sur le  coin du col Mao, ils revinrent à l’aise, à s’enhardir même des trompettes fêlées de cette Jézhébel psychédélique. Ils louchaient vers la scène et les travées, des travées vers la scène. Ils mijotaient un je-ne-sais quel coup fourré, un happening surprise, une « prise de parole », un de ces trucs tordus qu'ils assénaient au spectacle vivant, certain que la Science ne pouvait réapparaître que tronquée sans leur indispensable présence. Les situs n’étaient pas loin, les « mao-spontex » à portée de main...à ce sujet, bien plus tard, à l'aube millénariste, alors que je traînais avec Nono, un mécano qui perchait du côté de Magalas, et que notre principale activité était d’accommoder des bécanes monstrueuses,des rebus nippons bricolés à la hâte,puis de les chevaucher tout en avalant moultes pilules,bières et chips,bien entendu,nous fûmes arrêtés à une station services par la énième fuite d'huile de mon gros cube venant du cache-culbuteurs. Et comme nous ne faisions pas les choses à moitié, nous étions aussi en pleine montée de trip, des Monstres Verts achetés sans grand espoir thérapeutique à deux putes hollandaises qui tapinaient du côté de la gare de Béziers...mais là,oh la vache!...la vue se troublait et les chaleurs montaient au sommet du crâne avec des picotements dans les veines : le certificat que ce n'était pas de la daube, ni de l'aspirine...je crus voir un de ces trous-du-cul présents à l'Olympia ce soir du 20 Septembre 1970...puis deux, puis trois, puis QUATRE!...l'acide fusait direct au cerveau en feu, j'en fis part à Nono qui regardait fixement un extincteur écarlate collée à la pompe. Nono se balançait bizarrement d'avant en arrières...Les yeux plissés, en indien maboule, il m'a juste dit : "il faut les tuer...tous...jusqu'au dernier". Sa voix était drôlement étirée, fluette, passée à l'hélium, comme celle de Donald Duck. Et comme de mon côté, il en arrivait de partout et qu'ils disparaissaient sur la nationale à bord de leurs petites voitures, leurs gosses nous faisant des signes à l'arrière, nous fîmes le plein des bécanes pour partir à la chasse des "Olympiens bolchos du 20 Septembre"... je ne sais même plus comment nous avons pu payer l'essence, mais nous étions à bord de monstres pétaradant des Étincelles Célestes à la poursuite de sales cons qui en voulaient à Black Sabbath...la bécane de Nono, derrière moi, faisait une fumée violette tel le Char de Wotan s'abattant sur les trolls de la Shwartzbalden. Lui à gauche, moi à droite, nous rattrapions les petites voitures comme des jouets de bacs-à-sable...Nous en regardions intensivement l’intérieur...Et non, ce n'était pas eux, ils avaient du s'échapper par un trou dans la terre que nous avions du doubler sans nous en apercevoir...Nous fîmes tellement d'incessants demi-tours que nous avions perdu complètement le sens de l'orientation de la nationale...La langue et le gosier en feu nous sommaient de distinguer une gargote pour étancher de bières l'incendie présent, ma fois, fort agréable. Et c'est là que le miracle des défoncés intervint pour en poser une à l'entrée d'une forêt touffue, comme dans le début de "Shining"...Nous y posâmes les bêtes de fer en épis-de-blé, prêtes à bondir, et occupèrent une petite table en rondins, bien décidés à faire un plan de poursuites aux emmerdeurs du concert de Black Sabbath...dans ma botte droite, j'avais toujours une baïonnette allemande longue de 35 cm, en acier chromé et manche de bakélite noire tressée, une merveille de la Wermacht que mon grand père m'avait offert de son passage par la Grande Guerre. C'était la chose dont j'étais le plus fier au monde... Assis sur le dossier des sièges de bois cimentés,je gravais des plans implacables de copeaux frisés,comme je l'avais vu faire John Wayne (dans le rôle du général Mac Arthur). Tout en tailladant les plateaux de la grossière table de jardin, je parlais tout seul, croyant Nono à mes côtés..."Tu vois, on est là...eux sont partis par là...il faut qu'on leur coupe la route ICI!...et...", mais lui était parti chercher une gigantesque carafe et un sac de canettes de bières avec des glaçons au fond d'un seau incolore...un truc insensé...et je me demande, encore aujourd'hui, COMMENT il avait pu obtenir cet attirail de dingues, il devait y avoir un Dieu pour les défoncés...puis la bière descendue nous fit changer de fixettes,d'obsession,sur un flipper "Indiana Jones" que l'on devinait à l'entrée du bar,derrière la porte. Ses sens en communication avec les nôtres, exacerbés, clignotaient et n'arrêtaient pas de nous appeler..."Venez!...Venez!..."...le patron du bar et quelques vieux clients présents nous payaient des bières,des bières et des bières. Cet après-midi là, il y avait quelques choses de magique, d'apaisé, d'inouï, parce que les patrons de bar, la profession, d'habitude ils ne pouvaient pas nous saquer, nous étions synonymes de bordels multiples,scandales,pugilats... l'acide était à sa vitesse de croisières, les terminaisons nerveuses tellement aiguisées que je faisais son affaire à l'Indiana Jones... aujourd'hui encore, je détiens le record d'un flip dans un endroit QUE JE N'AI JAMAIS pu retrouver!...Nous sommes repartis de l'estaminet champêtre sans payer,personne ne ne nous l'a demandé... peut-être à cause de la baïonnette ?... je suis même retourné chercher mes gants et boire une dernière bière,qui maintenant avait le goût du soleil d'or...Nous roulâmes tâchés de cambouis sans trop savoir où, si ce n'était que pour tuer les tueurs de la musique de Black Sabbath... ces gens étaient des malfaisants,ma bécane fuyait l'huile de plus en plus,il fallait revenir au Bistrot de la Forêt pour prendre un bidon du nectar épais...Nono s'était gouré de route ? Il avait disparu de mon rétro...non, il était là, à 30 centimètres au dessus de l'asphalte,flottant comme le Penseur de Rodin,version métal filant...Finalement, le périple s'arrêta devant un panneau marquant : "Fronterra,4kms", le bistrot avait aussi disparu avalé par une armée de pins Douglas au garde-à-vous... Il fallait se rendre à l'évidence, ceux qui n'aimaient pas Black Sabbath ne pouvaient pas être espagnols...j'en étais sur,ils nous avaient semé pendant l'épisode de l'Indiana Jones... Nous avions fait 250 kilomètres sous LSD total!...à Perpignan en une nuit, pour "redescendre", nous regardâmes le ballet des trains et des voyageurs dans la gare nimbés d'auréoles irisées...après,ce fut l'éther de la grotte de Nono,un garage étrangement peint en bleu électrique avec des bandes jaunes "pétards" où s'entassaient les voitures désossées de rares clients (et pour cause...). Au premier,nous nous abattîmes mort de fatigues sur les matelas de fortune posés à même le sol. Soixante-seize heures sans dormir, à piloter de l'acier enragé et boire la pisse-de-rats des bouibouis de la côte,le week-end avait été bon...aujourd'hui, ça parait encore trop invraisemblable - surtout le paquet de blé que j'avais en poche,bien plus qu'au départ...j'ai encore de la peine à me l'imaginer,le dieu Hell-Hess-Die nous avait guidé vers les mines du Roi Salomon ?...et si on me racontait une histoire pareille, hein...

Mais bon...revenons à ce foutu 20 Septembre parisien et la gueusaille du Mont de L'Olympe...Je les surveillais du coin de l’œil les iscariotes plébéiens. Ils gigotaient, impavides, pour qu’on les remarque. On les sentait chargés au cobalt. Vers la fin, au milieu de « War Pigs », il y en a un qui se jeta du fauteuil comme un malade vers la scène. Au passage, j'eus le réflexe de l’attraper par le colback de sa chemise indienne qui céda,le plaquant contre un fauteuil avant de lui murmurer à l’oreille:

- …hey mec! je veux ENTENDRE la suite.C'est bien CLAIR ?...

Puis, un mec derrière moi, une sorte de bûcheron costaud prit le relais, alors que j'en revenais toujours pas de ma propre audace... L'intervenant bienheureux venait de se trouver une nouvelle occupation, on sentait qu'il avait envie de zigouiller le beau-parleur des facs, sa chemise trouée à carreaux barrait la gorge du malheureux contre le pilier de l'allée centrale, il lui rajouta fielleusement dans le cou:

- ...si tu fais CA, je t’arrache la trompe et te la rentre SI profondément dans l’cul qu’il faudra TOUTE une escouade de spéléos avant de remettre la main d’ssus…OK ?

Le maigrelet ne broncha plus jusqu’à la fin du set sabbatique. Les neuf autres, éparses, furent piétinés par les derniers rangs mués par des sabres d'impatience, d'adrénaline et d'enthousiasme. Et des quatre hallebardiers présents sur scène, seul le chanteur bourru adressa un salut timoré avant de disparaître...Classe... La salle s’alluma. C’était fini.Bon Dieu,les oreilles sifflaient comme des stukas!...et kesski se serait passé si ces corniauds avaient foutu le concert en l'air? ...Encore une chiasse de plus à mettre sur le compte de la France? qu'il était impossible d'y jouer?..."Il pleut sur les grands de ce monde ainsi que les petits anonymes"...dans le décor, cette simple phrase résonne comme de l'écholalie cosmétique. Presque par devoir déontologique,il suffit d'y répondre.Et par respect pour l'écrivain Zemmour,nom d'un bric-à-brac et par tous les Saints Littéraires! j'étais descendu dans cette foutue France d'anonymes, ce puisard d'inconnus magnifiques.Sustentée entre les chemins de l'Est et de l'Ouest...La France.Nous l'avions regardée droit dans les yeux,en plein suicide, dans l'agonie et la générosité.Dans la folie aussi.Mais une chose est sûre...

Voilà comment je L’ai sauvée,ce soir du 20 Septembre 1970 !…1502446479_2.jpg

PS : …Deux mois après. Alors qu'assis devant mon congélateur, je me posais toutes sortes de questions métaphysiques sur la viande froide, j'imaginais les ondes pernicieuses de Black Sabbath contourner la ligne Maginot de la Boissière et sournoisement atteindre le macro-cortex du Général...Dieu seul le sait, en tout les cas,Il s'éteignit dans la nuit... Au loin,l'onde de choc perturba le rouge Kremlin,qui depuis toujours comme interlocuteur préférait le Général au PCF,il considérait De Gaulle comme un résistant et le PCF comme des lopes.. Georges Marchais réagissant immédiatement,s'adressant à sa femme : "Liliane,fais tes valises...". La France,les succubes de Black Sabbath lui avaient portée la première pierre...c'est dingue,non?

Michel REYES (illustration & écrits en Nouvambre de l'an 13, juste après l'attaque du WTC...)

31 janvier 2014

Génésis : « beauté formelle... »


Wind & Wuthering.jpgPfouh!Comment qu’ça envoie du p'tit bois ! ...Dés l’intro - juste après la première vague d'assaut synthétique -, les médiums mordent le tympan, les basses ronflent, la batterie claque, TOUT devient plus limpide comme à travers une réverb géante et, et...

Est-ce bien le même album que j’ai écouté en 76 ?
Le deuxième volet du «Trick of the Tail», le voilà restitué à son écrin sonore, qui lui a cruellement fait défaut fin 76 – deux albums dans la même année d’une grosse qualité, c’est historique !...
La Genèse, amputée de Peter Gabriel, semble libérée de son propre poids et vole littéralement au dessus de la musique prog. très prisée du programme minceur de 1977: nous «vendre-du-punk» à tout prix, beuuh... et je vais tacher de rester poli. (...)

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17 décembre 2013

François HOLLAND et jean Marc AYRAUT,amis pour la vie...

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Le conseil des ministres était particulièrement morne,ce jour-là...morose...François H. avait décidé de les foutre à la porte, rapido...

- ...hep Jean Marc,toi tu restes !... » ...ils ont tous décarré en silence.Une fois en tête-à-tête avec son Premier Ministre,François H. lui tint à peu près ce langage...,«...vas l’chercher!vas l’chercher!VAS-Z’Y!...»...allons bon...Jean-Marc soupira,il était bon comme la romaine...fallait que ça tombe sur lui...«...j’le sens!j’LE sens!...IL est en moi !...IL est LA que j’te dis !...»...rho,la vache,c’était du lourd à l’expression...la rechute...JM s’embusqua derrière le burlingue et fouilla dans la paperasse... «...vires-moi ces chiures à merdasses !...Jeannot!grouilles!démerdes!...»...là,ça rigolait plus,J-Marc s’accroupit dans le parquet avant de déclencher une petite cache sous le massif Henri-II bricolé par feu-Béré,une tragédie...clac!clac!...une planche avec la tête de Léon BLUM sculptée céda,et JM extirpa une sorte de grimoires en peau d’chèvres,massif,du costaud,pas de la gnacque...C’était le Gaô,le Livre des Lôufhs,offert par sa Majesté N’Podzobi,un souvenir du Mali qu’ils avaient ramené ensemble,juste avant de refourguer le chameau à becqueter...ah,les fous!...la comédie allait reprendre,sûre...le Président s’était dessapé pendant l’opération...il lui restait plus que les chaussettes et le kangourou...un vache de bidon gras à poils ras... «...mordezLa France!»,soupira Jeannot...d’un geste sec,il balança la paperasse des tordus précédemment...de toutes façons,il y entravait que pouic...toutes ces salades...le mic-mac des gnaces,les furieux,la jaquette...à dache tout l’boxon!...maintenant qu’il avait le Président à moitié oilepés sur la moquette du Faubourg,celui-ci paraissait tout exité,tout emmoustillé,les bajoues tremblaient de chair rosâtre...la classe,cézigue!on va finir par se faire goaler...

Après l’étiration,les jambes,le cou et quelques roulades au tapis,François glapit dans l’nez du First,«...la page 124!la page 124!...c’est là qu’il est le sagouin!...Pierh Gôloh,l’Arquebuse des Sens...le sort qui tue!...j’le sens au bout d’la truite...il demande à rentrer...Dépêches lapin!...dépêches!vieux...»...Jean-Marc posa le Gaô sur le bureau débarrassé prestement...wouah l’engin!positif...une enclume de forçat,l’botin des ondes...et comme l’autre commençait à gigoter sévère,«...dis pote,le gaffe,derrière la lourde...s’il entend tout,on est bon pour la Une...»...pirouette vrillée sur le tapis des Gobelins,François rouge d’effort s’exclama,l’hilare béat: «...hé Dugenou de minisse!...sourd et muet l’huissier!...un cadeau de la Duflot...contre ses p’tits trafics de beuh,la clampine!...tu débarques,le First?...tu m’colles déjà chez les caves!...ahah!...choppes le coupe-papier en bronze,balot...pour le Gôloh,j’veux du rythme,d’la cadence,de l’entrain,du zèle!d’la phrase aussi...l’annonce au Saint,tu t’rappelles,peau-d’-zébu?... bââhalhiiii-bââhahloooo !shazam!merguezzzzzzhizi!coscosssseuh!...Bhâllahhhhhamama!zzzhuemeu-rhhhototo !tôh!’shâzam! (deux fois) Shahâzammmmeuh,meeerde!!...ô viens z’en ton Royaume,mon corps,le frusquin t’attend!...tu t’rappelle goumi,sombre folle?...hein-hein?...ou j’te reclasse aux internes,recta!...eh,buse...»...De l’avenir,ça dépendait la prestance...J-Marco,yeux mi-clos et bras de chemise,il tapotait du schlasse sur le burlingue marave...tip!tip!...puis tac!tac!tac!rapprochés,en boucles...puis les formules,il regardait les cases dans le book mastoc,l’odoriférante bête crevée l’machin!...que c’était Seigneur pas supportable du tarin...comme les vents de Taubi!..la vache,c’que ça daubait!de l’effluves parallèles,du cosmos y avait pas...Marc-jean,appliques toi!...pas comme la dernière...ou l’machin voulait pas d’sortie,la chierie des Clans!...oh l’avoinée,l’engueulade...sa fête,au First!...il turlurait dans toute la turne,le sale nabot gras d’la panse!...on attendait Berbêhtz,le diable ailé...et c’est Furzhanôtron l’espiègle emmitouflé,le pois sauteur...que le cabot de la France,il a pris la mouche dans l’escadrin royal,jusqu’à rebondir au plafetard des Invalides,bon sang...ça la foutait mal devant la délégation des bousiers,de l’alpaga princier...tartes avec des bacchantes,même les gerces...des Indes c’coup-ci...y en avait que pour les tocards de la biffe...les ordres,pensait JM,les z’ordres!... tip!tip!...tac!tac!tac!...c’était pas la joie...et les mots,dis plumezingue?.... «...rahhâahhaâhammatoullléléle!...Oûumpapazhétresseuh!....zzzh!zhhhh!zzzhh! (3 fois)...yaghadha!z’hdhéoooon!...youbahahahadhîîh!...oh !yahallal!ô Yalllah!...SHÂhaââzaham!...FHÔUouhouzhym!...ding!dong!...»...c’est là que c’est parti dégénéré l’affaire...tout dans le mobilier...le Francois,il a tourné grave de la cabriole,on l’tenait plus...des roulades,des toupies,des saltos à la renverse...le slibard suintait,il craquait l’effort démesuré...il tournoyait sur l’honorifique,autour même...que l’élastique rendu l’âme...chlaaack!Le possédé se retrouva en chaussettes NF et la parure atterrit sur le nez du First... tip!tip!tac-a-tac!tac!...tac!tac!...rapprochés,certes...pas le moment de mollir,Jean-Marc...l’Honorable d’entre deux vrilles compliquées,il prit l’élan qui faut et rhahann!VZANG!PANG!la tronche dans l’armoire du Patrimoine...patatra,la vitrine...toute la verroterie de la glace partie en miettes sur le quidam bondissant,les ouvrages itou...tip!tip!encore une fois...sa Majesté dela France gisait sur les débris,la face contre terre et les fesses à l’air,zébrées de l’outrage,lardées aux oignes,Il fabulait encore du groin... «...t’arrêtes pas!t’arrêtes pas,petit!...je sens qu’ils EST LA!...Z’EN MOI!...hardi petit,on l’tient!...c’est du gros!c’est du lourd!...pas de la gnognote!...un commac,ça peut-être que Pierh Gôloh,l’arquebusier d’la Mort...au moins!...j’sens sa queue qui fourche sur la truite!...dis,tu m’entends,bras cassé?...»...Le First,il y était plus,il avait la crampe...tip!tip!tip!..il chavirait des chasses,il hululait encore...Shazhhâm!Shazhhôum!tourlourouh...tourloughâh!...le devoir,le devoir!faut qu’tu causes Jeannot... «...Patron!patron!...Serres les fesses!Serrez!que j’vous dis...qu’il se barre pas,qu’il trisse,hein... et nous après,c’est fichu...j’vous recommande de serrer l’mignon...comme,ceci....gnnnnnn!gnnnnn!...vouala la manœuvre,Boss!...allez !!!...»...Affalé au tas,éparpillé dans le gravas,François d’la France plissait les chasses sans lunettes,les carlingues s’étaient fait la malle depuis belles lurettes...la monture tordait sur le duvet,au sommet... gnnnnnn!gnnnnnah!...qu’il partait pas dans les bouts de bois,l’Belzébuth!...qu’il se sauve pas...alorsla France Représentée s’enroula d’une dernière secousse,le volcan des tripes lâcha un grand râle formel...Rhaggaddaoudhou!!!Doghodhodékaunhosor!...amen...un grand silence frisé,puis le Président à nouveau,au mitard du chantier...La carrée,y en avait plus...que d’l’épave,des bouts,de la paperasse jonchée...les lois,les craques papeer,le frusquin carton,toute la boutique à vau-l’eau,sur le plancher,en nénuphars de Compostelle...la Marianne du Patrimoine avait chutée égale...en deux morceaux le symbole,la tête de nave...en stuc,le portrait d’une fada du rap-moukère,la mode...avec le bitos phrygien,çà faisait cake,la mytho...mais j’t’en fous,l’Histoire...les restes,on accommode....les remplaçants sont moins marles,de belles comptines et ça suffit pour durer...au Pinâcle,au radadada!...à hue,et à Diam’s!...Et la carrée,mes chancres?...morbleu,la branlée!...Vzaaam!les rideaux fins...Braoumm!les chambranles ...les z’Ors,dans l’marron...mordez la décharge! la note salée,publique...les chaises,du p’tit bois...pas de la dentelle,l’élan du Chef!...de l’assaut au corned-beef gratin,quatre étoiles au Michelin...ça décoiffe!...et not’clampin royal,hilare,sur le dos,la mini-bistouquette coupée au vent...ah-ah!surprise d’Etat!... «...ça y est-y,Jeannot,que je l’ai!...dans l’durillon,tâte un peu...on sent la pelisse du dos...d’la lézarde rocaille,c’est pas le Piehr!c’est mieux!...c’est Stirhfülz-ô-Gandah,le poinçonneur de l’Atlas!une pointure!une épée!...le Sort des Sorts!...bigle comme il tord dans l’colon...vas-y touches!...y te bouffera pas,y peut pas!...c’est sur commandes l’oraison,fiston!...et avec les vents de l’arrière,tu sens pas l’souffre?...hein,le First?...»...rhaa,la cague...François H. lâcha une caisse monumentale,du barouf de l’entraille,dé profondis,le lustre cristal dégringola...un peu plus,un peu moins...mariole le Livre des Lôufhs,la dernière folie,la marotte,il pouvait plus s’en passer,à cause d’un débris d’kroumir cinglé,direct des Carpathes maliennes,l’allumé fatal!...Jean-Marc passa à l’invite,il tâtait les chairs Présidentielles suifées...du dégoût sans l’voir,la stratégie de ceux qui veulent durer dans l’métier...Il sentait rien de particulier...de la saucisse dodue,du matelas de remonte...non rien,juste l’odeur d’œufs pourris...Mais l’Autre passait à l’attaque verbale,«...La pâtée,c’est maintenant,gars!...qu’on est fortiche des lymbes!en loucedé du plaf’tard céleste,man...nos z’adversaires,y pourront plastronner QUE d’la menteuse!...Nous,on a la baguette-à-souhaits!...dis un blaze vilain!et hop,je te le scaramouche à distances,fils!...allez GI!go!envoies!...».Le gnouf de la primesauté réflèchissait ailleurs,dans le vague,l’inspiration,les Grandes Ecoles,il avait pas vu la chose sous l’angle Bamako,juste Montreuil,et encore chez l’anesthésiste frappadingue,une miteuse celle-là...tourneboulée de la coiffe...Barouin!vouii!..le voilà l’élu!...Barouin!...il rencardait le Dabe...Césarin ouvrit des mirettes pancartes,comme des soucoupes lotos, «...aaah ben tu vois!...quand tu veux!...c’est pas du frais!...mais on va s’faire la pogne!...passe le botin,le Who’s,fissa!...»....Après quelques coups de lattes dans les débris papelards au sol,JM trouva la tartine des pontes,moins calleux que l’annuaire des Lôufhs mais consistant d’la tranche...en tourloutant quelques pages,il composait...vrrr...vrrr...il passa le buffle à l’Empereur,toujours à poils posé sur le plancher délabreux... 

-  allô!allôo!...allô quoi meerde!...y’a kelkun?...allô quoi?...alors quoi,ça vient QUAND?...»

-  ...bzzzz...scrshhh!...bzzz! (fritures tenaces)... Mouiih...euh,alloô oui?... céki?...mouiiiih?...»

-   ALLÔ! (sec)...Barouin!...ousskil est ?... »

- ...bzzz!...schhh! (fritures basses)...attendez....Vouiii,c’est lui-même...à qui ai-je l’honneur ?...»

- ...François?c’est François... (très-très sec)...le Président D’LA France!... »

- ...rhôo,mince alors,Monsieur le Présidon...que puis-je pour vous...EN QUOI,j’ai l’honneur,rhô!...l’immense honneur,m’sieur le Présidon!... »

- ...(silence puis...)...Rhâaaatahahtaat’zong!Rhâaattatah,zharrraach!...beling!fouchtra!...yaga!z’déon!...»

- ...heuu,pardon,m’sieur le Présidaâan ?... j’ai pas bien saisi,le,euh... »

- ...rhatahhataz’hâ!...Rathâ!Rathâ!Rathôoohu!...par le Stirfhülz,Barouin!...par le Stirflüthziôh!...(clac!biiiiip!...) » 

Le combi raccro en mains,François d’la Franceregardait son subalterne tout fier.La poussée des ondes,l’avait pas vu venir...«...alors que t’as vu?... Hé,quoi !!...là,il est cuit!...ri-cui-cuit!...le Gandhâ,c’est le King mahousse des anathes prospères!...rien qu’une lichette,vite fait,et t’es détrou-du-cuté à jamais,à la r’tourne!...500 z’ans,tu cloques de partout!...voilà,balourd!...»...Jeannot-marco dut soupiré trop fort du poitrail,il y eut du soupçon...le big François en nages,du délire,il chavirait des chasses sous le front pelé...«...ah,ben c’est ça...fait ta finaude...rajoutes au compte!..que tu doutes!..dis,le pingouin!...piinaise dé marde!...y faut QUOI pour exister chez vous ???...»,et il balança le Who’s à travers la seul vitre qui tenait encore debout d’la thurne...crrraac-boum-zhiii!...la vache,comment qu’on va expliquer aux collègues,le boxif,le tintouin ?...ça mordez grave dans l’paysage,tout ce foin,ce cirque...H.le François s’aperçut qu’il était comme un ver-à-chaussettes,nu dans la piaule,il embarqua une ruine de rideau gaze autour des poignées...Se couvrir et chastement,le gonze!...Une corne d’abondance républicaine barrait le popotin du Sire...Le devant,c’était des raisins de Corinthes,des têtes d’angelots,le tarbouif dans l’appareil génital...l’allure,j’vous dis pas...Sa Majesté reprit le crachoir en rades,«...Et puis-ce qu’on vagît le Livre...les Loûfhs,sa sagesse monticulaire,gars!...eh ben c’est moâââ,moââh tout seul qui vais choisir l’prochain !...vu....pas de minisse,dugland...avec toi,c’est mariole!...pour qu’ça jaspine follâtre?...Ah nan!j’ai donné...passe-moi le turlute,j’connais son matricule par cœur à l’oizeau...Merluchon!...un ébréché du clapoir...des chicots,d’la hantise dentaire!...»

...rrrr...rrrr...rrrRR!...il compose le turlutaire à la volée,rageur...Jeannot crevé regardait sa montre,c’était pas fini la journée des spécieux...le Graal des toqués vautré sur la moquette des Gobelins...et si on nous voyait?...Bon Dieu,qu’on aille se pager...mais quand?... 

- ...allôooo ?...ALLO!..mince!...ch’uis au FDG?...il est là,le cador?...il cuve?...vouaaaiis,ma grande,va l’réveiller...dis-lui que c’est François...ouais,d’la France...j’ai deux mots...j’attends,grouille... »

- ...(bruit de zonzon,des portes qui claquent,des verrous...) ...wouaaallô!...kesskigna?...c’est toi?...FRANCHOUAH,mon bon!!!...»

- ...(inspiration profonde puis)...Crotte!Crotte!..et re-PROUT!...na...(clac!) biiiip!...biiii!biiiii!...» 

BANG!le choc du combiné explosant la grande porte-fenêtre fit sursauter le First.Celui-ci s’approcha du Président.Il entoura l’épaule grasse mouillée,nue comme un verre-à-dent.Un président juste avec une chaussette.

- ...allah whouâck'bhar,François...

- ...allah whouack'bhar,Jean-Marc... 

Ecrit et illustré par Michel REYES,en l’an de grâce 2013...

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14 février 2013

Le Pape jette l'éponge.


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SPECTACLE:

Quand la Médée se met à merder...

Ou comment l’art subventionné, et en passant : coups de marteau violents sur l’opéra, nous fait passer le goût de la cendre sur le cadavre de la culture. Ce qui y est mis en scène, c’est ce mélange pas du tout subtil de textes sacrés, de féminismes outragées et de revendications chouineuses ; la PMA est passée par là, le mariage-gay, l’élection pour tous et bientôt dans le même charabia, la MMA (la Mort Médicalement Assistée).

le pitch : de la Grèce antique jusqu’à Notre dame, l’épopée d’une Femen : "Médée la sorcière" ,«Médée l’arabe»,et par déduction parabolique:"Médée la Femen"!

Donc au Théâtre des Champs-Elysées, Médée crée un mini scandale. Et c’est grandeur nature que le test du pipotron musical (♪♫...) rallie les valeurs nihilistes de ceux qui ont la prétention de «nous faire changer d’ère» à tout bout-de-champs - décidément une manie chez nos ami(e)s zozialïztes!...

Le scandale fait partie de l’histoire du Théâtre des Champs-Elysées depuis Le Sacre du Printemps en 1913, voici bientôt un siècle. Scandale bien timide, désuet, en vue de la reine du pinard ressuscitée au Théâtre de l’Antique !!!

Que le tumulte interrompe une représentation, c’est à peine insolite. Ce fut le cas lundi dernier pour la première de l’infanticide Médée. 

Une bronca. Qu’est-ce qui a soulevé la colère du public ?

Une réaction inespérée ?

 Le public est encore capable de réagir aux insultes des nihilistes ?

(...)

A la bonne heure !

Ah, la Grande Mort de la famille "traditionnelle", la Fin de cette "France maudite, moisie", de cet « univers relié aux nostalgiques, au passé »,que n’a-t’on pas entendu  haleter, maugréer par les libérateurs du fond de leur soumission volontaire,aussi de leur hyper-hyper métro-sexualité, le in dans le yang, mais le coup de grâce n’était pas encore donné. 

L’imposture michetonnée adopte un cliché majeur...Le topo:

JDD du 13 Septembre 2013... 

Médée aux Champs-Elysée"...Le metteur en scène provocateur a fait de Médée, une séductrice de notre époque, ressemblant à la chanteuse Amy Winehouse, reine destroy - morte en 2011 - de la musique anglaise. En fourreau de cuir noir, les bras  ornés de graffitis, juchée sur des stilettos interminables, ainsi apparaît Médée, la soprano d’origine allemande, Nadja Michael. Elle affronte son ex-mari, Jason (John Tessier) le jour de ses noces avec la jeune Dircé (Elodie Kimmel) fille du très influent roi Créon (Vincent Le Texier). Médée, l’étrangère n’est que bruit et fureur. Elle porte avec elle l’histoire de l’exclusion. Mais ce n’est pas cela qui dérange le public du Théâtre des Champs Elysées, mais plutôt la diffusion d’un twist des années cinquante et surtout l’actualisation des dialogues parlés où reviennent les mots "sexe", "bordel", "sperme", associés à "Médée la sorcière", "Médée l’Arabe". C’en est trop pour une petite part du public bourgeois qui gronde et se déchaîne jusqu’à brouiller le spectacle... 

Stéphane Rousset, le chef d’orchestre interrompt la musique. Vincent Le Texier (Créon) s’avance sur le devant de la scène et lance aux perturbateurs : "Ce serait bien que vous sortiez." La salle se calme peu à peu. Personne ne sort. Et ,accrochez-vous, l’opéra se termine sous une image choc : une fois son crime accompli, Médée apparaît comme enceinte. Elle sort de son pull les pyjamas ensanglantés de ses enfants assassinés ; elle les plie et les range dans les tiroirs d’une commode. Un tonnerre d’applaudissements salue alors cette production sans concession de l’iconoclaste* Warlikowski. Comédienne magnifique, la Médée de Nadja Michaël est vocalement aussi chaotique que son personnage. Et si Vincent Le Texier est à son habitude particulièrement efficace, la vraie vedette de la soirée est le Jason de John Le Tessier avec un art aussi nuancé que celui du chef Christophe Rousset à la tête de ses impeccables musiciens des Talents lyriques..." 

(...)

Et s’il y avait encore en vie le sinistre bovin Durassien,la  vache-qui-pense,elle clamerait encore,entre deux rots d'acétone de Négrita,que cette Médée est « sublime, forcément sublime »... 

* dans « iconoclaste », il y a « cono » bien centré, bien calé au milieu du dégueulis verbeux,je ne me trompe pas.

Michel REYES,le 14 février 2013

P.S: ...rhôôô,on me signale également que se déroule à la Bastille une Carmen sous les traits de Marylin Monroe.Quelle imagination ils ont ces trous-du-cul!

03 février 2013

Mariage gay...

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28 décembre 2012

...à l'"Hérault du Jour".

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cliquez dessus svp...


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20 décembre 2012

Bugarach,cirque de la fin du monde.

Entre matérialisme et superstition.

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               (Photo AFP)

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11 novembre 2012

La Confusion Des Sentiments ( S.Zweig ) - Les Sentiments de la Confusion ou bien Le Sentier du Nihilisme.

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(Michel REYES: "Le Plateau des Poètes",acryl/S/toile & 0,92cmx0,74cm)


...Intro mezzoLa Confusion Des Sentiments n’est pas écrit sous forme de journal, mais c'est une longue évocation rétrospective. Mais de quoi?...

Le pitsh: l’auteur ayant reçu de ses étudiants et collègues un livre d'hommage à l'occasion de son soixantième anniversaire, un vieux professeur de philologie* constate qu'il y manque une expérience vécue dans sa jeunesse, celle précisément qui fut déterminante pour sa vie entière.

- Dans ce récit à la première personne, le "je" est celui de Roland, le jeune homme de 19 ans que le narrateur était à une époque désormais lointaine et qu'il s'efforce, aujourd'hui, de retrouver. L'étudiant d'alors, tout en essayant d'analyser à quoi est dû le magnétisme de son professeur de philologie, se laisse vite gagner par un sentiment passionné, où se mêlent un enthousiasme juvénile et une admiration presque filiale, et qui grandit de jour en jour jusqu'à friser l'idolâtrie.

* La philologie est l'étude de la linguistique historique à partir de documents écrits. Elle vise à rétablir le contenu original de textes connus par plusieurs sources, c’est-à-dire à choisir le meilleur texte possible à partir de manuscrits, d'éditions imprimées ou d'autres sources disponibles (citations par d’autres auteurs, voire graffitis anciens.) (wikiped)

( Et à partir de là, j’ouvre une parenthèse sur la projection d’un film de la fin du XXème siècle :  pour une partie, on va retomber sur le thème du «Cercle des Poètes Disparus»...avec l’imbuvable Robin Williams, qui pose son jeu de charcutier du cinéma, d’idiot éclairé de la pédagogie jusqu’à son autre film qui tombe dans l’apothéose : «Au-delà de Nos Rêves»,une ode de vulgarité, de vulgarisme à la Peinture, d’une incompréhension totale du sujet, etc...il s’agit bien du même hurluberlu qui se propose, en clef de plombier, de desserrer tous les liens qui mènent à la philosophie, la poésie, la pédagogie. Un grand élan démagogique représente cet individu qui ne sait pas qui il est, ni ce qu’il fait au travers de mimiques affables, demi-souriant jusqu’à son redressement d’acteur plutôt inquiétant mais beaucoup plus explicite dans le film «photo obsession» ou il incarne une sorte de héros effacé des usa comme il y en a des millions dans les démocraties soi-disant modernes et dont la solitude va développer des pathologies inquiétantes jusqu’à s’approprier une famille comme la sienne rien que par le truchement des images-photos ...) 

Le héros : Face à cette demande affective le professeur a un comportement tout à fait imprévisible. Tantôt il le laisse avec tendresse s'approcher de lui, parfois il le repousse avec irritation. Cette continuelle " douche froide " est ressentie par le disciple de façon très douloureuse. Elle le pousse naturellement à interpréter toutes les réactions de cet homme qui, sans conteste, est pour lui une figure paternelle. Et la conclusion à laquelle il aboutit toujours est qu'il est rejeté. L'angoisse profonde qu'il éprouve alors peut être comprise comme un mécanisme de défense contre la colère suscitée par l'injustice. Mais en même temps il aime son purgatoire. Une relation masochiste s’installe.

Mais...

Malgré l'état de détresse et d'extrême confusion psychique où il se trouve, le héros commence peu à peu à concevoir des soupçons - et le lecteur avec lui, sur cet homme solitaire et énigmatique qui se dérobe perpétuellement. Et, en même temps que la souffrance, grandit aussi la certitude que cet homme cache un secret. Ce secret sera révélé à la fin, à huis clos, au crépuscule, dans la pénombre et donc, on pense ici inévitablement à la cure psychanalytique - de façon que l'échange se fasse exclusivement par la parole.

L’œuvre : Cette œuvre est très forte et très émouvante, où l'attachement passionné et douloureux d'un être jeune pour un être d'âge mûr est montré à travers un double regard, celui du narrateur présent (qui a vieilli) et celui de l'acteur passé (avec son regard jeune et naïf). Un jouvenceau comme on en fait plus...

Ce roman, le plus célèbre de Zweig traite du problème le plus crucial de la psychanalyse: celui du transfert.

Alors même que Freud et Ferenczi entretenaient une correspondance fort tapageuse à ce sujet, sans trouver un accord, Zweig, lui, y a vu le motif d'un roman émouvant et a d'emblée senti le problème en le nommant La Confusion des Sentiments.

Ses nouvelles se prêtent d'autant plus à une diffusion internationale qu'elles sont par vocation, universelles. Elles mettent en scène des individus ordinaires, dans des situations ordinaires, que seul un suspense intérieur transforme en situation extraordinaires. Il s'en dégage cette " essence filtrée ", si difficile à décrire, mais que sait reconnaître un vaste cercle de lecteur et plus encore, de lectrices. Une petite musique sur fond de fable éternelle. Le déchirement sentimental a un fort visuel théâtral.

Comique : S'il y a problème, c'est bien pour ça : c'est qu'il y a confusion de sentiments. Cette passion qui soulève le jeune homme et le précipite à l'étude, cet amour invigorant, c'est le transfert. C'est ainsi qu'est transitoirement aimé le psychanalyste, dans la situation, disait Lacan, de supposé savoir. L'amour de transfert vécu dans cette confusion de sentiments est forcément vécu sans analyse : il explose donc avec force.

Roland est un être impétueux, la force fascinante qui se dégage de son professeur lorsqu'il s'enflamme pour son cours, le jette dans l'ivresse et le ravissement. Il est brûlant de respect pour cet homme pour lequel il éprouve une véritable passion de l'esprit. Zweig écrit :  " Je ne voyais en lui qu'un être toujours sublime, dégagé de toutes les vulgarités matérielles, en sa qualité de messager du verbe, de réceptacle de l'esprit créateur ".

La confusion des sentiments nous démontre aussi l'importance de la place du secret dans une vie humaine.

La nouvelle raconte l'histoire ambiguë, délicate, du jeune homme et de son professeur, un spécialiste du théâtre élisabéthain, dont l'homosexualité, improbable, est d'abord suggérée et seulement à la fin clairement dévoilée. Tout au long du roman Roland sent chez cet homme qu'il admire la présence d'un secret qui le trouble. Il sent chez lui la présence d'une douleur cachée. Zweig écrit " Rien ne touche aussi puissamment l'esprit d'un jeune homme qu'une douleur grave et virile. Dans l'excès de ses forces vives, la jeunesse aspire au tragique, et elle permet volontiers à la mélancolie de sucer doucement son sang encore novice. De là vient aussi que la jeunesse est éternellement prête pour le danger et qu'elle tend, en esprit, une main fraternelle à chaque souffrance. ". Et encore p. 170 " L'homme qui sait n'éprouve pas de joie égale à celle qu'on trouve dans l'ombre, de frisson aussi puissant que celui que glace le danger et, pour lui, aucune souffrance n'est plus sacrée que celle qui par pudeur n'ose pas se manifester ".

Zweig, qui n'a pas craint de choisir un sujet ô combien tabou en ce premier tiers du siècle, peint l'attraction réciproque des deux hommes, naïve et sans la conscience du péché de la part de Roland, plus perverse et plus douloureuse chez le professeur.

Le drame se noue selon une progression implacable, et dans une atmosphère de plus en plus pesante, de plus en plus étouffante, avec des tentatives de fuite, des jeux de masques et des dissimulations, en présence d'une femme chaleureuse et piquante - la jeune épouse du professeur.

Les nouvelles de Stefan Zweig ont pour décor la nuit ou la tombée du soir. Officiant autour d'un secret long et douloureux à porter à la lumière, elles baignent dans une pénombre plus propice aux confessions intimes que la clarté du jour, et reflet des zone obscures de la conscience où sont enfouis les mystères. La délivrance des héros de Zweig, par l'aveu du secret, a toujours lieu grâce à cette lumière plus ou moins obscure ou tamisée, qui évoque celle des confessionnaux ou des cabinets de psychanalyse. 

L'humanité que décrit Stefan Zweig hésite entre deux mondes antagonistes et complémentaires. Et c'est cette souffrance à ne pouvoir vivre dans l'unité, c'est ce combat pour réconcilier en soi la lumière et le mystère, qui font l'originalité de ses nouvelles.

L'essentiel pour Zweig est d'oser descendre, ainsi qu'il l'écrira avec ferveur dans La confusion des sentiments " dans les caveaux, dans les cavernes profondes et dans les cloaques du cœur où s'agitent, en lançant des lueurs phosphorescentes , les bêtes dangereuses et véritables de la passion, s'accouplant et se déchirant dans l'ombre, sous toutes les formes de l'entremêlement le plus fantastique ".

On sent chez tous les héros de Zweig la présence d'une dualité qu'il avouait pour lui-même. Freud, refusant le terme, lui préférait le mot "ambivalence". Cette profonde dualité, qui semble être le secret même de Zweig marque profondément tous ses personnages, fonde leur personnalité et orchestre toute son œuvre. Œuvre dans laquelle il s'y laisse deviner, avec ses angoisses, ses faiblesses, ses vertiges et ses tentations.

Pour La Confusion des sentiments, Freud s'émerveille de l'aptitude du style de Zweig à rendre présent un interdit, sans la moindre explication ou pseudo-théorie. Son style se caractérise à la fois par un audace tranquille dans le choix du sujet, par la très grande pudeur de la narration et par l'absence totale de thèse explicite concernant la sexualité. C'est une vraie originalité pour l'époque ! Freud d'ailleurs félicitait chaleureusement Zweig d'avoir su dans La confusion des sentiments rendre présent ce douloureux problème sans s'aventurer dans l'interprétation : d'avoir su montrer un tabou avec toute la complexité du phénomène, sans gâcher ni son art, ni la vérité, sans bousillage idéologique. Zweig connaît la valeur de la mesure en toute chose ; il reste " bien élevé". Concernant la sexualité, Zweig trouve un style expressif, mais toujours "courtois" : il sait comme personne évoquer des réalités troublantes, mais sans exercer jamais de violence sur son lecteur.

Freud ne s'y est pas trompé. L'écriture des nouvelles de Zweig est digne d'être psychanalysée. Zweig se délivre de ses démons en écrivant, comme d'autres en venant parler sur son divan. A propos de La Confusion des sentiments Freud a écrit " La nature humaine est bisexuelle. Cette démonstration se fait chez Zweig avec tant d'art, de franchise et d'amour du vrai, elle est si libre de tout mensonge et de toute sentimentalité propre à notre époque que je reconnais volontiers ne rien pouvoir m'imaginer plus réussi".

Zweig, qui admire les esprits positifs, constructeurs, puissants, est un artiste fragile, douloureux, et chez qui la sensibilité prime largement l'intelligence ou la raison. Dans sa manière d'écrire, le feu court à travers les mots, les phrases. Sa prose n'est pas paisible ni sage. Elle est hypersensible, émue, elle suit l'inspiration, le rythme ou plutôt l'arythmie de son cœur. Elle est passionnée, exaltée, et finalement domptée dans la douleur.

Zweig n'est pas un introspectif, il cache ses démons dans son œuvre, comme le plus sur moyen de les juguler, de les enfouir encore plus profond, là où les abîmes les absorbent jusqu'à ce point de la conscience où on ne les ressent plus, mais où ils continuent leur travail de sape, efficace et terriblement destructeur.

Sa pudeur le gêne, comme son éducation. Il se regarde rarement dans le miroir, mais plutôt à travers d'autres personnages qui lui renvoient une image fraternelle et fragmentée, comme un morceau de lui-même.

A Jules Romain, son ami il confie " Je suis au fond un homme terriblement passionné, en proie à toutes sortes de sentiments violents. Je n'arrive qu'à force de maîtrise à un comportement plus ou moins sensé ". 

Ses conflits sont violents, et le plus souvent refoulés - un terme qui, il le sait, est une des clés de la démarche freudienne.

Il souffre de tant d'inhibitions qu'il ne s'exprime que dans le secret. Il y a en lui une vraie dualité, dont il a conscience mais qu'il ne peut résoudre. Passionné, enthousiaste, et d'une sensibilité exacerbée, il jugule ses élans, passe ses désirs à l'eau froide et offre aux gens qui le croisent la vision impeccable, tirée à quatre épingles, d'un gentleman un peu pincé, très comme il faut, dont la vie et le mœurs, la pensée, les actes et la morales sont forcément irréprochables.

Son histoire suffit à illustrer son drame. Il torture sans exception ses personnages de fiction. Dans le monde opaque et moite de ses nouvelles, chaque individu est un martyr qui porte en son sein son propre bourreau. Le secret n'est pas accessoire, il est la clé.

Chacun de ses personnages se débat avec ce quelque chose, inavoué, informulé, enfoui au plus profond de lui où il croit l'avoir oublié, mais qui un jour remonte à la surface, menaçant un équilibre précaire.

La passion est au cœur de son œuvre, la passion vécue comme une force obscure et irrépressible.

Amok, désigne en dialecte malais, une espèce d'ivresse qui s'empare d'un individu avec la violence de la foudre, et le rend fou furieux. Pour Zweig, l'amok est un type d'homme ou de femme, possédé par une passion. Une force obscure et dangereuse lui fait perdre la raison et le contrôle de soi, et le pousse à agir selon d'autres lois, souterraines et dangereuses. A noter qu’il y aura toujours un amok dans chacune de ses nouvelles, l'amok est le personnage zweigien par excellence, celui qui a rendu les armes au démon. 

Comment expliquer le succès des livres de Stefan Zweig ?Il est un écrivain concis et efficace. Tous ses ouvrages sont brefs. Il écrit en homme pressé, réussissant à ne dire que l'essentiel sans sécher le récit. La poésie, le charme donnent de l'ampleur au texte les plus courts ; si ses livres sont minces, ils ont de la chair. Moderne pour son époque (1927), la concision de Zweig est sans doute ce qui lui a gardé tant de lecteurs aujourd'hui. Pour un contemporain qui aime la pluralité des nourritures culturelles et souffre à se concentrer longtemps, Zweig est l'auteur qui s’en libère le plus, et de lui-même, paradoxalement. En filigrane est proposée l’étude pointilleuse de SHAKESPEARE, l’écrivain du doute,des ectoplasmes,des apparitions et de tout un esprit du 19ème siècle. 

Le dénouement :...La fin est cette levée de rideau abrupte ou les choses se déroulent rapidement comme si on voulait l’oublier alors que le récit s’est appesanti sur un suspens, un mystère autour de l’homosexualité (caché, pour l’époque...) qui de nos jours, feraient pas grand cas, ce serait même la norme : Frédéric MITTERAND a été ministre de la Culture, Lang aussi, Delanoë est maire de Paris, le show-biz, la mode, le luxe regorge de cet état de fait...On parle du mariage gay, de l’adoption, etc...Au contraire, le couple hétéro est montré du doigt comme ringard, obsolète, d’un archaïsme et d’un chauvinisme baptisé de «franchouillard» pour les nationalistes attachés à la famille et les traditions.

...Finalement Zweig,atteint d'une longue maladie,s’est suicidé à l'âge de 60 ans. Fin de partie.

Michel REYES,le 11/11/2012(texte et peinture :"Le Plateau des Poètes",acryl/S/toile & 0,92cmx0,74cm)

28 septembre 2012

Céline... : "...nos z'écrivains qu'êtes aux cieux!...restez-y!..."

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...on vient de m’apprendre que nous sommes drôlement gâtés ces derniers temps...après le bannissement d’Artaud,Van GOGH,c’est le retour de celui de Céline...sauf que sur ce dernier,on ne tire plus à boulets rouges,comme « l’agité du bocal » l’eusse permis une fois nouvelle,mais en version du jour,en direct de la gare de Bobigny d’où les déportations d’hommes,femmes et enfants se sont perpétrés à une époque abjecte,et où on ne vendait pas encore les châteaux de la Loire aux Chinois,la métallurgie aux Indiens et l’agriculture à la Turquie. Continuez,remplissez les vides...Il n’y aura pas «d’année Céline» vu qu’IL – le parfait salaud,l’indigne,le non-vertueux,le non-aligné...,n’a pas fini complètement son tour de purgatoire.Les ondes néfastes de l’écrivain irradient encore le catafalque maudit.

Eux,la clique,la boue ?...Nan,une assistance éclairée qui susurre «douce France» en italien,langue merveilleuse,s’il en est...par la première dame de France!...Comprendo qui pourra.

Ronde infernale,jeteurs de sorts,hommes en noir – personne ne vous croira...Gangrènes polies,ciseaux salonards sous les ors polis de la République...

Météo politique: nous traversons quelques zones de turbulences,mais en fin de journée,un "retour à la conscience ensoleillée" est prévue,dirait georges BATAILLE.L'être,cela va de soi...

L’oblique de la caste,la diagonale avancée de ces fous, comme pour les crabes qui attendent la marée,c’était la censure ordinaire,le râteau. La griffe sur Baudelaire,le bûcher de Rimbaud,l'asile pour Artaud,et tout,et tout...mais avec le web,déferlement du verbe,les bassines débordent et ne suffisent plus à l’étanchéité du Bien. De ce monde impitoyable, on risquerait d’en dire du mal!...L’URSS made-in-France,il lui reste le concret,le solide: les commémos,la médaille et le su-sucre... Au nom du passé,de la résistance,des massacres mondiaux,bref,de la salubrité publique...Et si on tire encore sur une vieille ambulance tirée par des chevaux fourbus,que pouvons-nous de ce Temps qui passe si mal ?...

Ce en quoi l’homme Céline l’avait prédit. Il s’y était préparé longuement, que de sa dernière burne vidée,on en aurait pas fini avec les obsessionnels,les jaloux,les toqués,les paxés,les taxés...Pour rester dans l’épuration -  comme l’a fait remarquer un écrivain célèbre,exilé volontaire...,que pour achever une réputation,rien de tel que de multiples coups d’épingles dans la poupée Céline, tuant plus sûrement qu’un coup de masse...

Céline. On croyait l’affaire entendue,jugée,expurgée et définitivement sous terre, voire obsolète... Mais,non,en grattant, il y va de l’encyclique nécrologique...De l’excommunion palpable. Du culbuto bibliomane. Du totémique grotesque...Un rituel qui s’enlise dans le ridicule. Et je me joins aux protestations de l’amateur du genre «Céline»,pour qui jeter l’opprobre sur l’œuvre ne convaint pas vraiment.            .

D’où un tranquille mépris pour les millions qui l’ont lu le docteur Destouches, étudié de par le monde,réfléchi et adulé. Une paille...Et quand la société va mal,ce sont Les Lettres qui trinquent en premier. En cas de massacre,la Littérature est au premier rang.Et quand le bouzingue va de même jusqu’à aller très-très mal,les nécrophages aboient sous les fenêtres des mansardes de ceussent qui auraient encore l’incongruité de nous dire quelques choses d’intéressant.Des procès en sorcellerie sont en cours.

Pour approuver les groignes qui se repaissent de ces grossièretés,et avant d’aller déterrer quelques cadavres sous les vacillements de lune,il nous faudrait comprendre le fétichisme global et but de la manoeuvre.

On assassine les morts qui sont d’«excellents écrivains,mais de parfaits salauds»,selon la formule... – de l’excellence aux salauds!...mieux qu’une formule; un slogan à la Orwell («La guerre, c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force.»...).

Une autre agitation: pourquoi s’inquiéter de la lecture, puis-ce que personne ne lit ?... 

Et le boulot d’écrivain ?...« paresseux,le milieu! » ,un des griefs perfides de notre Irrévérencieux...«Société de jouissance,tu penses !... Cocagne,les scélérats !...Et à perpètes,le jouir !» ,quelques parts dans l’œuvre,immense...

Et parce qu’il s’était foutu en tête de dévisser le couvercle de la boite de Pandore...rats,myriapodes,détritus.Comédie humaine,mais pas que..Aussi toute la magie noire,fumet,bagout...ô temps,suspends ton vol !...et humez-moi donc ce bouquet d’ordures qui montent,qui montent jusqu’au tarbouif du Gotha!... alors,forcément,« Nos zécrivains qu’êtes z’aux cieux !...Restez-y ! ».

D'un festival macabre,D'un cliquetis de squelettes,Qu’ils se lèvent de leurs tombes nos graphomanes célestes pour leur botter le derrière à nos chimpanzés!...

La nébuleuse,la galaxie...

Confondre et condamner les philosophes morts, faut être tordu et pas qu’un peu...C’est aussi raboter à sang les veines du passé...pfuit,un fantôme passe...par ici,la poussée. Par là,un gaz...Le spectacle de la désolation ne suffit plus.

Donc,que l’on se rassure,les fans de Céline ne sont pas spécialement férus de commémos,surtout quand elles tombent «d’en-haut» du pot-de-chambre,de la Culture-en-chef.

Mais Céline a eu le bon goût de mourir de sa mort morte,inopérante,inerte aux autres – de ceussent qui espéraient une énième pendaison,du poteau même - du Nuremberg...pas celles des collaborations de ventes de châteaux de l’estuaire,oh que non!...mais de l’autre,l'hystéro convulsive hydre mémorielle.

L’idée a du agripper l’esprit de mr le résistant,mr le ministre,mr le psychiatre,ne serais-ce que pour le changer de corps et d’avoir un goût plus neuf pour un esthétisme compréhensible,au-delà de ses portées de crachats...comme à des milliers d’autres «sales écrivains»,ils auraient été à même de l’attraper à la gorge et sentir le nœud de sang qui l’aurait fait taire définitivement – ah,s’ils avaient seulement les couilles,bien sur,de faire le sale boulot en personne... et ce n’est pas tout,il aurait fallu défoncer la porte aussi de milliers d’autres qui l’ont lu,distribuer les cachets,les ordonnances,les enlèvements,les électrochocs... et puis les fosses communes...Mais,de retourner à l’Histoire,c’est embêtant...Alors il vaut mieux visser sa casquette de docteur Gachet et battre la cambrousse d’une santé de fer,d’une santé sociale et d’y rétablir l’ordre littéraire.

Ceci étant, on ne va pas moisir sous les cendres,pas loisir de s’y étendre non plus - passons vite...je viens de lire «Nord»,je suis dans «Normance»,mais j’ai également lu le «Voyage...»,«Morts à crédit»,«Féeries»,«Guignol’s band»... et autres,mais tout ceci il y a fort longtemps...je les ai lu comme d’une vieille connaissance,les observations du docteur d’Asnières...Une visitation régulière.

Si Céline était un organe,il serait une gaine dénervée,et bien au-delà d’une perception naturaliste à la Zola, intouchable,le parement de ce dernier.Un saint en contreplaqué,un ikéa mental.. et cette gaine-céline crépiterait de torches dans la caverne abdominale,au royaume des ombres d’une paléontologie de la névrose.Dans le domaine du gros colon,l’envoûtement-pancréas,réceptacle du bon sang,celui qui ne saurait mentir,parait-il...poumons,foie,cœur: du jus de marmitons,danses d’incubes ...et on ne lui pardonnera jamais d’avoir déboulonner la face hideuse des idoles de carton qui le pompent ce sang vertigineux...Du rhésus "ô",les goules prospèrent.

Personnellement,je ne connais aucune représentation,photo,ou le docteur Destouches porte des lunettes,même pas noires comme celles des hures de cimetières. C’est étonnant,ce signe de clairvoyance aiguë. Etonnant...

Il porte en lui ce petit miracle que la connaissance de l’atome a réduite en bouillie. Un don d’ubiquité. De double-vue...De longue vue.

Tiens,pour une fois qu’un docteur s’avouait malade des autres...malade et curieux,puis finalement écoeuré... mais de nos jours,ne pas avouer son commerce,c’est d’un banal...

« Monet, ce n'est qu'un oeil, mais quel oeil ! », disait Cézanne. Pour le verbe de Céline,il en serait de même...et quel verbe!

Alors,dans cent ans,on parlera de Céline...

Et de ses détracteurs ?

Rien...ou si peu.

- illustration/texte : Michel REYES,du 20 au 28 février,1ère décade après Ground Zéro  -

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20 juillet 2011

TOXIC-LIFE... : "Dominique,Anne,Martine...et les autres"

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La scène principale:...nous sommes à l’intérieur d’un splendide loft de l’East Side (Manhattan) et le staff d’avocat impeccablement nippé vient de partir. Dominique et Anne peuvent souffler un peu. Dominique semble accablé :

- Depuis ma dernière éjaculation,j’ai pas vraiment le moral.»,dit-il à Anne

- Ne t’inquiètes pas,mon chéri.Tu sais bien que je t’aime.»

Anne se leva de son fauteuil nickelé et se dirigea vers le bar d’onyx fauve finement ciselé d’iridescentes opales.

- Je vais nous servir un verre.»,dit-elle de sa voix enjouée,celle-la même qu’elle se servait à la télévision pour annoncer les meurtres,les cataclysmes et les enlèvements.

Le crissement de ses bas de soie faisait perler le front de Dominique. En se baissant vers le bar,la jupe tweed Channel gris-beige était remontée très haut. Et en faisant tinter les glaçons,Anne tendit un verre de bourbon à Dominique.

- Oh,et puis j’ai une surprise pour toi!», ajouta-t’elle d’un sourire de plus en plus afuté. Ses bridges étaient impeccables,garantis sur factures.

Puis elle se dirigea vers le couloir de sa démarche empâtée pour avoir quitter son manteau de visons morts et cousus ainsi que ses talons aiguilles acérés. Elle se baissa à nouveau  vers un sac de papier-kraft et ramena le tout vers Dominique suant à grosses gouttes. Toujours la jupe remontée sur les fûts de soie sombre,elle sortit une petite cage carrée bordée d’un grillage fin qu’elle posa sur la table basse. Le tout était de dimension moyenne. Anne en sortit délicatement deux personnages d’une hauteur de 8 cm qu’elle regroupa au centre de la table de verre épais. Les figurines avaient l’air vivantes.

- Où as-tu trouvé cela ?»,demanda Dominique,visiblement troublé.

- Je les ai eu pour 1250 dollars au marché de Soho...Le marchand m’a dit qu’elles en valaient au moins le double.»,répondit Anne avec la même voix qui annonçait aussi les crimes parfaits et les détournements d’avions.

- C’est drôle,mais j’ai l’impression de les connaître»,bafouilla Dominique.

Une des petites figurines vivantes s’approcha de l’autre et lui asséna une gifle sonore qui fit re-tintée les glaçons.

- Manuel,je ne veux plus vivre avec toi. C’est avec Harlem que je veux vivre!»

- Mais Martine,tu m’avais dit que c’était fini entre vous!»,rétorqua la figurine violentée.

- C’est fini!C’est fini !...décidément,tu ne comprends rien.RIEN!»,aboya mini-Martine à mini-Manuel.Puis elle s’assit sur le cendrier,la tête dans les mains et les larmes coulaient à gros bouillons. L’air était saturé d’une électricité palpable.

Accablée, la figurine Manuel alluma une minuscule cigarette et rejeta la fumée par les naseaux,la tête en arrière.

- Je vous tuerais tous les deux.Et après,je me tuerais!» ,la voix de mini-Manuel tremblait légèrement. Et comme il se précipitait vers le cendrier,Anne attrapa les figurines au vol et les remirent dans la cage avec les autres figurines qui étaient pendues aux barreaux de fils minces. Les autres figurines ne voulaient pas en perdre une miette.

D’un geste preste,Anne recouvrit la cage de son papier kraft.

- Oh,tu aurais du les laisser un peu. Manuel allait salement la dérouiller! »,dit Dominique,le visage rouge et congestionné. Anne soupira d’aise.

- Nous avons tout notre temps,mon chéri.»

Maintenant les mains de Dominique farfouillaient dans le corsage d’Anne. Celle-ci ne disait pas non,et la salle de bains n’était pas loin.

- Est-ce que je pourrais venir dans tes cheveux ?» ,grogna Dominique sur les cuisses de soie grassement raffermies par le meilleur chirurgien esthétique de toute la Californie et De La Planète Réunie. Un léger filet de baves pointait aux commissures de ses lèvres qu’il happa prestement. Gluuurk!

- Tu sais bien que je t’aime.»,lui répondit la bouche charnue d’Anne remplit de bridges coûteux et blancs comme l’émail des toilettes. Cette bouche avait annoncé également les vieillards morts de la canicule et la petite fille engloutie par la boue.

- Ouvrons-nous au Monde,j’ai une terrible excitation QUI NE PEUT attendre.» ,Dominique malmena l’impavide Anne jusqu’à la salle de bain. Ce n’était pas pour lui déplaire.

Les bas de soie noire lacérés, elle revint la première autour de la cage à minces fils de fer maintenant recouverte de papier kraft. En allumant une cigarette mentholée,elle venait d’extraire trois lilliputiennes figurines nouvelles qu’elle posa sur la table basse signée majestueusement «Starck» en son centre. Un des macro-personnages s’adressa à l’autre sur un air badin,désinvolte.

- Frédo-mon-poulet,pourquoi tu ne viendrais pas à Djerba avec moi ?...J’y ai fait venir un arrivage exceptionnel de jeunes garçonnets rescapés du tremblement de terre.»

- Bertrand,c’est gentil de ta part. Mais depuis que la grande folle de l’Elysée est en place,tu sais ce que c’est...» ,répondit l’homuncule apostrophé,les mains callées au fond de toutes petites poches.

Le troisième mini personnage,manifestement de sexe féminin,tança vertement les deux autres d’une voix vive et colorée.

- Regardez-moi çà...Pour leur sale vice. Toujours à combiner. Combiner...».

- Oh,tu es TROP chouuux,Ségolène. Mais n’oublie pas le PACTE!»,Bertrand se fâchait un peu.

Entre temps,Dominique revenait bruyamment de la salle de bain et se séchait la figure d’une serviette longue comme un paquebot.

- Ils sont tordants,tu ne trouves pas ?...»

Il s’adressait à Anne qui venait de se resservir et boire plusieurs verres de bourbons sans glaces. Anne crispait ses bridges de la valeur d’un Seurat sur la cigarette mentholée déjà largement consumée.

- Je sais.»,dit-elle sobrement de sa voix la plus sèche, celle-la même qui annonçait la météo et les résultats du loto. Sa joue droite lui faisait tout de même un peu mal.

- J’aimerais tous vous tuer.»,lança la petite Ségolène à la cantonade. Puis elle partit d’un  grand rire chevalin. Bertrand n’eut pas le temps d’éviter l’énorme couteau que la poupée femelle venait de lui planter dans le ventre. Il s’écroula hébété pas loin du cendrier.

Dominique,n’y tenant plus,ramona sauvagement Anne qu’il maintenait la tête collée contre le sol marbreux à l’aide de son pied portant le bracelet électronique. Les petits hominidés de la cage n’en perdaient pas une broque. Bertrand se vidait de son sang.

- Je crois que j’ai mon compte »,lâcha-t’il en couinant sur la table basse onéreuse.

Le crâne perruqué d’Anne rebondit plusieurs fois sur le marbre quand le carillon de l’entrée tinta d’une valeur de trois limousines.

Anne se releva prestement et se précipita vers la porte. Ses bas de soie,ainsi que la jupe de tweed Channel, n’étaient plus que vagues souvenirs et désuétude. Des lambeaux zigzaguaient sur les chevilles couvertes de bleus.

Dans l’encadrement se trouvait la silhouette moyenne d’un avocat à mâchoire carrée qu’Anne reconnut comme faisant partie du staff qu’ils avaient engagé pour le prix de deux porte-avions nucléaires.

- Je ne vous dérange pas ?...C’est bête,j’ai oublié mon portable sur votre table basse.»,et il s’avança à l’intérieur du luxueux loft. Quand il aperçut les figurines et la cage aux minces fils de fer,il s’écria:

- Oh,qu’est-ce que c’est ? »

- Un cadeau de ma femme.»,répondit Dominique,le visage strié de veines violacées. Ceci étant,il attrapa le corps de Bertrand qui gémissait faiblement et l’enveloppa d’un déchet de soie noire qu’il présenta à l’homme de taille moyenne.

- En partant, est-ce que vous pourriez me jeter ceci dans une poubelle du quartier? » ,souffla Dominique en direction de la mâchoire trapue.

- mais BIEN SUR,DOMINIQUE! »,répondit l’avocat avant de se diriger vers la porte d’entrée volumineuse. Il tenait le paquet ensanglanté à bout de bras et disparut à l’extérieur de l’immeuble.

Dominique se tourna vers Anne recroquevillée sur le fauteuil nickelé,le regard vide vers la cage à nouveau recouverte.

- Depuis ma dernière éjaculation,j’ai pas vraiment le moral. »

- Ne t’inquiètes pas,mon chéri. Tu sais très bien que je t’aime.»,lui répondit Anne de sa voix qui annonçait aussi les accidents de la route et les morts par défenestration.

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(illust/texte:Michel REYES, "en l'an de grâce X après ground zéro")

 

28 octobre 2010

Jack KEROUAC... : « ...au bout du rouleau,il y avait la route... »

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...Quand le poète Allen GINSBERG rapporta que la gestation véritable d’«On the road» datait de 1948 jusqu’à l’année 51,on était loin de se douter que la version triturée offerte à la France dans les années 60 ne fut qu’un ersatz édulcoré d’un des textes les plus monstrueusement fondateurs de cette nouvelle forme de prose instinctive,poétique,syncopée et lyrique qui,pourtant,eut bien du mal à franchir les rotatives de la littérature mondiale...les dates courent,volent,folles et élastiques d’une précision soudaine,d’un recentrage de l’objet - pour ne pas dire un habillage propret au consumérisme convivial,qui en période de redressement bibliothécaire,atterrissent dans nos assiettes.En ces temps obscurs,seule la guerre froide a le droit de citer,puis quelques résultats de football,et l’ingénierie domestique... Depuis,les langues se délient,paradoxales,parce que les «acteurs de l’infernale sarabande ne seront plus...» - (A.GINSBERG),et que l’on risque moins la diffamation,l’outrage aux bonnes mœurs,le scandale,les dérapages,les procès,les excuses,le fric,la moralité publique,etc...Donc,fautes de combattants,le texte brut nous est livré sur les étals des bouchers post-modernes - un tant soit peu que les dérives antiques n’encaissent de coups bas aussi mortels que le dépeçage d’origine,l’objet du délit nous est remis en mains propres.Bien.Très bien.Miraculeux,même...

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Retour à 1951-1952,les légendes vont bon train; KEROUAC emménage dans un loft de l’East Side(Brooklyn) et il y découvre un rouleau-papier de téléscripteur abandonné par d’anciens locataires... C’est un «signe».Parce que dans la beat-génération,il fut question de signaux divins,d’annonciations mystiques,et ceci pour démarrer n’importe quel acte important de la vie,quant à son hasard objectif ou à sa mystérieuse destinée. Et là je m’étonne qu’aucun de nos caqueteurs mondains n’en soulignent la particularité... Alors,dans cet «ancien temps»,le présent étant interprété par des codes bien ajustés,que seule une note bien haute tenue à bout de bras par des saxophones nègres et des poètes dépenaillés savaient tenir aussi haut,«high»,et longtemps qu’il le fallait avant que la banalité n’en recouvre la tonitruance de sa grisaillerie quotidienne. De cette course folle contre la montre,de la culture de l’instant érigée en herses apoplectiques,et avant de tomber raide mort comme le coureur de Marathon,il valait mieux en décrypter les augures et autres saines traditions qui nous viennent d’encore plus «loin» que le loin parcouru à grands coups d’hyperboles d’une bringue infinie,ce chant de rage à la Liberté...D’aussi loin que véhiculent les mots au travers de grandes gueules,de perdants et autres «looser» que les banquiers nous désignent du coin de l’œil,comme autant de mouches sur un tas de fumiers;grecs,atlantes,cavernes,champs de batailles,usines,on a toujours pas signer d’armistice aux poètes...Une guerre d’autant plus étrange,que seuls les morts sont encore pointés du doigt.

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 De cette même année 51,entre le 2 et le 25 avril,jour pour jour,les T-shirt suspendus dans le loft comme des étendarts de la Victoire,Jack KEROUAC (né Jean Louis KEROUAC-1922 ...) taille comme un furieux les 40 mètre de délires linéaires de cette même veine euphorisante que fut «la route»... Ding Dong,ding dong...le chariot de l’underwood revient à toute berzingue et à toute heure de la journée telle une musique céleste,gongs glorieux,clochettes de la nuit américaine au triomphe modeste.Intemporels dans la passion,il y a des actes qui ne trompent pas. En 1957,après des années de battages maudits,le "Prince des Beatniks"(malgré lui...) ne s’avoue pas vaincu. Il a obtenu récemment un petit succès de librairie avec la parution de «The Town and the City»...Il rentre alors chez son éditeur(Viking) avec le tapuscrit sous le bras ; le foutu rouleau et ses 40 mètres de verbiages épars,sans paragraphes,un inédit de l’instant qu’il baptise illico «sur la route » en références de ses longs périples qui le reliait de New york à San Francisco,via le Mexique...la route avec Neal CASSADY,son cinglé de pote,les filles,l’alcool,l’herbe,les bagnoles,le bop,l’auto-stop des hipsters ,les beatniks et toute la sainte trinité...la parution complète attendra 6 ans encore chez ce même éditeur pour un acte final charcuté,saucissonné,et même augmenté de quelques pages par KEROUAC-himself ,pas rancunier pour deux ronds,déjà occupé à d’autres trips...Puis le rouleau de papier télex se dessécha dans un coin,au point que des chiens s’en disputèrent un bon demi-mètre...heu,pour la petite histoire et estimé perdu pendant des années,le cylindre a été retrouvé en 2001 lors d'une vente à New York (chez Christie's). L'enchère a été remportée par le propriétaire des Colts, l'équipe de football américain d'Indianapolis pour un montant de 2,5 millions de dollars. Depuis,restauré et bichonné sous verres,il y est exposé comme un vilain insecte... Où dans la ville ?...j’en sais foutre rien.Je n’avais pas rouvert «on the road» depuis des lustres, persuadé que l’engin fut définitivement tombé en désuétudes par l’élite de notre époque crapoteuse en récits aussi émaciés que futiles...D’ailleurs,c’te aprèm’,j’ai vu le bouquin d’une de nos grandes clitoniques vespérales «épisto-fessières-de-la-moove» habillé de bandes fluos rouges et jaunes - comme pour les travaux publics.En espérant attirer les égoutiers,peut-être...

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...«On the road-2010».Surprises de taille,quatre grosses préfaces barrent la route et bouffent un tiers de la chaussée. Sur le rouleau compresseur beat(de "béatitude",nous disent les anges...), on y apprend des choses et par des fans,ce qui ne gâte rien,ou presque... comme dans la tentative du premier remaniement,une missive de l’agente littéraire de JK,Rae EVERITT : - « je me demandais si,cette fois,je pouvais exprimer ma réaction en toute honnêteté sur certains autres aspects du livre,sans que vous me l’arrachiez des mains...(sic)». Ambiance sympa d’extraction dentaire sans anesthésie,le caviardage passé de mano à mano amuse plus qu’il n’irrite KEROUAC convié à la manœuvre en réécrivant les passages litigieux d’une surabondance de détails,tous plus homériques les uns que les autres. La mouture terminale,gonflée à 450 pages sur les 257 se perd dans des allers-retours avant de finir sa «course échevelée» dans les bacs Yanks de 1957... Howard CUNNELL,à l’initiative de l’édition GALLIMARD-2010,avec un talent d’épistolier sadique en démonte l’affable dissection.Il faut changer les noms,les lieux,les marques,même jusqu’aux «aspects» du livre qui pourraient déranger le lecteur...Après moultes triturations anxiogènes des Quatre Préfaciers de l’Apocalypse,on finit par se lasser et la tendance à sauter quelques pages se fait durablement sentir...Et puis le texte arrive,original...mouais,mouais,mouais...Qu’a-t-il donc ce foutu texte pour que je ne m’y retrouve plus...pas même les histoires de benzédrine,de bagnoles volées,de Sanfran,de Greyhounds et de Béa-la-mexicaine...je décolle un peu sur les premières pages et je me perds dans les suivantes,au point qu’IL me tombe des mains...Le moteur du récit a de drôles de dératés informelles,inextinguibles,mais le charme opère. LE style - toujours le style -,on y reconnaît toutes formes de survivance aux académismes,aux fioritures,au décorum... Finalement,c’est cette distanciation de «brouillamini» qui en suce le poison jusqu’à l’amertume. Et quelques soient les renversements narratifs,c’est toujours JK qui tient les commandes,donc «rien ne change vraiment»,pour consacrer à la formule des détracteurs,si ce n’est que l’œuvre se déroule comme une année solaire,en quatre saisons,quatre parties d’une tautologie complète et maîtrisée...à se demander ce que les jeanfoutre viennent poser leur groin là-dedans...les histoire du IT,de la «pulse»,de la hype!...mouahah!ah! on voit que les cadres moyens et autres "employé(e)s de bureau" ne se contentent plus du paradigme de leurs idoles de plastique/pébroque selon que les courants de la fosse sceptique les amènent du 1er au second degré,de la bactérie aux chlamydias en passant par les gonocoques (multicoques de cette descente de rhum éffréné...).Quelle fantastique ménagerie de gastro-entérologue!..De DESPENTES à HOUELLEBECQ,en passant par LEVY,la Route de Damas est,certes,pavée de bonnes intentions... La version originale - expurgée de son éblouïssant lyrisme - débouche sur un cul de basse fosse parce que KEROUAC avait raison comme prophète,et non comme «littérateur» de bacs à sable.Subversif,avant tout... Et puis,et puis...de tout temps et de tout poils,les pisse-vinaigre se sont donnés comme mission de faire et refaire inlassablement le procès de l’«errance» de K. et de sa «prose spontanée»,ainsi que de ces soi-disantes "orgies sexuelles",qui n'ont vécu qu'en fantasmes dans les têtes des donneurs de leçons,terribles et pathétiques diffamateurs... ("médisez!médisez!il en restera toujours quelques choses...") - avec le net,on rencontre encore des jobards qui proposent «le voyage du Che à moto» ( !!!) à la place,ou bien le «vrai bouddhisme zen» comme antidote,puis arrivent toutes sortes d’évangélismes sacerdotaux tendus en priapisme moral,civilisationnel,RESPONSABLE enfin!...Et on peut se demander qui de ces catégories vieillissent le plus mal... Comme il y eut "le bon,la brute et le truand" en prolongement de ces bonnes vieilles légendes de l'Ouest,et bien il y eut GINSBERG-le-Gay,BURROUGHS-le-Flingueur et KEROUAC-le-Tendre,improbable trio connu sous le nom du gang de la Beat-génération.Au milieu de l'Amérique coulait un fleuve charriant les troncs noirs d'un "rêve" éponyme,et le "On the road" de JK décline ses forces obscures,éclatantes,insolites mais jamais banales.Il y avait un vide,et comme dame Nature a horreur de celui-ci,l’écrivain-poète l’a comblé.Depuis,7 000 000 de lecteurs se sont lancés «sur la route»,seconde vente ricaine après la Bible...fait pas chaud,dehors. ... (Michel REYES - 27 Octobre,en l'an 9 Ground Zéro).

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26 juillet 2010

...« foupoudave».

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         ...«Foutu,pourri d’avance!» est cette expression qu’employait l’armée américaine pour désigner leurs efforts face aux combats acharnés livrés aux SS sur le sol normand.Ca ne marchera jamais,foupoudave !... Ces jeunes et ces moins jeunes mecs de l’Arkansas,du Kentucky,du Maine,savaient les risques qu’ils encouraient, et ceci à n’importe quel moment du conflit que la propagande hollywoodienne avait largement sous estimé.

        A combattre les moustachus déjantés du Tyrol et les taurillons bornés de la botte italienne, c’était là que résidait le vrai danger mâtiné d’une inconscience notoire, il faut le dire...

        Massacre,génocides,fosses communes : Il y a et il y aura des guerres. Jamais nous ne pourrons dire il y avait ...Cette conjugaison colle très bien à ce que nous sommes : imparfaits.

        Et pourtant,entre la petite phrase prononcée dans les rues de Ramelle du «soldat Ryan» et les deux avions de lignes balancées dans les deux tours civiles de Manhattan, on aurait aimé que le temps s’arrête sur une éradication définitive du Mal. A ceci près, qu’un demi-siècle de paix - qui n’aura duré pas plus d’une nanoseconde pour le remettre en question,avait été détruit pour que d’autres hommes de «bonne volonté» le nient avec un aplomb hors du commun,et pas plus tard qu’hier.

        D’une de ces flèches littéraires, j’ai lu - en essayant de contenir un énorme fou rire - dans un torche-cul de salle d’attente archi-bondée..., qu’« il  refusait d’accepter les faits,parce que contraires à ses convictions profondes... ».

        Comme pour Alice aux pays des merveilles, il est passé de l’autre côté du miroir, s’accommodant d’une réalité en harmonie avec ses desiderata...

        Ainsi atteints du syndrome de Lewis CAROLL ,presque tous nos «grands penseurs» de papier glacé courent après le lapin blanc...La carotte vaudra bien le bâton qui s’agite sur nos têtes.

        Dans ces moments de dramaturgie appuyée - délicieusement «foupoudave» !... - ,on subodore qu’en Europe, comme d’un culbuto diabolique,ces mêmes carottes sont encore cuites.

        Depuis que le Seigneur Jésus Christ en Personne s’est fait dépecé vivant, enseveli, puis rebondi au ciel comme une balle de jokari, tout le fruit de la connaissance ne sert qu’à continuer d’éponger la chiasse de cette fuite en avant.

        Maintenant que nous savons (Paul VALERY) que les civilisations sont mortelles, d’autres vous diront que l’Art est encore l’essentiel pour se repérer dans l’océan de mocheté qui nous entoure.

        Dans ce théâtre du Nô où on avance grimé comme des babouins adoubés de clignotants signifiant les moments de rires,de pleurs et d’applaudissements, les quelques ombres rapportées que sont l’Art n’amènent que distraction passagère ; des balises que l’on aurait tort de prendre pour une fin de calvaire.

         Pour s’en convaincre, il suffit de détailler les simagrées de la danse contemporaine pour comprendre le renoncement au plaisir comme ces chaises cassées ou l’on vous somme de vous asseoir. Le concassage de ces êtres elphiques a pour but de vous impressionner... De vous impressionner au-delà d’une  sensibilité à l’art, bien sur. D’exprimer que quoique vous pouvez en penser,cette foutue «danse de st-guy» vous rattrapera et vous lobotomisera - à moins qu’elle ne vous visse une casquette sur le melon afin d’aller faire le khon du côté du Trocadéro ? ....

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Il se peut également que cette agitation de poulets décapités soit proposée comme un acte de «résistance»...Et c’est en opérant un rapide coup d’œil à 360° que vous vous demandez qui peut bien être le bourreau de ces épileptiques diaphanes  vêtues de sacs poubelles. Et pour rester dans le ton : quel est le méchant despote qui pourrait en vouloir à ces charmantes scies sauteuses, ainsi qu’à leurs sylphides partenaires au regard charbonneux ?...

        Au contraire de  la communions aux masses populaires et de ses spectacles tout aussi festifs que les rassemblements dans des stades gigantesques ayant l’apparat de bouquets d’osiers,de pétales de roses,de girafes,ou que sais-je d’un intérêt symbolique, cymbaliste même...Et dans un fracas d’oreilles de cuivre de l’instrument,le toit s’ouvre,glisse,s’éjecte,se gonfle,se transforme à l’infini,et puis finalement, pour la commodité des joueurs, on finit par le supprimer...  – aussi pour le football,les commentaires sont intarissables sur le talent du pays d’accueil, de l’architecte qui a construit le théâtre, des donations générales,des fédérations généreuses,des personnalités qu’elles abritent,etc,etc...,l’épointement des speaker ne tarissent pas d’éloges du but,de la passe,de la course d’untel,d’une feinte de l’autre,et le sacro-saint hasard du à la barre transversale,à la pluie, à l’empirique statue de commandeur que l’on appelle «monsieur» l’arbitre – à dénoter un léger déplacement du respect comme si le public n’était,alors,que la gélification d’un étron de contemplation à souffler dans une trompe mono-tonale et d’affichages nationaux de leurs équipes préférées  – la nation,la patrie,l’honneur,choses qui s’évaporent au contact de nos danseuses syncopées dans l’unique obsession de rendre une réalité proche d’un Olympe de gens concernés et proches du Graal...la culture universelle.

        Presque une abstraction consentie,réclamée,voulue,plébiscitée ou le mot «plèbe» s’incarne plus dans une calebasse rebondie que sur l’électrocution scénographique d’hannetons hystériques – de l’utérus qui les a vus naître,croasser et multiplier dans les Cieux de l’intersyndicalisme et de la carte à puces. Nous ne sommes pas peu fiers de ces chorégies-là...

       De ce bazar foutraque,il n’y a rien d’élogieux,ni d’humain non plus...

       De Gaulle,dans son appel du 18 Juin 1940, nous avait bien prévenu,«...certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi...».

       C’est ce mécanique-là qui interpelle le plus... En effaçant volontairement le visage de l’ennemi,comme d’une gomme,les attaques peuvent venir de n’importe où,n’importe quand ,et surtout de n’importe qui...Le Général avait dit de se méfier – képi bas... - de la mécanique terrestre,de la mécanique du ciel,etc...,ce qui eut pour finalité de terrasser l’ennemi,mais pas l’homme.

        Du délire mécanique,justement l’homme et la femme ont commencé par fuir le théâtre de ces opérations là,sous les traits de Nijinski et Isadora DUNCAN,dansant quasiment nues sur les plages,pavés,Acropole,etc...tout quoi pour contrecarrer l’équarrissage de 14-18...Il furent déclarés fous et sans ambages,bien avant « les marteaux sans maître»,qui ont gentiment discipliné la danse devenue  « mécanique» comme le cliquetis des chenillettes de Panzer,comme le sifflement des Stuka,et aussi comme un joli plat de morue,froide,balancé en pleine gueule des hédonistes vrais...

         Accéléré,ce petit film d'isadora DUNCAN,comme élément d'un songe d'une nuit particulière.

         Travelling sur un mythe...Les dieux étaient de proportions humaines.

         Hommage vibrant soit donc rendu à ces images sépias,fondues du fond des âges.

     ... « Pour que tout reste comme avant, il faut que tout change... », disait le prince de Salina du Guépard,de Visconti,en 1963...

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